CLE BU MERVEILLEUX
p. 31, 32, 33). Nous nous bornons à constater ici qu'ils n'ont rien de surnatqrel, ce mot impliquant contradiction, qu'ils ont tous Heu suivant les lois du cosmos, lois inexpliquées ou inconnues, par Fintervention quelquefois des êtres extra-humains, ou surhumains, des ancêtres, des désincaraés, de ceux qui ont vécu ici-bas et que nous pouvons nommer Génies ou Esprits parce qu'ils ne tombeut pas sous nos sens grossiers. Il est certain qu'il y a de ces prodiges dans toutes les religions. Nous tenons d'un père jésuite qui avait habité l'Inde le récit suivant : « J'ai vu, nous disait-il, un jeune enfant qui était mort de la veille dans des convulsions atroces et qui était déjà noir. On allait procéder à ses funérailles, car il sentait déjà par la chaleur torride. Sa mère absente est prévenue de son
malheur; elle arrive désespérée, l'œil en feu, les cheveux épars, elle emporte le cadavre à une piscine d'un temple de Brahma ; là elle invoque le Dieu de sa foi, elle s'adresse à l'âme de son mari défunt,, elle emploie tout ce que la douleur lui suggère de. plus touchant; elle plonge à plusieurs reprises le corps de son fils dans Teau que les Indiens réputent sacrée. Miracle! Après ses prières, ses supplications, ses cris déchirants et qu'aucun langage humain ne peut dépeindre, l'enfant tressaille, il renaît, il est rendu à l'amour de sa mère. J'ai vu ce fait, nous répéta-t-il, et l'enfant vivait encore le jour de mon départ du pays. J'explique cela par l'ardeur de la foi qui a touché le cœur du Dieu véritable, et lui a fait envoyer ses anges au secours de la pauvre Indienne.' » Cette explication du bon religieux, nous la respec-
tons, seulement nous tirons cette conclusion que les miracles de guérison et de résurrection même, lorsqu'elle est possible, ont lieu partout et dans tous les cultes 0).
S* il faut dire quelques mots en notre nom de criticiste, les voici :
Il ne faut pas prendre à la lettre toute cette théorie. Il y a la part à faire 1° à la supercherie et à la fraude ; 2° à notre imagination et à nos pensées, à l'extase qui puisent dans f agent universel nos propres reflets (\oir plus haut).
Toutefois nous accordons ces trois faits qui nous
(1) Pour que la résurrection soit possible et naturelle, il faut : 1° qu'il n'y ait pas de lésions organiques dans le corps terrestre et que la monade avec son organisme virtuel puisse s'y réadapter et y vivre. 2° Que la monade réappelée soit vulgaire et tienne encore à la terre, ou qu'elle y soit convoquée par une voix chérie, ou qu'elle ait quelque chose à terminer, peintre un tableau, écrivain un livre, savant une découverte, etc., etc. 3° Que l'opérateur ait un certain ascendant sur celui que l'on veut ressusciter. Eh bien! ces trois conditions se rencontrent dans le fait cité. C'est une mère peutêtre adorée qui vous appelle, c'est un père défunt qui se prèle; l'impulsion part d'en bas et répond d'en haut. Voilà pour le moral. Quant au physique, l'elifant est mort dans des convulsions tétaniques et épileptiformes, qui ne laissent souvent pas de traces à l'autopsie et qui n'impliquent aucune lésion essentielle. Mais, dira-t-on, il sentait déjà ; nous accordons que la décomposition allait commencer, et sait-on bien s'il n'y a pas des gaz, des fluides chimiques qui, mis en œuvre par la mère désespérée ou par un être surhumain (le père évoqué), arrêtent la décomposition et ravivent la vitalité ? Les découvertes de nos jours d'agents antiputrides très puissants viennent en aide aux prévisions de l'avenir. Le narrateur d'un fait qui contrariait et étonnait sa foi, ne doit pas être suspect d'enthousiasme, et il le serait plutôt de réticences que sa loyauté lui a seule interdites. Donc, le fait nous semble, fort sérieux.
Cil . CONCLUSION.
paraissent démontrés : 1° l'humanité tout entière 'croit, a cru et croira à l'intervention possible, morale, intellectuelle et même matérielle des ancêtres.
T Nous pensons que dans certains cas cette intervention est réelle et ne saurait être niée par la philosophie de l'avenir, qu'elle servira même de lien aux religions.
3* La plupart des cultes antiques et modernes dérivent de ces croyances, qui sont leur base la plus positive et la plus vraie.
Sur ce, ami lecteur, je te quitte en te souhaitant justice, vertu, sagesse, et je souhaite à l'humanité tout entière qu'elle ait de plus en plus le sentiment de la solidarité universelle.
FIN D'UNE PHILOSOPHIE NOUVELLE ET DE L'INTRODUCTION A LA SYNTHÈSE DES DRUIDES
21 octobre 1871.