LILIA, RAPHAËL
LILIA. C^est ma cousine qu'il aime,., je n'en reviens pas.
RAPHAËL. Ce pauvre M. Dupiessy, il faut aussi que ce jeune homme ait une fière audace.
LILIA, Une femme mariée.,., c'est affreux
UNE ^Asslo^î-
RAPUAFJ. C*est-à-diro, autrefois c'était nft'reiix! mais ça devient si coinniiin — et ça no laisse pa-^ que de porter préjudice au\ jcuuus peisonnes. . la preuve, c'e.-t (ju(; ftl Anténor, lui-même, se serait marié, s'il n'avait eu une passion coupable et illit ite.
IJLIA. Il se serait mariée?., qu'en saistu?., aurais-il été question pour lui d'un mariage?
RAPHAËL. Oui, mademoiselle!., j'en ai été informé par Baptiste, son dornestique et mon ami intime, qui m'a donné sur sa famille des détails historiques... Le père de M. Anténor est un honnête négociant de Châlons-sur-Saône, un homme fort riche, qui a un bateau à vapeur à lui tout seul... Il avait envoyé son fils à Paris , pour faire son droit... mais le jeune homme n'a pas de dispositions. ..
LILIA. Tout le monde n'est pas né pour être avocat. Les lois, c'est très difficile à apprendre.
RAPHAËL. C'est ce qu'il a pensé. Aussi il a mieux aimé apprendre à ne rien faire ; et ses progrès ont été si rapides qu'en très peu de temps il a eu achevé ses études. VoilA pourquoi son père lui a écrit de retourner sur-le-champ auprès de lui sans quoi ii viendiait le chercher lui-même, pour le ramener à Châlons, où il veut le marier!..
LILLV. Ah! il veut le marier... Eh bien î pour ut) père de pro>in(;e, il a une très boiine idée... Par exemple, il lui faudrait une femme douce, aimable, bien élevée, qui sût le mener adroile nient...
RAPHAËL. Ah! elle aurait de la peine...