‹ Une philosophie nouvelle [microform]Chapitre 32 sur 60 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

l'oeuvre de m. BERGSON 127

voilà ce qui la caractérise beaucoup mieux que son expression concepj-uelle toujours contingente et incomplète. « Un philosophe digne de ce nom n'a jamais dit qu'une seule chose : encore a-t-il plutôt cherché à la dire qu'il ne Ta dite véritablement. Et il n'a dit qu'une seule chose parce qu'il n'a vu qu'un seul point : encore fut-ce moins une vision qu'un contact; ce contact a fourni une impulsion, cette impulsion un mouvement, et si ce mouvement, qui est comme un certain tourbillonnement d'une certaine forme particuhère, ne se rend visible à nos yeux que par ce qu'il a ramassé sur sa route, il n'en est pas moins vrai que d'autres poussières auraient aussi bien pu être soulevées et que c'eût été encore le même tourbillon *. » De là vient qu'une philosophie est au fond beaucoup plus indépendante qu'on ne le croirait d'abord du milieu où elle éclôt ; de là vient aussi que les philosophies antiques, bien qu'apparemment relatives à une science périmée, restent toujours vivantes et dignes d'étude. Quelle est donc l'intuition originelle de la philosophie bergsonienne, l'intuition créatrice d'où elle procède ? L'hésitation ne saurait être longue : c'est l'intuition de la durée. Voilà le centre de perspective auquel nous devons inlassablement revenir; voilà le principe qu'il nous faut travailler à mettre dans tout son jour; et voilà enfin la source de

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