MONDES DE LA MATIERE. <U
pas aux soins des maîtres d'études, des moniteurs, des instituteurs du bas âge ? Il en est de même des hommes spirituels ou awéniques. D'abord les enfants , à qui il faut apprendre l'alphabet de la morale , profitent mieux avec des maîtres à leur portée , qui ont plus l'habitude de leur donner ces basses leçons, qu'avec des professeurs d'un génie plus élevé; ensuite , ce serait nuire à l'ensemble que d'occuper ces derniers à ces vulgaires services, tandis qu'ils peuvent être plus utilement employés ailleurs.
Nous le répétons de nouveau , la morale, qui est le point essentiel dans nos mondes, comme la lecture dans les premières classes, n'a plus de portée, une fois qu'elle est sue et que les élèves passent à l'écriture, c'est-à-dire à la pratique et à la réalisation
de leurs lectures. La morale s'étend donc à un
nombre restreint de tourbillons, quoique chacun de «es tourbillons renferme une infinité d'infinités relative de mondes. Donc, et déjà à priori, nous voyons que les désincarnés vulgaires et médiocres suffisant pour cette éducation élémentaire , il n'est pas rationnel de supposer que Dieu ait voulu inutilement multiplier les moyens de sa pédagogie. Nous verrons qu'il en est autrement de certains missionnaires préparateurs, et surtout du Messie, dont nous aborderons plus tard les fonctions sublimes. Examinons à présent si cet à priori fourni par notre raison ne sera pas confirmé par Y à posteriori de l'expérience. Que nous fournit-elle à ce sujet ? Qu' entendons-nous d'irréfutable autour de nous contre ce qu'on a nommé le spiritisme? Ce ne sont pas certes les objections faites par les prétendus savants de
toutes les sociétés ou académies officielles ; ce sont les derniers de nos frères, et les plus abrutis d'entre eux. Ce ne sont pas non plus les objections des Mirville et consorts qui, quoique meilleurs que les premiers et d'une supériorité incontestable , attribuent tous les phénomènes à un être fictif et absurde , le diable. Mais ce que Ton dit d'irréfutable et de logique, le voici: 1° L'ensemble des communications est d'une vulgarité désespérante ; 2* quelques-unes , il est vrai , sont remarquables par leur moralité, mais toutes celles qui sont signées par tels ou tels noms célèbres, sont de beaucoup inférieures à leurs œuvres publiées de leur vivant ; 3° l'apport des Esprits (nous savons que ce nom ne leur appartient pas ) est moindre que celui des incarnés. Tout cela est vrai , et on ne l'a jamais contredit d'une manière plausible. Nous expliquons , avec ce qui précède , d'après la synthèse rationnelle , toutes ces objections dans leur entier. Puisque les grands hommes de l'humanité sont montés dans les mondes supérieurs, dès que vous les évoquez , ils répondent le plus souvent par des mandataires. Il y a donc d'abord le désincarné qui leur sert de truchement, ensuite le médium et ses moyens mécaniques à traverser, puis ses moyens intellectuels , c'est-à-dire ses guides qui peuvent fort bien n'être pas au niveau de ceux qui dirigeaient l'incarné de son vivant. Triple raison pour que la communication soit inférieure, même à un haut degré, aux œuvres de la personne évoquée.
Faut-il s'étonner de la vulgarité de ce qui nous vient d'outre-tombe, lorsque nous savons, par tout ce
que nous ayons dit, que ce ne sont que les désincarnés de la terre qui correspondent avec nous? Enfin les incarnés nous apportent plus que les soi-disant Esprits; cela doit être, et nous allons le démontrer d'une manière irréfragable. Ici nous ne parlerons pas encore du Messie, dont nous ne ferons mention que dans les mondes d'Atcen.
A priori d'abord, l'initiative doit partir des incarnés qui ont à défricher le champ du globe où ils sont attachés , et les défunts ne doivent être autre 'chose que leurs aides et leurs conseillers.
On sait, par ce que nous avons dit au premier chapitre, qu'Abred reçoit quelquefois des missionnaires de Gwynfyd, c'est-à-dire des hommes spirituels, de vrais esprits qui s'incarnent dans nos mondes misérables , soit pour le besoin d'une instruction à compléter par l'expérience , soit par amour et dévouement. Ces missionnaires (la terre en a reçu plusieurs chez tous les peuples et à toutes les époques) doivent venir réellement ici-bas , soit dans le propre intérêt de leur éducation , soit pour accomplir des œuvres qui leurs sont prescrites. Ils ont donc, pour éclater ici-bas en personne , des motifs que n'ont jamais ceux qui y viendraient spirituellement. Voilà pourquoi , en général , le niveau des incarnés dépasse toujours celui des désincarnés, du moins par ces sommités et ces hauts personnages des grands mondes. Lorsque ces hommes spirituels ont acquis l'expérience pour laquelle ils étaient venus, ou lorsqu'ils ont accompli la mission dont ils étaient chargés , ils remontent d'où ils viennent (on sait que nul être ne peut rétrograder et perdre sa nature) ;
donc il est très vrai de dire que le monde normal des désincarnés est inférieur à celui des incarnés éclairé et renouvelé incessamment par le passage de ces grands hôtes, quelquefois inconnus et peu marquants sur la terre ; mais leur influence latente s'y fait toujours sentir, malgré leur obscurité. Donc encore notre synthèse rationnelle explique tous les faits , rend compte de tous les mystères , répond à toutes les objections.
La nature des communications médianimiques va encore confirmer notre certitude sur ce point; sur quoi portent-elles? Sur des sujets de morale, et ce sont les meilleures. Mais nous avons vu précédemment que la morale est Fa, b, c de l'éducation des mondes, qu'elle n'a de nom même que sur les globes les plus bas et au dernier degré de l'échelle. La morale , comme la lecture , ne doit être confiée pour l'enseignement qu'à des moniteur^ de bas étage, à des frères ignorantins, suffisants pour cette besogne, et nous autres incarnés nous sommes les enfants à qui on apprend à lire. Il y a bien encore quelques communications scientifiques , géologiques , cosmologiques. Mais c'est là surtout que se fait remarquer la bigarrure étrange des opinions, que se montrent les systèmes et les théories , variant de désincarnés à désincarnés ; n'est-ce pas là la preuve évidente de l'attache que ceux-ci ont encore à leurs idées favorites et à leurs préjugés de la terre ?
Quant aux idées théologiques et philosophiques sur la non éternité de r enfer, sur l'explication du péché originel , sut les réincarnations et sur tous les autres points sans exception, elles traînaient *u
lieux communs dans les œuvres des précurseurs, et nos adjudants de l'espace n'ont fait que confirmer ce qui avait été dit avant eux (voy. le 3 e chapitre), Mais aucun d'eux, même des meilleurs et des plus grands, n'a rien dit de saillant et de nouveau qui dénotât pour origine, nous ne parlons pas des mondes d'Awen, mais des mondes supérieurs d'Abred, ou de VEsprit. Tout est terre à terre, vulgaire, et ne s'élève pas au-dessus de notre initiation.
Quelques Esprits cabalistes sont venus, il est vrai, inspirer Metzils, Davys, Winkelsonn, Eliphas Lévi, L. Michel, mais leurs révélations obscures et amphigouriques, quelquefois fausses et en tous cas hiératiques, ne dépassent pas la science occulte connue des initiés (nous avons expliqué que Tordre trinaire dans les principes , nonaire dans les natures , un dans l'être, quaternaire ou décade dans l'être manifesté , étaient des formules enfantines, ne 5 s'appliquant qu'au peu de portée de nos regards terrestres, et que l'infini absolu et l'infini relatif étaient les seuls signes dignes de Dieu et de l'univers projeté de son sein). Un des plus remarquables frères de l'espace* qui se soit manifesté , Eraste , a la bonne foi d'avouer qu'il n'a jamais pu voir tel ou tel monde de notre tourbillon et des tourbillons voisins; il le dit (et , dès ce jour, nous avons compris sa supériorité découlant de son humilité) dans son Essai sur le système des mondes, publié par F Avenir. Pour conclure, nous estimons, pardessus tous, un inconnu, un grand philosophe (1), Pecqueur, et nous égalons sa seule
(1) N'y aurait-il pas autant à dire de Jean Reynaud, cet éminent penseur dont nous pleurons tous la perte prématurée.
422 VALEUR EXACTE DU SPIB1TISME.
individualité à celles des désincarnés les plus grands qui se sont manifestés jusqu'à présent. Ce seul personnage, dans sa grandeur philosophique, justifierait au besoin ce que nous avons dit précédemment. Qu'on relise attentivement l'extrait que nous avons donné (chapitre 2 e ) de ses splendides travaux, et l'on sera de notre avis. La seule étude scientifique où les désincarnés pourront nous instruire utilement , en laissant toutefois l'initiative aux incarnés (car c'est la loi ), sera l'étude des fluides et de leur mod'e d'opérer ; en effet , quelque vulgaires qu'ils soient dans leur majorité, ils ont des lumières d'expérience qui nous font défaut, ils savent comment ils peuyent se former leur enveloppe , comment ils peuvent la rendre visible , palpable même ; l'habitude de la typtologie , de l'écriture directe ou médiani inique , des apports matériels qu'ils font très souvent à travers des obstacles , doit les instruire puissamment sur le rôle des fluides, même sur leur nature intrinsèque qui n'est pas de leur grade, sur leurs distinctions et sur leurs combinaisons réciproques, sur leur influence pour guérir ou produire des prodiges, que notre ignorance qualifie de surnaturels, tandis qu'ils dérivent de leur essence constitutive habilement employée. En définitive, il faut demander au spiritisme ce qu'il peut donner : 1° une preuve par des manifestations de tout genre qui convaincront une foule de matérialistes, de la survivance de l'homme après sa transformation surnommée improprement mort. C'est là un de ses plus grands services comme préparation à l'ère nouvelle. 2° Une confirmation de la morale du Christ , du décalo-
gue , et des grands législateurs de l'antiquité. Il faut ne pas s'inquiéter souvent de la vulgarité des communications sur ce point, s'attacher au fond sans se prendre à la forme. Cette vulgarité met en lumière et la bonne foi des médiums et la naïveté de certains désincarnés. 3° En matière scientifique, excepté sur la question des fluides , dans laquelle ils sont experts, ne recevoir les communications qu'à titre de simples renseignements, et comme systèmes, qu'on peut comparer ensemble, pour y puiser quelques éléments utiles. 4° Enfin, nous espérons qu'à la phase théologique qui doit précéder l'église universelle et la fusion des, cultes, quelques incarnés puissants surgiront , attirant à leur suite des frères de leur ordre par la colonne fluidique, et qu'en se mêlant aux désincarnés , ceux-ci élèveront très haut leurs communications, et que les promesses de la cité céleste s'accompliront par ce moyen ou par tous autres dont Dieu a la disposition et le secret.
Rappelons-nous bien, en nous résumant, ce qui suit :
Les désincarnés n'ont l'Esprit qu'en puissance et en germe ; ce qui le figure actuellement , c'est leur corps spirituel, qualifié de périsprit par leurs idées encore enfantines.
Dans les mondes les plus bas de la matière , encore épais et ténébreux, comme est actuellement notre chétive planète , qui est appelée à s'élever , les habitants sont séparés non-seulement par les montagnes, les mers , les déserts , mais encore par leurs mœurs et leur langage. Un peuple ne s'entend pas même d'une province à l'autre, témoins les dialectes