SCENE XIX
LILTA, (fans le cabinet et entr* ouvrant ' la porte de iemps en temps pour parler, — ANTÉNOR, entrant d'un air égaré, te^ nant une lettre à la main,
ANTÉ'VOR. Un mannequin! un mannequin! [M ornent de silence.) Il a eu l'audace de me récrire...c'est en toutes lettres: «\lonsieur, celle que vous aimer, est un mannequin. » Imprudent Duplessy! effronté barbouilleur! cette dernière insulte te sera mortelle!
LiLlA, dpart. Je m'en doutais, il est furieux!
ANTÉIVOR. Etpourtantat... s'il était vrai! si cette femme n'est point une femme ! si ma passion n'était point une passion.
LILIA, dpart. C'est drôle.... il en doute encore.
AIVTÉNOR. Ah! j'entrevois un abîme....
Moi, Anténor, j'aurais été assez naïf.... et quand je passerais dans la rue, tout le monde chuchotterait : « Voyez-vous ce ))beau jeune homme, avec sa figure mélan- » colique, il aimait un mannequin! il était ))fou d'un mannequin!» Dérision et mépris! et ce qui est le plus alfrcux,. c'est que moi-même, je ne pourrais plus me regarder sans rire. Vous représentez-vous iS position d'un homme qui ne peut plus se regarder sans rire; c'est atroce! alors la vie est un supplice... il faut en finir avec elle, et comme dit si bien Antony : est-ce un mot qui m'arrête... suicide!
LTLU^àpart* Ouoi! il serait capable? .
ANTÉNOR. Oui , si c*est une femme , je renlèvc ... si c'est un mannequin, adieu l'existence... (Tirant des oistolets de sa poche et les montrant.^ Il a y là-dedans de quoi mourir deux fois.
lALWyd part. Enfermons -nous bien vite...
Elle rentre.
ANTÉNOR, Elle était dans ce cabinet
il y aune heure, peut-être y est-elle encore, allons, ma destinée va s'accomplir!