‹ Une passion, vaudeville en un acteChapitre 26 sur 30 · SCENE XXI · texte numérisé non relu

SCENE XXI

A]NTÉNOi\,LILÎA.

ANTÉNOR. Tout est fini ! l'automate est là, près de moi... et je n'ose encore le regarder... [Se retournant lentement. Quoil c'est ce carton enluminé qui a (ait battre mon cœur, dans ma poitrine d'homme!.., vengeance ! j'ai envie de le déchirer avec mes oncles ! hum ' (// fait un pas vers Lilia. Trait de musique. Elle fait un mouvement^ et s'arrête.) J'ai cru le voir remuer. Etrange erreur d'un cerveau complètement détraqué.

LîLiA, d part. Si je parle, il deviendra fou tout- à-fait.

A1\TÉI\0R Non. non! il n'y a dans cette enveloppe ni souffle ni jnouvemcns C'est une substance IVoide et inerte .. Et pourtant, il me semble qu'un gouffre nous sépare... Ah ! je dompterai cette terreur d'enfant. [M'isique douce sur laquelle ila'appro^ che de Lllia et lui décoacre entièrement le vi" sage.) Dieu!., quelle rharnjante fjgiye!.* quelle ravissante créaliou ! Ce n'est pas une femme, mais c'est un chef-d'<euvre, il est porrniss'y tron)p(;r! Je ne sais ce qui se passe dans mon intérieur, c'est une rage, une fiénésie, un crime, peut-être !...eh bien... (// s'avance vers Lilia. Traitd'or* chesire agité. Il s'arrête hors de lui.) Ahl,

t'A MAG45IN TH/iATnAIi,

fuyons, malhmu'cux Antcnor, tu outrages la nature, mon garçon!

Il m: laisse toiulxT sur une cliaisc.

LILIA, '/ pari. Quelle (Vayenr il ni'a ("aile,

ANTKx\Or», dpart. Objet f'ulal , mannequin produit par Salau ! lu uc jouiras pas long-temps de ton triomphe. (// ra a la \ table prendre ses pistolets. Trall de masique '. rinfur:an:Io j^isqtCà ta fin de la phrase saivan- /c.)y(ietle ))eaul('' inîigi(pi('î ces traits qui | m'ont (astiné... il faut les briser avec ma derniiM'e illusion...

11 (lirii^o son pistolet sur Lllia.

LILIA, poussant un cri. Ali!

liUf s(; lève et s'avance.

AWTKi\or»5 reculant. Grands Dieux! quel presti<;e... Kst ce un rêve fantastique enlunlé par mon délire?

LiLlA. Calmez-vous, monsieur, calmezvous.

AXTÉNOR, remettant son pistolet sur la ta- I le. ïiUc marche, elle parle, c'est une femme... Oh ! n'est-ce pas que tu es une femme...

LILIA. Comme vous voudrez.

AJXTÉMOR. Bien vrai... approche n'aie pas peur... {Elle approche,) C'est bien ça, c'est parfaitement ca !

, Air nouveau de M. Doche.

Cependant , je doute encore , Daigne m'accorrlcr ici; Une laveur que j'implore, Voyons ta main.

LILIA

La voici.

INTÊNOR . la prenant Je sens circuler la flannme, Sous cet ivoire tremblant, Oui , c'est une main de femme. bîs,

LILIA

Etes-vous sûr, à présent.' bis.

ANïÉîSOR.

Même air.

Cependant je doute encore.

Tu dois posséder un cceur,

LILIA

Je le crois.

ANTKNOR.

Moi, je l'ignore , Et suis sujet à l'erreur I Laiss"-nioi voir s'il palpite I itîul met la tnain sur le cœur.

Un cœur de femme, vraiment, Jamais n'a bondi plut vite ; Âb 1 oui , rraiment g il palpite«

HLIA.

Etes-vous sûr, à préBcnl F ANTÉNOR, rei'ommi'ncant l'air.

Cependant , je doute encore. .

LILIA, se retirant. Mais il n'en finirait pas.

ANTÉXOR. Eh bien ! non... je n'en doute plus... je n'en ai jamais douté... C'est ce Duple>sy qui voulait me persuader le contraire... ce ^nolesquc huplessy... je l'exècre... car tu lui appartiens, tu es son épouse...

LILIA. Non , monsieur c'est ma cousine. A1XTÉ\0I\. Ta cousine!., un autre mannequin.

LILIA. Mais non.

ANTÉNOR. Ah î pardon ! une autre femme!., ainsi tu es libre... tu es à moi pour toujours... tu es à moi... comme l'homme est au malheur... n'est-ce pas que tu consens à être mon génie, ma sylphide, mon dginn!

LILIA. Monsieur, je ne puis répondre.

ANTÉNOR. Oh! ne me refuse pas... crains tout de mon désespoir... Avec une passion comme la mienne .. situ me résistais... je pourrais t'assassiner.

LILIA. Laissez-moi, monsieur... vous me faites peur...

Elle se retire jusqu'auprès de la fenêtre.

ANTÉNOR. Tu me fuis?

. LILIA, à part. J'entends du bruit, comment me cacher?..

ANTÉNOR 5 se jetant à ses pieds. Ah ! je l'cD conjure à genoux...

Page 1