‹ Une partie de campagne [microforme]Chapitre 27 sur 29 · SCÈNE XVII · texte numérisé non relu

SCÈNE XVII

Les mêmes, WILLIAM (vélu comme au commencement.)

WILLIAM

Oh! Miss Malvina! Are we free at last from the importunities of those fellows ? Re MALVINA.

Encore ?

WILLIAM

Pardonnez ; je m’oublie toujours en votre présence. Vous n’ignorez pourtant pas qu'il n’est rien au monde que je ne fasse pour vous plaire.... Mais l’habitude, voyez-vous ? Allons, c'est entendu.... pas un mot d'anglais.

MALVINA

Fort bien. Maintenant j'aurais un petit mot à vous dire concernant une jeune fille de ce village, que vous avez très bien connue, à ce qu’il paraît, et que vous devez, sans nul doute, connaître encore.

WILLIAM

Une jeune fille ? , MALVINA.

Que vous aimez tendrement, et à qui vous éerivez des billets charmants.

WILLIAM (surpris).

Vous voulez badiner. Il n’est qu’une personne au monde: pour qui j'éprouve l'amour le plus ardent, MALVINA.

Eh bien ! qui empêche que cette jeune fille ne soit cette

personne ?

WILLIAM

Oh! mademoiselle ! Pourquoi chercher ainsi à ne pas me comprendre ?.... Toutefois, puisque vous me parlez d’une jeune fille, je serais bien aise de connaître son nom.

MALVINA

Vous remettez-vous celle que nous avons rencontrée ce

matin, et que vous n'avez pas voulu reconnaître ?

HS WILLIAM (étourdiment).

Oh ! Eugénie ? (à part) Imprudent ! qu’ai-je fait ?

Exactement, Maïs comment se fait-il que vous ignoriez: son nom ce matin, lorsque je vous l’ai demandé, et que même je me suis permis de vous faire quelques reproches. sur votre rudesse envers elle ?

WILLIAM (balbutiant). :

Je... ne.... sais... C’est que.... je crois... On me l’a appris depuis.

MALVINA

Est-il donc bien vrai que vous ne la connaissiez pas ?.... Allons, soyez franc.

WILLIAM

Peut-être... Maïs, mademoiselle, j'avoue que vous me surprenez.... À quoi, s’il vous plaît, voulez-vous en venir avec ces questions ?

MALVINA

C’est que cette jeune fille, qui vous aime, ou du moins.

qui vous aimait, m’intéresse beaucoup.

WILLIAM

Serait-ce trop exiger que de vous demander sous quel: rapport cette petite paysanne peut vous intéresser à un si haut point ?

MALVINA. À

J'ai plusieurs raisons pour cela. Mais (tirant la lettre de son sein) voici qui vous expliquera peut-être mieux que je ne pourrais le faire par des parolës, pourquoi cette petite: paysanne; (comme vous l’appèlez), a toute ma sympäthie, (Elle remet la lettre à William, qui en lit l'adresse et demeure siupéfait.) Vous reconnaissez cela, je n’en doute pas. Cette. lettre renferme aussi un certain portrait. (ÆVle lus remet le portrail.) .

WILLIAM (à parl).

Maudit contre-termps ! (Déchirañt la leitre el brisant le por-

trail.) — (Haut), Je suppose que la conduite de cette imbë-

cile, que la jalousie a sans doute portée à vous remettre ces objets, vous charme aussi beauccup, et que votre sympathie....

MALVINA (l’arrélant):

Monsieur, s'il vous plaît, n’ajoutez:pas à votre faute celle d’accuser linnocence. J'ai trouvé ces objets; en me promenant ici près. La pauvre fille les aura probablement perdus. Eh bien ! à présent, ou vous avez véritablement aimé cette jeune fille, et la rudoyez maintenant, parce qu’elle vous aime encore, (ce qui est de l’ingratitude et de la cruauté, pour ne pas dire plus), oubien vous n’avez fait que comme beaucoup de jeunes gens dépravés, vous vous êtes fait un jeu de sa faiblesse et de sa crédulité, ce qui est bien loin d’être le propre d’un honnête homme. Pardonnez-moi si je vous fais un peu la leçon : je ne le ferais:pas, si je ne savais que vous avez trop d’espritiet de savoir-vivre pour vous en offenser. ...

WILLIAM

‘Æh bien! mademoiselle, puisqu'il le faut...

MALVINA

Eh bien ?

| WILLIAM. | J'avoue que..., j’ai aimé autrefois cette jeune fille...

Mais alors, pourquoi me le saepers Et pourquoi la rudoyer?

WILLIAM (hésitant).

Oh! Malvina!.... c'estique.... je..ee jesoe. Craignais

de.... de vous déplaire,.…..

| MALVINA

Vous voulez badiner.

WILLIAM

Car, Malvina, depuis que je vous connais, je prends le ciel à témoin qu’il.n’y.a que vous sur la terre qui ait réellement toute mon affection, tout mon amour. Je ne saurais vous exprimer, o + e

ce

MALVINA (surprise).

Comment !.... Je ne vous comprends pas. Voilà la première fois que je vous entends me parler ainsi, M. William. Il est vrai que j'ai été élevée en France, où ces sortes de choses passent pour innocentes ; mais, de grâce, ne me parlez jamais de la sorte...

WILLIAM'(surpris,' à part).

Que veut-elle dire ! (Haut) Mais, mademoiselle... MALVINA.

Oui, monsieur, abstenez-vous de tels propos, si vous ne voulez que je vous retire l’estime que je vous ai toujours portée depuis que j’ai l'honneur de vous connaître.

WILLIAM

Oh! Malvina! N’ai-je donc pu jusqu’à ce jour ne vous inspirer d’autre sentiment que celui de l'estime ?..., Je ne saurais croire à tant de malheur !.... Moi qui venais de ce pas vous offrir, non-seulement l'hommage d’un cœur qui brûle pour vous, mais aussi ma main et tout ce que je possède. (Il se jelte aux genoux de Malvina.) O Malvina, ayez pitié de moi !

MALVINA (riant aux éclats).

Ha! ha! ha! ha! ha! (William se relève.)

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