FLORE, BAPTISTE
FLORE regarde Baptiste, el ri.
| BAPTISTE (se moquant).
Ha ! bal ha ! Oui, ris ben ; mais jamais tu n’s’'ras ma femme, Flore.
FLORE
Ah!.... Mais...
BAPTISTE
Gny a pas de mais là d’dans. J’sus v’nu esprés pour te dire ça.
FLORE
Quoi ?
BAPTISTE, Qu’'tu n’s’ras jamais ma femme. l'n’s’ra pas dit que Baptiste Latulipe a des parents qu’ont honte de lui. Je ne te comprends pas.
BAPTISTE
Cé ben aisé à comprendre. Hier, comme j’m’en r'venais d’faucher avec deux jeunesses de mes amis, j’rencontrimes eune belle voiture d’la ville avec deux m’sieurs d’dans. J’en r’connus un tout d’abord. C’était Guillotte, ton c’sin. J'étais si réjoui de l’voir que j'l’arrêtis, tandis qu’mes deux compagnons ouvraient d’grands yeux d’voir que j’connaissais un gros monsieur. J'm’approche tout riant d’plaisir : Eh! bonjour, Guillotte — que j’lis dis — comment qu’tu vas? Ma bonne frine ! que j’sis content d’te voir!” En disant ça, j'li tendis la main. Mais juge un peu si j’restis bête, quand je l’vis pas pus répondre qu’eune estâtue, et pis tirer un sou d’sa poche, et me l’mettre dans la main. Et fouette.... dans l’instant on n’le voyait pus. Eune tape ou eune chiqu’naude par le bout du nez n’m’aurait pas tant fait d’peine. J’vis mes compagnons étouffer d’rire ; et à c’t’heure-cite, ils n’cessent de m’faire endêver qu’c’en est ahurissant. Un m’dira: “* Eh ben! Baptiste, vas-tu voir queuqu'gros m’sieu aujord’hi ? ” Un autre: ‘“ Mais, mon pauv’ Batoche, j’n’aurais jamais cru qu'tu fusses si pauvre que ça. Arrêter les voitures su’ l’chemin du Roé pour un sou ! Pourquoé donc n’t’adressais-tu pas à moé, j’t’en aurais donné deux d'grand cœur ?....” Et mille autres invectives comme ça.
FLORE
Il ne t’aura pas reconnu.
BAPTISTE
Reconnu, reconnu.... Mille framboises ! il n’a pas voulu me r’connaître, et c’est c’qui m’enrage. Si ben que j’me sus dit : * Quand j’s’rai marié avec Flore, il n’m’en f'ra pas meilleure mine, il me f’ra encore queuqu'affront.... C’est fini.... Moi, avoir des parents qu’ont honte de moi! ça n'fait pas, Ça n’f’ra pas, jamais je n’s’rai la femme de Flore.”
Oh ! cela, c'est certain.
BAPTISTE
Comment ?
Din, |: PR
FLORE
Tu ne peux devenir ma femme, c’est bien sûr.
BAPTISTE
Oh! on peut s’tromper. (Avec émotion) N’pense pus à moé, Flore.... J'vas tâcher de t’oublier.... Adieu, Flore, (Il wa pour sortir).
| FLORE (le relenant).
Baptiste... écoute-moi ; le voilà qui vient ; demeure, je vais lui parler,
RAPTISTE (voulant sortir).
Non, non, c’est fini.
| FLORE (/e relenant).
Demeure, te dis-je. |
BAPTISTE, Mais...
FLORE
Fais-moi le plaisir de rester ; il ne te mangera pas. BAPTISTE, / N Eh ben donc !....
FLORE
Le voilà.
BAPTISTE, | Hein ?
| Voilà William. | BAPTISTE, | Qui ça? PE à FLORE.
William ou Guillotte, comme tu voudras.