SCÈNE VI
Les précédents, WILLIAM.
WILLIAM (à part, sans voir Baptiste).
Est-il rien de plus désagréable que cela ?.... Se voir tirer hors de son lit, quand il vous plaît de dormir encore !...
Mais mon oncle, le pauvre homme ! n’a pas plus de respect
pour les convenances et les règles de la bonne société qu’un
habitant de l’Empire Céleste n’en a pour un barbare ! C’est
si grossier, si stupide! Demandez-moi un peu ce que je
vais faire maintenant, M’ennuyer?.... (Apercevant Baptiste) Diable !,,,. Mon fâcheux d'hier.
FLORE (à William). [|
Mon petit cousin a mal dormi, je crois. | |
WILLIAM (avec mépris).
Petit cousin.... Hein?.... Comment cela, s'il vous plaît ?
C’est que je le pense, voilà tout. Ne te fâche pas pour cela. Il me semble seulement...
WILLIAM
Il me semble à moi que vous êtes passablement familière | ce matin, mademoiselle. “ Petit cousin. ” ..., ‘“ Ne te fâche pas. ” ...,
FLORE
Oh! c’est vrai, M. mon cousin, M. William. Excusezmoi, s’il vous plaît, j’oublie toujours : c’est bien naturel ; voyez-vous, j'étais si habituée à vous tutoyer autrefois, que je ne puis m'empêcher de le faire encore à présent. Mais c'est sans intention, je vous jure.
WILLIAM
Quel est ce benèêt ?
FLORE
Comment ?
BAPTISTE. | Hein ? Comment qu’y dit? l’s’cré loup, j’cré ben, parc?
qu’il d'meure en ville. |
WILLIAM
What's his business here ? |
FLORE
Eh ! c'est Baptiste. | WILLIAM.
Je ne vous demande pas son nom. Que vient-il faire ici ?
ei 00
Il vient vous voir, M. William. Vous l’avez rencontré hier, mais je suis persuadée que vous ne l’avez pas reconnu.
WILLIAM (à part).
Je ne l’ai bien que trop reconnu. (à Flore) Me voir !..….. Diable ! qu’ai-je de commun avec lui?.... 1] ne se passe pas un moment que nous ne soyons assiégés, tourmentés par quelque nigaud de sa sorte.
BAPTISTE
Nigaud !.... Mille framboises !.... Je l’déplante, Flore.
(Il s’avance sur William, mais Flore le relient.) FLORE.
Que dites-vous, monsieur ?.... C’est Baptiste, votre ancien ami.... Voyez comme le voilà devenu joli garçon... Ah! il ne vous a pas oublié, allez, et il parle souvent de vous.
WILLIAM (à part).
Oui, un joli garnement, vraiment !
FLORE (à Baplisle).
Parle-lui, Baptiste ; donne-lui la main.
BAPTISTE (à Flore).
Mais..….,
FLORE (à Baptiste).
Voyons, ne fais donc pas de simagrées.
BAPTISTE (à Flore).
Il vient de m’appeler nigaud.
FLORE (à Bapliste).
Ce n’est rien.... Il n’était pas encore bien éveillé.
BAPTISTE (à Flore).
Eh ben donc! pusque tu l’veux.... (à William, en lui tendant la main.) Bonjour, Guillotte....
FLORE (à Baptiste).
Chut!.... Appelle-le William.
BAPTISTE (à Flore).
Hein ?
FLORE (à Baplisle).
- Ne le tutoye pas, et appelle-le M. William.
ici DE ou
BAPTISTE (à Flore).
Ah! faut donc qu’j’i parle comme toé ?....
FLORE,
Justement.
BAPTISTE (s’approchant doucement de William).
Salut! M. Gouliamme.... (à Flore, qu ès quelques tnslants.) Là..., tu vois ?
FLORE
Tends-lui la main.
BAPTISTE (à William).
Serviteur, m’sieu, comment qu’ça va ? Mille framboises ! j'sis tout plein d’joie d’vous voir... Quoi 1 vous r’connaissez pas Baptiste ?....
WILLIAM (le repoussant).
Quel est ce manant ?..., (Baptiste regarde Flore.)
FLORE
Ah! William, vous me faites mal. Est-il possible que vous méprisiez celui qui, au risque de périr lui-même, vous
sauva la vie autrefois, en vous retirant de l’eau où vous
alliez infailliblement vous noyer? Est-ce là la reconnais-
sance que vous lui montrez? Ah! fi donc! monsieur. WILLIAM (riant).
Ha ! ha! ha! ha! Vraiment, vous êtes éloquente, mademoiselle....Continuez. Vous allez faire couler mes larmes. Ha! ha! ha!
BAPTISTE (s’avançant sur William).
Mille framboises !.... Laisse-moi y donner eune tape. (S’avançant st J'aime pas beaucoup la chamaille, mais quand j’m’y jette, j’envoie fort, moé, gny a pas d’bon sens... (S’avançant.) Vrai!.... (S’avançant.) Ah! j't’en parle, mon Gouliamme de Guillotte.
FLORE (emmenant Baptiste).
Viens, Baptisie.... Il ne vaut pas la peine que tu te fâches. (à Wülliam) Oh! Guillot, tu me fais de la peine! (Flore et Baptiste sortent.)