‹ Une philosophie nouvelle: ce qu'elle doit être devant la scienceChapitre 18 sur 141 · XXII MATÉRIALISME ET SPIRITUALISME · texte numérisé non relu

XXII MATÉRIALISME ET SPIRITUALISME

toute substance ; élément insécable et impérissable. ».

Faraday aussi ne croyait pas à -l'existence de la matière, comme substance séparée. Ce que Ton appelle la matière n'était à ses yeux qu'un assemblage de centres de forces (Dumas, Éloge historique de Faraday).

Nous avons déjà exposé que toutes les monades, même les plus élevées, étaient toujours avec une certaine délimitation tout à fait spirituelle pour nous. Voici comment nous concevons cette limite. L'absolu seul (et nous avons dit pourquoi nous réservions cette question) est sans forme, parce qu'il a une détermination absolue, mais pour tous les êtres relatifs il y a une forme. Cette forme est plus ou moins expansive, suivant la progression de l'être et. son expansion actuelle. Xà où s'arrête la force d'expansion de chaque monade, là est la borne et la limite. Si l'être est peu avancé, il se limite très vite et alors on a la matière plus ou moins développée, .épaisse ou ténue suivant les mondes, ou bien à un degré supérieur on a ce que l'on nomme l'esprit (appellations, nous ne saurions trop le redire, toutes relatives et qui n'ont trait qu'à l'ordre des mondes et à. la nature des organes des habitants). De telle sorte qu'à notre avi&, l'esprit pur, l'homme awénique, et l'homme divin lui-même, ont une forme quelque déliée et rayonnante qu'elle soit dans tous les coins de l'univers.

Stahl et les grands animistes de son école, n'entendaient pas par l'âme directrice de la vie et du corps grossier un être spirituel pur, ils entendaient

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par là, témoins Tissot et Bouillier leurs interprètes, la forme virtuelle de l'organisme, composée sans doute d'un centre psychique et d'une force inétendue, mais aussi d'une espèce de corps aromal et spirituel, d'un organisme invisible imprflnanrt aux membres tangibles le mouvement et la direction. C'était YEidolon des Grecs, reconnu et nommé dans toutes les langues et dans tous les pays, que l'àme emportait en mourant ; c'est la conception de Saint- Paul et d'Origène, c'est en tin mot la vérité.

Cessez donc, matérialistes et spiritualistes, de combattre des moulins à vent, renoncez à votre don Quichottisme insensé, en vous rappelant que le concept mathématique de l'esprit, et surtout que ces mots matière et esprit n'expriment que de simples rapports et non des êtres différents.

Ainsi que nous l'avons dit cent fois', c'est peine perdue de chercher à pénétrer l'essence intime des choâes ; nous ne voyons rien en soi. Les êtres ne bous apparaissent que par leurs phénomènes. Or, le phénomène de la pensée, comme tous les phénomènes perçus par nos organes, s'expliquent, de l'aveu des psychologues et des physiciens, par une force simple, inétendue, immatérielle, c'est-à-dire, selon notre définition, imperceptible aux sens. Le représentant, le représenté se résolvent dans ridée de monade Leibnitienne, à savoir : Nisus quidam, seu vis agendi primitiva* Donc on peut conclure que l'univers est homogène et qu'il n'existe que des monades.

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