MONDES DIVINS
de mondes, qu'il n'épuiserait pas l'infini, et que toujours il pourrait aspirer à mieux connaître et à mieux aimer. Il aurait dans leur plénitude absolue, un million d'attributs, que le nombre des relatifs à acquérir ne diminuerait pas. Jamais donc la monade sortie de Dieu ne s'y absorbe et ne s'y confond, elle garde toujours son génie et son individualité, et elle peut progresser sans cesse dans les siècles des siècles.
Nos lecteurs doivent remarquer ceci : Vawen, c'està-dire le génie particulier de chacun, est identique en essence, et vraiment consubstantiel avec Dieu, puisqu'il doit recevoir la divinité complète et le développement plein et entier dans sa particularité.
Les druides n'admettaient pas de mondes divins, tant ils avaient horreur de l'absolu et de l'anéantissement, même au sein de Dieu. Ils n'ont pas compris que c'était s'arrêter en chemin et rendre impossible la perfection de Vawen , comme nous allons tout-àl' heure le démontrer rationnellement. Sans doute ils ont eu raison de maintenir fermement l'individualité de chaque être , mais ils ont eu raison aussi de vouloir la plénitude et la perfection pour cette individualité ; c'est-à-dire de vouloir que pour le côté où il excelle, pour son génie, en un mot, et son idéal, il obtienne la plénitude dans toute son étendue ; qu'il soit Dieu non pas en quelque façon, mais très réellement, quant à ce point particulier de sa disposition primitive, c'est là l'infini dans un ou plusieurs sens, dont parle Pecqueur.
Or, comment cela peut-il se faire ?
Qu'on nous prête ici l'attention la plus soutenue, et que celui qui a l'intelligence comprenne.