‹ Une philosophie nouvelle [microform]Chapitre 39 sur 60 · Matière et Mémoire, p · texte numérisé non relu

Matière et Mémoire, p

çoit le sens commun n'est rien d'autre en définitive que l'interaction universelle devenue visible par son interruption même sur certains points. D'où cette double conclusion déjà formulée plus haut : le rapport de la perception à la matière est celle de la partie au tout et notre connaissance est plutôt limitée que relative. Il faut dire qu'au principe nous percevons les choses en elles, non pas en nous : la subjectivité de notre perception courante vient du travail par lequel nous l'avons découpée au sein du réel, mais la racine de perception pure plonge en pleine objectivité. Si nous arrivions à saisir en chaque point de la matière le flot d'interaction totale dont il marque une onde et si nous arrivions à voir la multiplicité de ces points comme un flux qualitatif hétérogène sans nombre ni coupure, nous coïnciderions avec la réaUté même. Il est vrai qu'un tel idéal, inaccessible d'une part, n'irait pas d'autre part sans péril pour la connaissance : en effet, dit M. Bergson S c( percevoir toutes les influences de tous les points de tous les corps serait descendre à l'état d'objet matériel ». Mais une solution de cette double difficulté demeure possible, une solution dynamique et approximative, qui consiste à chercher l'intuition absolue de la matière dans une telle mobilisation de nos facultés perceptives que nous

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