ÊTRE FINI PAR RAPPORT AU FINI
ÊTRE EN PLEIN RAPPORT AVEC CHAQUE ÉTAT DES EXISTENCES DANS LE CERCLE DE
GWYNFYD. (3)
Nous ajoutons : être en rapport progressant dans les autres mondes.
Nous préférons hautement la synthèse des druides, si magnifiquement commentée par Pecqueur, développée d'autre part dans les ouvrages de Charles Bonnet, de Ballanche et dé son école, de Jean Reynaud, avec les additions qu'on vient de lire, à toutes les autres tentées de nos jours. Elle seule répond à l'unité des êtres dans l'univers.
(I) Voir le chapitre III. — (2) Même chapitre. — (3) Voir le chapitre II et les développements sublimes de Pecqueur.
438 Sf/PKBIOBITK DE NOTRE SYNTHESE.
Les ans ont voulu séparer F infiniment petit de Finfiniment grand, et en faire une race à part, incapable de s'élever jusqu'à la monade humaine ; ils n'ont pas compris que, s'il en était ainsi, il y aurait injustice et privilège ; ils n'ont pas eu le courage de sortir de l'étroitesse de leurs pensées, qui, leur faisant apercevoir l'infinie petitesse actuelle de ces monades, ne leur montrait pas suffisamment Téternité relative de leur parcours et l'infini des siècles qui les amène à gravir. Les mêmes ont refusé l'âme individuelle aux animaux, niant à ces êtres tout moyen d'avancement et de progrès, hors certaines limites. C'était encore ne pas concevoir l'unité de race de tous les êtres.
Les autres ont pris l'ordre trinaire pour des lois absolues, et ils n'ont pas vu que cet ordre était relatif à la terre qui, comprise dans les bas mondes d'Abred, n'a pas conçu plus que trois attributs de Dieu; mais plus on montera, plus les hommes sauront qu'il y a impiété à limiter les attributs divins contenus en* germe dans les créatures, et développables par elles d'existences en existences ; que ces attributs sont infinis absolument en Dieu et relativement dans les monades. Ils renonceront donc à tous les nombres pour les exprimer.
Vintras et le Livre des Esprits enseignent que V âme est un Esprit incarné dans l'humanité. Mais si la monade était déjà devenue ce qu'on appelle un Esprit, elle rétrograderait donc et perdrait sa nature en redevenant homme. Il y a là de fausses manières de parler que nous avons dû relever, et ce n'est que par la clarté rayonnante de notre synthèse que nous
serons parvenus à mettre de Tordre et dans les idées et dans les expressions.
Ainsi Vintras, le Livre des Esprits, et les pseudochrétiens disent faussement que le monde primitif àprincipio, a été celui des Esprits ; c'est une colossale erreur : Dieu n'a pas fait sortir de ses mains, ni des Awen, ni des Esprits, ni même des hommes ^ mais des monades au point initial, et ce n'est que plus tard que ces monades ont été élevées à des degrés supé* rieurs. Gomment les. désincarnés qui ont dicté le Livre des Esprits ont-ils pu commettre cette faute, eux qui ont dit de si bonnes choses pour confirmer la loi du progrès par les vies successives et en appuyant les attaques des vrais philosophes contre le purgatoire et l'enfer ? C'est qu'ils ne sont pas compétents pour ce qui s'est passé dans Annwfn. Il faut pour cela qu'ils soients arrivés dans les mondes de Gwynfyd, qu'ils soient ou Esprits, ou Awen, et nous avons vu qu'ils étaient bien loin des premiers, encore plus des seconds. Les druides avaient reçu des hommes spirituels incarnés parmi eux, l'en* chanteur Myrdhinn, et le barde Taliésin. Ce dernier dans son poëme cad Godden avait dit toutes ses précédentes transmigrations dans l'abîme inchoatif : « J'ai été vipère dans le lac, s'écrie-t-il ; j'ai été cou- « leuvre tachetée sur la montagne; j'ai été éléphant « dans l'Inde, lion d'Afrique, puis chien et mouton à « l'éducation d'hommes qui m'ont communiqué une « partie de leur intelligence et de leur vie ; j'ai « habité depuis une étoile, j'ai été prêtre; depuis que « j'ai été pasteur, puis roi, un longtemps s'est écoulé; « j'ai dormi dans mille mondes, je me suis agité
440 Sl/PÉHIOBÏTÉ BE NOTHE SYNTHÈSE.
« dans centcercles. » Taliésin, l'homme spirituel, avait le droit de parler ainsi ; il pouvait, lui, se rappeler ses transmigrations, même les plus basses, tandis que les désincarnés, qui nous quittent à peine, hommes matériels qui ont vécu sur la terre, n'ont pas le souvenir qui ne se retrouve que plus haut. On leur a posé des questions sur leur origine ; les faux savants y ont répondu, et de là les erreurs qui fourmillent à cet égard, et qui sont contraires à la raison. Répétons-le, la monade a été créée à l'état initial, avant de devenir homme, Esprit, Awen. Cela est logiquement certain, ou bien il faudrait s'inscrire en faux contre la loi de perfectibilité. Nous avons dit plus haut les questions sur lesquelles il fallait interroger les désincarnés ; que Ton suive nos conseils dictés par le raisonnement le plus exact et l'on s. 1 en trouvera bien. Certes, nous n'avons pas voulu, en disant la triste et franche vérité, décourager les hommes de notre terre, ni les désincarnés; an contraire, nous leur disons : Nous sommes bien bas, gravissons pins haut. En rabaissant l'orgueil de tous, nous faisons une œuvre louable, en mettant chaque chose, chaque entité à son rang et à sa place, nous remplissons les conditions d'une synthèse philosophique véritable j et c'est pour cette raison même qu'on doit la préférer à beaucoup d'autres.
Nous ne conseillons pas même au spiritisme actuel, c'est-à-dire à l'intervention des désincarnés de notre misérable séjour, de changer de nom, mais de se contenter de faire ce qu'il peut, de terrasser le matérialisme, de confirmer la morale enseignée par le Christ.
Que nos frères de l'espace nous donnent de plus, leurs élucubrations cosmologiques, physiques, mais à la condition que nous n'en tiendrons pas plus compte, à l'exception des études sur les fluides, pour lesquels les inférieurs même parmi eux sont plus experts que nous, que des systèmes qui sont mis au jour par des incarnés, et que nous ne les enregistrerons qu'à titre de simples renseignements et de travaux utiles à l'œuvre scientifique de notre humanité.
Quant à ce que nous disons de leur peu d'élévation dans l'ensemble universel, la grande majorité dirigée parles orgueilleux n'en conviendra pas; nous n'aurons pour notre synthèse relativement véridique, que les bons et les supérieurs des désincarnés de notre sphère. Les autres s'obstineront dans leur fausse science ; sans pouvoir attaquer de front nos doctrines rationnelles, ils les attaqueront d'une manière détournée et par des sophismes adroits, mais ils seront vaincus à la fin par la raison universelle. Comment pourraient-ils nous dire, en effet, que le monde normal, éternel, créé dès le principe, c'est le monde des Esprits ? des Esprits à progresser, ou des Esprits parfaits dès le commencement ? Ils ne soutiennent pas la seconde proposition et se rattachent à la première. Ainsi des Esprits pour former l'âme d'un minéral grossier, d'un végétal immobile, ou d'un animal à peine dégrossi, des Esprits même pour le sauvage, l'idiot, le crétin et pour les embryons de l'hominalité; un être tout spirituel enfermé dans ces carapaces divergentes, mais cependant toutes indignes de lui et de son nom. Ne vaut-il pas mieux conserver le mot de monade pour l'inchoation primitive, et pour