Une petite pierre pour la reconstruction du Carmel de Montréal [microforme]
“ Celui qui me donnera une pierre aura une récompense ; ‘“ Celui qui m'en donnera deux en aura deux.” (St François d'Assise.)
Cette humble demande d’une simple pierre, par une épouse bénie de Jésus-Christ, ne doit effrayer personne. Elle n’est pas audessus des forces, même d’une pauvre veuve. Cette aumône si petite aura pourtant, sa récompense éternelle au Ciel, Si chacun la donnait, le résultat serait suffisant pour élever, aux Carmélites, un monastère dont chaque pierre serait cimentée par la charité. La même pensée animaäit, sans doute,le Sérapaique saint François d'Assise, quand, voulant élever un temple. au Séigneur, il prit une pierre sur son épaule, parcourant la ville et disant : ‘“ Celui ‘“ qui m'apportera une pierre aura une récompense, celui qui ‘ m'en apportera deux en aura deux; celui qui m'en appor- ‘ tera trois en aura trois, etc.” Cette modeste invitation, avec promesse des mêmes avantages, est aujourd'hui faite à chacun de nous, à l’occasion de la reconstruction du Carmel de Montréal. Que les âmes: charitables daignent donc prêter une attention bienveillante à l’œuvre de prédilection qui s'offre . devant elles. Qu’elles songent que faire l’aumône aux pauvres, surtout aux pauvres épouses de Jésus-Christ, c’est préter à Dieu avec un fort intérét. (Prover. xix-17.) Les Religieuses Carmélites, en effet, pour lesquelles nous sollicitons une simple obole, ne sont pas des indigentes ordinaires. Pauvres volontaires des biens de la terre, mais riches pour le Ciel, elles ne manquerout
as de puiser abondamment dans le trésor de leur divin Epoux, en aveur de ceux qui les soulageront de leurs aumônes.
Voici en quelques mots. le résumé de l’histoire et l’état actuel du Carmel de Montréal. Le 16 avril 1875, cinq religieuses Carmélites, sur la demande de l’Illustrissime Mgr Ignace Bourget, alors
(aa) ‘ ES Ten
évêque de Montréal, quittaient le Carmel de Reims, en France, pour se diriger vers le Canada. Ces dignes épouses de Jésus-Christ ne reculèrent devant aucun sacrifice. Fidèles à l’appel de Dieu, elles abandonnèrent avec résignation leur cher Carmel de Reims, ce berceau béni qui les avait vues naître et grandir à l’ombre de la croix. Selon le conseil de l'Evangile, ces vierges apôtres n’apportèrent avec elles ni or ni argent. Mais en revanche, dépositaires d’un trésor infiniment plus précieux, ces fidèles enfants de sainte Thérèse portaient dans leurs cœurs l'esprit de leur Mère avec mission de le confier aux enfants du Canada. Arrivé à Montréal, l'humble troupeau se met à l'œnvre. Dieu comble de bénédictions le dévouement de ses épouses. A peine un logis temporaire est-il trouvé, que déjà des âmes privilégiées du Canada se présentent pour recevoir dans leurs cœurs la forme de vie parfaite que ces dignes Religieuses ont mission de transmettre.
Mais bientôt, voilà que l’ennemi de tout bien livre les assauts les plus rudes à ces âmes de Dieu : tantôt on les accuse d’une tro rigoureuse pénitence ; tantôt on leur objecte ia constitution délicate de nos jeunes Canadiennes,habituées à un régime de vie tout à fait contraire ; enfin tout le monde paraît se donner la main pour effrayer cette petite colonie naissante, en lui représentant les rigueurs de notre climat comme un obstacle insurmontable à la transmission intacte de la règle du Carmel aux enfants du Canada. Au milieu de ces épreuves, Dieu sut cependant consoler ses épouses, dans la protection toute particulière que leur accorda, toujours avec bonté, le Premier Pasteur actuel de ce diocèse; Sa Grandeur Mgr E. C. Fabre, Archevèque de Montréal.
Au point de‘vüt trhpuiæl, ah coûceurs" de ciropnstances déplorables, de pénpéjes fe jputgaure, #iénneñt lour-à tour affliger le petit troupeau, et menacer même, parfois, l’existence naissante de cette fondation. Dieu veille sur ses œuvres ; toutes ces épreuves semblent avoir eu pour effet de contribuer à établir dans ce pays, la stricte observance de la règle du Carmel sur des bases plus solides. Après douze ans d'épreuves, de sacrifices, et de travail, la regrettée Mère Séraphine du divin Cœur de Jésus, fondatrice, laissait, en mouraut, douze Carmélites canadiennes formées à la vie du Carmel dans toute sa pureté. Ge dépôt précieux, cette forme de vie du prophète Elie, était déjà confiée à la garde des enfants du Canada. Aujourd’hui, en effet, la loi du Carmel est profondément gravée non pas sur des tables de pierre, mais sur de= tables vivantes, sur les tables des cœurs de ces jeunes Carmélites canadiennes, déjà plus nombreuses. L’observance parfaite de la règle, voilà, certes, ce qui doit nous consoler. Non, il n'y a rien d’adouci, de mitigé, de retranché dans la règle. Dans ce Carmel, à l'exemple de cenx de la France et de l'Espagne, on s’abstient totalement de chair. Le beurre, le fromage, les œufs et tout laitage sont prohibés les vendredis, certains autres jôurs, et pendant %e Carème entier. Souvent les mets n’ont d’autres assaisonnements que l’eau, l’huile, le sel et le vinaigre. Consolons-nous donc, réjouissons-nous, le double esprit du premier Père du Carmel ne