‹ Une philosophie nouvelle: ce qu'elle doit être devant la scienceChapitre 129 sur 141 · LE LANGAGE · texte numérisé non relu

LE LANGAGE

chinois et les patois "de nos pays.. Il existe un cahos de langues difficiles à ramener à l'unité et à la synthèse ; pourtant, avant la régénération qui s'approche pour nous , le langage universel sera inventé, et des missionnaires préparés à cet effet y travaillent déjà. Dans les mondes supérieurs d'Abred ce langage est naturel et fonctionne dès le principe.

Les hommes matériels communiquent entre eux par le fluide sonique, par les ondulations de l'air. Les Esprits, par le fluide magnétique.

Les Awen par l'électricité.

Dieu communique, du haut de son ceugant rayonnant et immense, avec toute la création et avec les hommes divins par son Fôs primitif qui n'est autre chose que son Verbe.

C'est aussi par le Fôs dérivé du primitif et se donnant plus ou moins suivant l'élévation de chacun, que les hommes divins communiquent entre eux et répandent pendant leur apostolat messianique sur tous les mondes de l' univers, ce qui dans le verbe de Dieu est analogue à l'état du globe dont ils sont les messies, correspondant pour les attributs et à leur Awen, et au grade des habitants qui reçoivent l'instruction céleste. Qu'on retienne ces principes qui deviendront plus clairs par la suite.

Nous l'avons dit en commençant, nous ne faisons pas une synthèse physique et descriptive de l'univers,

cette synthèse sera l'œuvre d'autres incarnés (1); nous faisons uniquement la synthèse philosophique, c'est-à-dire que nous parlons uniquement de Pêtre, des êtres et de leurs rapports. La synthèse descriptive future devra s'arrêter aux mondes de l'esprit, car elle aurait lieu, si elle était possible, sans utilité pour l'humanité terrestre qui ne la comprendrait pas. Il en est autrement de l'état abstrait des Esprits sur lesquels cependant nous dirons peu de mots.

Quand l'homme matériel a atteint son maximum et se trouve suffisamment préparé, il devient Esprit vrai et pur, et alors sa tendance se fixe sur un autre point qu'auparavant, son idéal s'avance, puisqu'il ne peut se fixer nulle part et que notre terme c'est l'infini qui fuit toujours devant nous. Avant, il disait, Dieu est Esprit, et voilà qu'il a atteint VEsprit, sera-t-il donc Dieu? Non, il entrevoit de nouveaux horizons et un but nouveau, VAwen c'est-à-dire le type tendantiel vers lequel il aspire dans son nouvel état. Il dit alors , non plus : Dieu est Esprit, parole insensée de nos bas mondes, mais : Dieu est Awen. Les désagrégés (nous ne disons plus les désincarnés) des mondes spirituels à leur commencement sont en proie à la même illusion que les désincarnés de nos mondes, ils disent qu'ils sont devenus Awen, et les communications de ces désagrégés avec les agrégés se nomment Awénisme, comme chez nous les relations des défunts avec les incarnés s'appelent Spiritisme. Il y a parité parfaite entre les deux positions.

(1) Voir, en attendant, l'excellent ouvrage de M. Flammarion : la Pluralité des mondes habités.

Citons ici an fragment d'un de nos articles sur le développement de la monade, ses vies grandissantes et progressives.

Le 1 er état s'applique aux hommes supérieurs d'Abred ; le 2 me aux Esprits ; le troisième nous aidera à gravir Awen et les mondes divins.

Lorsque l'âme , en quittant ce monde , est mûre pour l'ascension progressive et sans liens avec la matière, elle s'élève peu à peu , au service des Esprits supérieurs, au secours de ses frères terrestres qu'elle a laissés en arrière et à qui elle apporte une influence vivifiante.

Un degré de plus , l'individualité spirituelle dont il s'agit , sans se perdre un seul instant , sans s'anéantir , fusionne avec les Esprits qui leur sont le plus sympathiques, de façon à n'avoir plus qu'une seule et même volonté, un seul et même amour, avec ses frères de l'espace. On a qualifié très improprement, dans ces derniers temps, cet état réel de l'Esprit de mort spirituelle ; ce n'est pas la mort, c'est une survie. L'âme, en effet, qui est arrivée au fusionnement solidaire, y gagne plus de rayonnements , elle s'accroît de tout ce que lui apportent d'expérience et de pensées les âmes sœurs avec 'lesquelles elle a fusionné. Son histoire s'augmente de toutes celles qui lui sont associées. Elle n'avait vécu jusqu'à présent que dans dix tourbillons , je suppose , voilà qu'elle a vécu , par ses co-associées , dans cent , dans mille , dans un million ; elle est évoquée dans des milliards de mondes qui connaissent et appellent les Esprits de la société qu'elle forme, et elle peut ainsi se rendre dans tous man-

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Cataire naturelle de chacun d'eux. Sa vie s'est donc augmentée en extension , en puissance , en dévouement. Le fusionnement et la solidarité n'abolissent point T individualité de chaque âme , qui en est accrue, au contraire, et gagne chaque jour, à mesure que se développe et grandit l'amoureuse agrégation.

Poussons cette pensée jusqu'aux dernières limites de l'idéal, l'association au ceugant; osons le faire, malgré nos pères, malgré les druides. Par sa participation à la vie divine, l'Esprit pur a quelque chose de l'ubiquité de Dieu : « plus on monte, plus la monade conquiert de rayonnements. »

L'âme alors est au service du Père, elle va dans tous les mondes de la création, dans tous les univers infinis, remplir des messages, des missions de dévouement et d'amour; elle siège au centre du macrocosme , membre du grand conseil de Dieu , et pour elle il n'y a jamais immobilité et repos inactif , Dieu agit toujours ; et plus on se rapproche de lui , plus on gagne quelque chose au contact de son incessante activité , plus on découvre de nouveaux trésors dans la richesse infinie de l'Être, de nouveaux aspects dans la beauté resplendissante et parfaite , de nouveaux embrasements au foyer de l'incomparable amour, de nouvelles connaissances dans la vérité immuable, mais qui ne pouvant se donner à la fois tout entière , se développent par des séries infinies à l'intelligence de ses créatures. Les attributs de l'infini sont infinis ; chaque minute en dévoile un nouveau, et c'est ainsi que le bonheur des bienheureux, toujours actifs, toujours occupés.

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croîtra sans cesse et sans terme assignable, car l'infini ne saurait s'épuiser, et notez bien que Ton additionne chaque jour ses connaissances dans tous les mondes, et qu'on les accumule ainsi sans les perdre jamais.

MONDES D'AWEN.

La triade 32' nous explique le sens de ce mot a wen, que nous avons déjà plusieurs fois défini. C'est le génie primitif, l'individualité dans sou type idéal.

La triade 37 e déclare en quoi consistera le bonheur dans les mondes élevés de Gwynfyd ; ce sera surtout dans la plénitude pour chacun, en ce qui touche sa prééminence distinctive. Nous avons vu d'aute part ( 3 e chapitre) que Dieu fait l'éducation de toutes les humanités à quelque degré et à quelque ordre qu'elles appartiennent. Or, c'est la loi rationnelle ; Dieu qui a une multitude d'envoyés secondaires, précurseurs , préparateurs, prophètes, députe vers chaque monde un envoyé primaire, le Messie; ce Messie, soit pour les globes matériels, soit pour les globes spirituels, ne sort que des régions d'à wen. Expliquons-nous.

Il y a des mondes iïtowen à correspondance matérielle, il y en a d'autres à correspondance spirituelle, c'est-à-dire que dans awen, comme nous l'avons vu dans nos bas séjours, en vertu du principe de la solidarité de l'univers, la matière et l'esprit se trouvent réprésentés : c'est dans les mondes d'awen à

correspondance matérielle que Dieu choisit ses Messies pour les mondes matériels, comme c'est dans les mondes à correspondance spirituelle qu'il choisit ses Messies pour Tordre spirituel, c'est-à-dire encore que certains hommes awéniques ont la perfection de leur génie primitif analogue, les uns aux enseignements élémentaires et grossiers de la morale plus ou moins parfaite , selon les humanités ; les autres à renseignement de la première , de la deuxième , de la troisième victoire, toujours dans abred ( 28 e triade, chapitre I er ); quelques-uns ne sont disposés, par leur génie primitif, que pour les pays de la volonté lumineuse , les individualités et leurs qualités dominantes variant à l'infini (37* triade, chapitre I). Suivant que tel ou tel des awen manifeste les dispositions dont nous Tenons de parler, il est au rang de Messies en expectative , soit pour le matériel, soit pour le spirituel. Dieu élit, parmi eux, ceux qu'il charge, une fois pour toutes, de la domination spirituelle du globe à pourvoir d'un Messie ; de telle sorte que tous les mondes n'ont la visite que d'un seul , en vertu de l'économie suprême des ressorts, de l'inutilité de plusieurs , et de l'unité de direction à imprimer à l'humanité qui doit recevoir son Homme- Dieu , pour commencer son ascension vers le Père céleste , plus ou moins retardée suivant sa valeur, son avancement, et ses prédispositions à accepter le grand missionnaire divin. Ce dernier porte le Verbe, et il le possède dans sa plénitude , quant à l'attribut qu'il doit manifester, et qui correspond d'une part à l'initiation du monde, de l'autre au génie primitif de Y awen choisi.

Remarquons bien ici qu'il y a même plus de médites et de dangers, de la part d'un Messie instituteur de la morale, et des hommes encore enfantins et matériels, que d'un Messie supérieur ; car le plus souvent le premier subit des persécutions ou même la mort , comme sur la terre Y bien que Dieu lui ait préparé la voie dans les séjours infimes , par l'élection d'un peuple , et par l'envoi de préparateurs chez toutes les nations. On peut appliquer à ce Messie la grande parole de saint Jean dans son évangile (in propria venit et sui eum non receperunt), quand le monde matériel sur lequel il éclate est plus avancé, mais qu'il y a toujours eu besoin d'un peuple élu, on pent dire (et sui eum recipiunt) : quand on monte plus haut, la généralité l'accepte et l'écoute, ce qui est d'un bon augure pour l'avenir d'une humanité; plus haut encore, tous le reçoivent (cuncti recipiunt), ce qui est la marque d'un globe avancé en spiritualité. Le Messie , dans les mondes matériels, s'incarne par l'Esprit, dans les mondes spirituels par Yawen. Quant à dire ce que c'est que l'incarnation seulement par l'Esprit, sottement niée par les hommes de notre pauvre terre , nous ne le pouvons pas , vu qu'il ne faut dire que ce qui leur est utile et ce qu'ils peuvent comprendre : « Ne jette pas des diamants devant les porcs, » est un précepte du Christ.

L'homme awénique, le Messie, fait des œuvres réputées prodigieuses, miracles qualifiés même de surnaturels , sur des mondes incultes comme la terre, où la nature n'étant pas très propice habituellement, les grossiers habitants rêvent d'en sor-

tir. Ce n'est que là qu'une stupidité pareille au surnaturalisme peut s'accréditer, tu que c'est la nature de Dieu, de tous les êtres et de l'univers qui peut seule entrer en jeu, et qu'il n'y a pas de surdivin, ni de suruniversel, qu'au contraire il y a du surhumain dans tous les mondes, c'est-à-dire quel* que chose au-dessus de leurs humanités respectives. Par conséquent, le surhumain doit partout remplacer la qualification erronée de surnaturel.

Pourquoi et avec quels moyens l'homme awénique, le Messie, accomplit-il ces miracles? pour frapper l'intelligence des habitants et se faire reconnaître. Il a pour moyens les frères qui lui sont sympathiques, avec lesquels il correspond, par une colonne fluidique, et dont quelques-uns d'entre eux le suivent même spirituellement au séjour dans lequel il va s'incarner. Chaque monde ne reçoit qu'un awen, un Messie, nous en avons dit plus haut la raison. Quant à tous les hauts personnages missionnaires de Dieu, ils viennent, les plus distingués, des séjours de l'Esprit; les plus ordinaires, des régions élevées d'abred ou des tourbillons supérieurs à celui qui est visité. Nous nous sommes déjà expliqué là dessus (Mondes de la matière, chap. IV), nous n'y reviendrons pas, car nous aspirons à la brièveté.

Les hommes parvenus à Yawen visent à Dieu , et voici comment ils l'atteignent, sans jamais se confondre avec lui :

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