L'évolution créatrice, p
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d'un équilibre éternel où « rien ne se crée, rien ne se perd ». Il ne faut pas beaucoup la presser pour la faire aboutir ù la vieille imagination d'un retour cyclique remettant toute chose dans ses conditions d'origine. Tout est ainsi conçu à l'image de la périodicité astronomique. Une trépidation d'atomes, où seules comptent certaines invariances que traduisent nos systèmes d'équations : voilà ce qui reste de l'univers désormais évanoui « en fumée algébrique ». Il n'y a dès lors rien de plus ni de moins dans l'effet que dans le groupe des causes ; et la relation causale tend vers l'identité comme vers son asymptote.
Pareille vue de la nature donne prise à bien des objections, quand môme ne s'agirait-il que de la matière inorganisée. Déjà la simple physique manifeste l'insuffisance d'une conception purement mécanisle. Le flot des phénomènes coule dans un sens irréversible et il obéit à un rythme déterminé. « S' je veux me préparer un verre d'eau sucrée, j'ai beau faire, je dois attendre que le sucre fonde ^ » Voilà des faits dont le pur mécanisme ne rend pas compte, lui qui n'envisage que des rapports statiquement conçus, qui ne fait du temps qu'une mesure, quelque chose comme un dénominateur commun des successions concrètes, un certain nombre de coïncidences dont toute vraie