‹ Une petite pierre pour la reconstruction du Carmel de Montréal [microforme]Chapitre 2 sur 5 · HI15S · texte numérisé non relu

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disparaîtra pas d’au milieu de nous avec celles qui nous l'ont apporté de Reims.

Cependant, pour compléter l’œuvre, il faudrait un monastère régulièrement entouré d’un mur d’enceinte. Afin qu'aucune distraction extérieure ne puisse empêcher ces religieuses de s'unir à à Dieu, la sainte Eglise veut qu’elles soient complètement séparées du monde. Dans ce but, elle ordonne aux Carmélites d'enfermer le lieu de leur solitude par un mur d’une hauteur de 22 pieds. Et cela, si rigoureusement, qu'elle ne les reconnaîtra pas pour de véritables religieuses, tant qu'elles n’auront pas accompli cette loi. Une telle solitude d’ailleurs favorise beaucoup l'action de l’Esprit- Saint sur les âmes. Dans le desert, Dieu ne se montra à Moïse que sous la forme d’un buisson, mais sur le Sinaï, {! conversa face à face avec lui. Et certes, dans cette circonstance, Dieu voulut sé parer si complètement son serviteur du commun des hommes, qu’il frappait de mort, quiconque osait approcher de la montagne.

Actuellement les Carmélites n’ont qu'un emplacement bien res treint à leur disposition. Si le mur règulier était construit, il se trouverait à peine à quelques pas du Monastère, Un tout petit espace renfermé entre quatre murs, et exposé aux rayons brûlants du soleil serait tout le terrain dont elles pourraient jouir. De l’aveu des autorités et des médecins compétents, les santés seraient

certainement compromises. Que faut-il donc faire ? L'unique voie

qui se présente c’est d'acquérir un terrain assez étendu (250 pieds par 500 ne seraient pas trop), afin que les religieuses puissent avoir un bon air suffisant ; d’y construire un Monastère, et de le mettre en clôture régulière. Or, songeons quelle somme considérable exigeront l’acquisition d’un site aussi vaste, la construction d’un monastère et l'élévation d’un mur de 22 Dieds'de hauteur entourant nn terrain de-150) pieds de tont.. Tes Cärmélites, on le sait, n’ont pas un revenu suffisant pour subvenir à de si grandes dépenses. A peine peuvent-elles, par leur industrieux travail,pourvoir aux besoins journaliers du Monastère.

A l’exemple de leur Séraphique Mère sainte-Thérèse, outre quelques heures de travail manuel, ces fidèles amantes de Jésus-Christ s'appliquent à la prière, pour nous, le jour et une partie de la nuit. C'est ce que sainte-Thérèse dit clairement dans le passage suivant : “ Apprenant, dit-elle, les pertes et les dommages que les protes- “ tants causaient à la France, j'en fus extrêmement affligée; et ‘ comme si j’eusse pu, ou que J'eusse été quelque chose, je ré- “ pandais des larmes aux pieds de Notre-Seigneur, et je le sup- “ pliais de porter remède à un si grand mal. J'aurais donné ‘ volontiers mille vies pour sauver une seule de ces âmes qui se «“ perdaient en si grand nombre dans ce royaume. Mais hélas ! “ étant femme, et encore bien pauvre de vertu je me voyais dans ‘ l’impossibilité de servir en rien la cause de mon divin Maître, ‘ Je ine résolus de faire le peu qui dépendait de moi, c’est-à-dire « de suivre les conseils évangéliques avec toute la perfection dont “ je serais capable, et de porter ce petit nombre de religieuses ré- ‘ unies à Saint-Joseph, à embrasser le mêmegenre de vie, Il me

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“ semblait qu’en nous occupant tout entières à prier pour les dé- “ fenseurs de l'Église, pour les prédicateurs et les savants qui “ combatteut pour elle, nous viendrions, selon notre pouvoir, au “ secours de cet adorable Maître, si indignement persécuté par “ ceux à qui il a fait tant de bien O mes sœurs en Jésus-Christ, “ aidez-moi à prier N. S. pour les ames! C’est pour cela que sa “ Majesté nous a réunies ici, c’est là votre vocation; ce sont là “ vos affaires ; là doivent tendre tous vos désirs; c'est pour ce “ sujet que doivent couler vos larmes; enfin c’est là ce que vous ‘“ ne devez cesser de demander à Dieu.” On le voit, c'est plus pour nous que pour elle que la Carmélite vit dans le cloître. Oh! non, ces âmes retirées, loin de cesser d’être utiles au monde, lui rendent plus de services que si elles étaient demeurées dans le siècle.

Par leur vie de prière et d’oraison, les Carmélites sont les anges de la terre, elles servent d’intermédiaires entre le Ciel et l’humanité. Elles sont les paratonnerres des sociétés. Elles s’oublient, elles s’immolent pour leurs frères. Leur vocation n'est-elle pas sublime et surtout très utile à l'humanité ?

Si l’on encourage avec raison, ces âmes d'élite qui se dévouent à développer l'intelligence de l'enfant et à orner son cœur des plus belles vertus ; si l’on soutient ces mères des orphelins, ces anges de charité qui consacrent leur vie au soulagement des malheureux ; pourquoi n’aiderions-nous pas, par des aumônes, ces bienfaitrices qui, par leurs pénitences,s’interposent sans cesse entre Dieu et nous, demandant miséricorde pour nos péchés si énormes,

Mais afin dé {oucher plps:sensibleprent ‘l'action bienfaisante de ces âmes d'élite siür.lé monde, .2ntrons davantage dans le détail de leur vie, Pour réparer le luxe, la recherche excessive des aises; pour guérir cette soif insatiable de l’or qui cause tant de mau:: ; la Carmélite veut se faire pauvre. Vêtue comme le pauvre, nourrie comme le pauvre, souffrant le froid et la faim comme le

mendiant le plus deshérité, la Carmélite, qui ne peut pas même :

posséder le pain qu’on lui donne à manger, s'oppose comme un boulevard contre le courant de la cupidité qui semble vouloir envahir le monde. Tout, dans sa demeure, respire la pauvreté de Jésus. Sur des murs bruts de pieuses inscriptions font tout l’ornementation de la maison. A peine trouve-t-on quelques pauvres chaises nécessaires à certains offices. Dans une étroite et petite cellule, destinée à favoriser le recueillement, quelques hvres, un bénitier, trois images de papier sans cadre, une croix, et un pauvre grabat font tout l’ameublement. Cette pauvreté volontaire est une prédication puissante contre la cupidité du siècle. Pour quiconque veut l'entendre, elle redit au cœur qu'il vaut mieux être pauvre avec Jésus que d’être riche en risquant grandement son salut. Souvent même le nom seul du Carmel suffit pour réveiller l'amour de la pauvreté dans une âne. Toujours il est un avertissement puissant qui confond l’avare et lui enseigne la voie conduisant au Ciel.

Le sensualisme, la molesse sous toutes ses formes, menace d’en-

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