CLE DU MERVEILLEUX. XCI
de démons fut prise en mauvaise part, ou tout an moins dans un sens d'imperfections.
Ainsi il y avait les caco- démons, Âmes impures, perverses. Les plus méchantes et les criminelles furent nommées antithées (contraires à Dieu).
Le mot démons fut attaché aux Âmes imparfaites, indécises, sans caractère. •
Au dessus des démons étaient les archoutes (dominateurs) qui cherchaient à faire prévaloir parmi les vivants, après leur mort, les opinions vraies ou fausses, et les idées systématiques qu'ils avaient eues pendant leur vie. Ainsi savants, philosophes, politiques voulaient avoir des successeurs qui défendissent leurs systèmes et leurs écoles, ou les dynasties et les partis auxquels ils s 1 étaient attachés de leur vivant. Esprits doués d'énergie et de caractère, mais imbus d'orgueil et d'amour-propre et infatués d'eux-mêmes jusque dans la vie spirituelle.
Venaient les héros qui, dans l'antiquité, n'étaient presque que des guerriers quelquefois redresseurs de torts, et poursuivant la justiee par la force. Pas plus que les archontes, ils n'étaient détachés de la terre, conservant encore après le trépas leurs rivalités, leurs vengeances, leurs haines. Lorsqu' Apollonius de Tyanes évoque dans son heroûm l'ombre d'Achille, celui-ei lui apparait et lui tient un langage encore imprégné des passions terrestres.
Les demi-dieux, au contraire, étaient bien des hommes ayant vécu ici-bas, faisant partie de notre infime tourbillon, mais qui par leurs vertus et leurs hauts faits, aussi bien que par les dispositions ascensionnelles de leur cœur, s'étaient affranchis de la chair et s'étaient épurés en montant. Ils revenaient bien encore sur la terre, mais spirituellement - et pour donner de célestes conseils, comme pour protéger ceux qui le méritaient et faisaient des progrès incessants de détachement matériel.
Les dieux étaient des êtres encore supérieurs, ayant le pneuma pur et 9e mouvant circulairement comme le ciel. Ils étaient donc impeccables et impassibles.
Tous les autres êtres n'avaient que le mouvement rectiligne. Or ils pouvaient déchoir s'ils se laissaient attirer par le centre du corporel et du sensible qui est en bas ; il n'y avait de salut et d'élévation pour eux qu'en aspirant au centre d'en haut, à l'intelligible, tandis que les dieux