‹ Une Poignée de documents inédits concernant Mme de WarensChapitre 1 sur 29 · TROUVES A LONDRES · texte numérisé non relu

TROUVES A LONDRES

AUX ARCHIVES d'ÉTAT, A TURIN

ET

A l'ancien TABELLION DE CHA31BÉRY

AVEC Ul PH0T0GR.\PHIE DU PORTRAIT DE LA BARO.NNE

conservé an Musée Arlaud de Lausanne et le fac-similé de son billet du 10 février 1754.

I iYON-

HENRI GEORG, Editeur.

65, rue de la République, 6j

m. cAlexis de JUSSIEU, (Archiviste du département de la Savoie,

hommage respectueux,

qA. m.

Dans son livre Les Charmettes, Arsène Homsaye a dit (( Pour l'histoire intime de l'art et de la littérature, on n'a pas assez consulté les archives notariales. Les romanciers eux-mêmes ne se doutent pas des trésors ensevelis dans les feuilles de papier timbré. Que de traits de lumière! que d'échappées ! que d'horizons vers le passé ! La vie privée est là. Les murailles qui la protégeaient tombent devant vous. Le secret des affaires, qui est souvent le secret du cœiir, a brisé son Cachet. Le notaire à qui l'on confessait sa maison, comme àun prêtre son cœur, n'a rien dévoilé pendant qu'il vivait. liais tous ces parchemins vieillis appartiennent à l'histoire après deux ou trois générations. »

Voici mis au jour, pour la première fois, les actes notariés concernant Jean-Jacques et la célèbre baronne, conservés aux superbes archives de l'ancien Tabellion de Chambéry. Abstraction faite des formules consacrées, ces pièces nous livrent la pensée intime de Mme de IVarens,. la série de ses entreprises, le détail de ses relations, le menu de son entourage, avec une entière exactitude. (( Dans les œuvres historiques, disait Voltaire, il faut laisser crier les faits. » La parole est aux documents que ce livre publie; ils diront désormais tout ce qu'ils doivent dire, en révélant aux lettrés une Madame de Warens que,, certainement, notre génération ne connaissait pas.

Pour faire pendant au portrait moral de la baronne, qui se dégage de nos recherches, le photographe Testa, W Albertville, a reproduit, uniquement pour ce volume, la toile légendaire, conservée au musée Arlaud de Lausanne. Dans un article En voyage, Au bord du lac d'Annecy, imblié dans le Siècle, en 1886, Charles Bigot disait, en parlant de ce tableau : « Au musée de Lausanne, j'ai vu aiissi le portrait de cette Mme de Warens que Rousseau, adolescent et nouveau converti, avait rencontrée à Annecy, et qui tient une si grande place dans ces Confessions de Rousseau qui sont les confessions des autres autant au moins que les siennes. C'était ce qu'on appelle une jolie femme et même une belle femme, que Mme de Warens. Elle était bien faite, la taille belle, le visage régulier, avec un teint frais et une peau blanche. Si méchante que soit la peinture, elle donne du modèle une idée favorable. Mais si Mme de Warens est ce qu'on appelle une belle femme, elle n'est rien déplus ; elle manque de physionomie, d'exp>ression et même, on peut le dire, de grâce. On s'est beaucoup occupé de Mme de Warens, grâce aux Confessions de Rousseau; on a écrit bien des pages pour l'excuser ou pour la flétrir ; elle ne méritait lias, je le crois, qu'on lui fit l'honneur de tant s'occuper d'elle. Ce qu'elle fut surtout, ce fut une créature médiocre et peu intéressante. »

Peut-être conviendrait-il d'atténuer la rigueur de ces appréciations xyar l'opinion d'une femme: « Rousseau a beaucoup idéalisé sa bienfaitrice tout en la réalisant sans scrupule, dit Georges Sand, et il a eu raison dans les deux cas, parce qu'il a été sincère, parce qu'il a laissé parler sa mémoire et son cœur, ce qui vaut toujours mieux que le calcul qu'on sHmpose ou les réticences qu'on subit' Ce qu'il y a de trop réel dans Mme de Warens nous choque démesurément aujourd'hui, et pourtant noîis nous piquons d'être le siècle de la critique par excellence. Nous devrions dès lors faire un effort d'esprit pour nous reporter aux idées d'il y a cent ans, pour apprécier le milieu, le pays, l'époque, et surtout l'éducation qii.e recevaient les femmes

dans ces belles contrées un peu sauvages à beaucoup

d'égards, et où régnaient V ignorance et une certaine 'V

brutalité de mœurs. h

i< Mme de Warens se confessait si facilement qu'elle a i'\

disposé sans doute le génie de Rousseau à écrire l'impé- \ \

rissable livre des Confessions. Elle lui a révélé le culte de V

la nature; elle l'a fait poète, comme elle l'a fait artisti l et savant. Sachant ou comprenant tout, elle ne mettait

pas l'orthographe ;elle est d'autant plus la femme de son \ \

siècle. Assez belle encore pour spéculer sur ses charmes S\

comme tant de dames de la cour, elle se donnait pour { rien à des gens de rien. Parmi ces gens de rien, il y avait

l'humble Claude Anet, un homme de cœur et de mérite, (, et lepetit Rousseau, qui fut un des deux premiers hommes

de son temps. Elle n'était donc pas toujours aveugle, et \

on peut lui pardonner M. de Courtilles,... ou plutôt l'ou- >

Hier et faire rentrer son image dans le néant. » /

JMadame de y/ARE:\S

d'après les DOCU-ViENTS inédits DEL'aXCIEN

Tabellion de Cha.mbéry

«HHf^^

JMaDAME de y/ARENS

d'après les documents inédits de l'anciex Tabellion de Chambéry

Le chercheur, en histoire, s'expose à découvrir plusieurs fois la Méditerranée.

Au chapitre, M"^^ de Warens aux Charmettes, démon précédent livre, j'avais, en citant un document publié par Gustave Vallier, établi que Wintzenried était déjà le factotum de M'^^ de Warens en 1739. Depuis, en compulsant complètement les registres de l'ancien Tabellion de Chambéry, conservés au Greffe du Tribunal de première instance de cette ville, j'ai trouvé un nombre considérable de documents inédits, concernant l'amie de Jean-Jacques. Je publie, dans ce volume, les pièces

DOCUMENTS INEDITS

insinuées de 1734 à janvier 1754 ; les autres figureront, in extenso, dans mon prochain ouvrage : Les dernières années de ^/me ^Q Warens. Or, au y volume de l'année 1737 de ces registres, folio 371, se trouve inséré un acensement, fait à M™' de Warens parles sieurs Rossiaud et Gaime, debiens ruraux qu'ils tenaient eux-mêmes àbail de demoiselle Anne Revil ; ces biens ne sont pas autrement décrits dans l'acte. L'un des témoins est le sieur Jean-Samuel- Rodolphe Vuintzenried, de Berne en Suisse, habitant Chamhéry.

ASCENSEMENT liasse par honnorable François "Rpsseau et Philibert Gaime à la dame comtesse de Warens.

L'an mil sept cent trente sept, et le quinze du mois de septembre, à Chambéry avant midy, dans la maison d'habitation de la dame comtesse de Vuarrens, pardevant moy notaire coUégié soussigné, et en présence des témoins sous nommés se sont personnellement établis et consti-

SUR ^l"^*" DE WAREXS

tué honnorable François fils de feu Louis Rosseau, maitre taneur natif domicilié de la présente ville et honnorable Philibert fils de feu Joseph Gaime, natif et habitant de cette ville, en qualité d'héritier dudit Josephsonpèrejesquelsjesquels degré, sous la clause solidaire, avec bénéfice de division , ordre et discussion auxquels ils renoncent, ont sousascensé comme par le présent ils sousascensent à ladite dame Françoise Louise de La Tour comtesse de \^uarrens, fille de feu seigneur Jean Baptiste de la tour native de Vevay, habitante en la présente ville, cy présente et acceptante, les mêmes biens ascensés au dit François Rossiaudetjoseph Gaime, par demoiselle Anne Revil par contract du quatorze mars mil sept cent trente cinq reçu et signé par M® Drivet sous la censé de cent seize livres un vaissel de chatagnes verdannes et deux paires de poulets, et pour le tems restant dudit ascensement qui est de sept années à commencer dez le quatorze mars dernier, et sous les conditions portées par ledit ascensement, pour raison desquelles

D0CU:.1ENTS INEDITS

ladite dame ne sera tenue de faire des fossés et remuer la terre qu'au bas de chaque pièces de terre qui sont en pente ladite censé payable au même terme porté par ledit contract d'ascensement, et comme lesdits Rossiaud et Gaime ont mis du bétail et fait des outils de labourage, se sont établis et constitués lesdits Rossiaud et Gaime, lesquels de gré confessent avoir reçu de ladite dame de Varrens la somme de cent quatre-vingt-dix neuf livres, pour la vente de deux bœufs, deux vaches, un charriot, une herce, une charrue et plusieurs autres outils de labourage, à tant estimés entre lesdites parties, laquelle somme a été comptée par ladite dame, en six louis d'or millitons deux louis d'or aux deux L et cinquante livres dix sols, en livres et sols, et par lesdits Rossiaud et Gaime retirée et embourcée, au vu de moy notaire et témoins, de laquelle comme contens, ils en quittent et libèrent ladite dame, avec promesse de n'en plus faire demande ny permettre être faite aux parties, aux peines et obligations de biens

que cy après sous les conventions que venant ladite dame à être obligée de quitter lesdits biens, lesdits Rossiaud et Gaime seront tenus de reprendre les bœufs, vaches cy devant vendus ou autres qui seront substitués avec lesdits outils de labourage, au prix qu'ils seront estimés pour lors, et en payer le prix comptant, de plus il a été convenu entre lesdites parties, par rapport à la censé de l'année courante, que au moyen de l'abandon que font les dits Rossiaud et Gayme de tous les fruits desdits biens à ladite dame de Varrens, elle sera obligée ainsi qu'elle promet faire de payer ladite somme de cent seize livres un vessel de chatagnes et deux paires de poulets à la st-André prochaine, comme aussi sera tenue ladite dame de laisser en sortant ensemencé lesdites terres de deux vaisseaux de froment et quatre de seigle au moyen de quoy ladite dame promet payer ladite censé, au terme convenu, et lesdits Rossiaud et Gayme de faire jouir ladite dame desdits biens ascensés, pendant ledit tems, ainsi convenu

entre lesdites parties qui ont promis observer le contenu au présent, et de ne venir au contraire directement ny indirectement, en jugement ny dehors, à peine de tous dépens dommages intérests à l'obligation de tous leurs biens présens et avenirs qu'elles se constituent tenir, lesdits Rossiaud et Gayme sous la clause solidaire passé sous et avec toutes autres dues promissions, soumissions, renonciations et clauses requises, fait et prononcé au lieu que dessus, en présence du sieur François hébert, chirurgien major du régiment de Chablais et du sieur Jean Samuel Rodolphe Vuintzenried de Berne en Suisse, habitant en la présente ville, témoins requis, qui ont signé avec les parties, sur la minute qui contient quatre pages sur deux feuillets le présent pour le tabellion, écrit par M^ Gros à ma réquisition.

Signé Rivoire, notaire.

Cet acte, daté du 15 septembre 1737, est suivi, le 2 mars 1738, d'un autre par lequel

SUR y^ DE WAREXS

M""^ de Warens afferme, à moitié fruit, les biens ruraux qu'elle tenait elle-même à bail de Rd- Philibert Gaime et honorable François Rossiaud, en vertu du contrat précité, auquel on se réfère pour la situation et la désignation des biens. Le présent acte est inséré aux registres du Tabellion de Chambéry, folio 390 du i^"" volume de 1738, et dit que Valentin Ginet, de Bissy. le fermier de M"^^ de Warens, lequel cultivait déjà les biens, pour elle, demeurait aux Charmettes. Wintzenried y signe encore comme témoin habitant Chambéry.

ASSEXSE.AIEXT

passé par la dame Comtesse de Warens à "Valentin Ginet.

L'an mil sept cent trente huit et le second du mois de mars, à Chambéry, après midy, dans la maison du seigneur de S^ Laurent, où habite la dame comtesse de Warrens, par devant moy notaire collégié soussigné, et en présence des témoins

10 DOCUMENTS IxNEDITS

SOUS nommés, s'est personnellement établie et constituée la dite dame Françoise Louise Delatour comtesse de Warrens, fille de feu seigneur Jean-Baptiste delatour, native de Veva}^, habitante en la présente ville, laquelle, de gré, pour elle et les siens, a ascensé, ainsi que par le présent elle ascence à honorable Valentin fils de feu Joseph Ginet, natif de la paroisse de Bissy, et habitant présentement aux Charmettes, parroisse de S* Léger, icy présent et acceptant, les mêmes biens qu'elle a ascensé d'honorable François Rosseau et Philibert Gaime, par contrat du quinze septembre dernier, reçu par moy notaire, pour le tems et terme dudit contract et c'est à moitié fruit, à commencer par la presse de la présente, et tant en considération de ce que ladite dame a fait cultiver lesdits biens, et ensemencer à ses frais, les terres, aux semailles de l'année dernière, de la S* Michel, et qu'elle veut encore faire faire les semailles de Pâques prochaines à ses frais, et a nourri, depuis lesdites semailles de la S' Michel, ledit

SUR yi""^ DE WAREXS I I

Valentin Ginet et sa famille, et promet les nourrir jusques au quinze avril prochain, ledit Valentin Ginet s'oblige de donner annuellement et d'apporter en la présente ville, dans la maison de ladite dame, dix charretées de bon bois sec, à deux bœufs, tantpour les causes cy dessus, que pour les conventions faites entre les parties, ledit ascenscement passé sous les autres conditions insérées audit contract du quinze septembre dernier, et de celui cy relaté, dont lecture a été faite par moy notaire audit Valentin Ginet, et par ces mêmes présentes s'est établi ledit Valentin Ginet, lequel confesse tenir en commande, de ladite dame de Varens, deux bœufs au prix capital de cent vingt-huit livres, deux vaches au prix de quarante huit livres, onze brebis et un mouton, douze poules et un coq, aiant été convenu entre lesdites parties, par rapport aux bœufs, que ledit Ginet sera obligé de faire, pour Taccroit et profit d'iceux, le travail que lui ordonnera ladite dame en nourrissant ledit Valentin. soit ceux qui travailleront à l'égard du

12 DOCUMENTS INEDITS

fruit des vaches, comme lait et veaux, ils se partageront à mesure qu'il y en aura, et venant à nourrir, le profit sera partagé, de même que l'augmentation qu'il pourra y avoir sur lesdits bœufs et vaches, et concernant lesdits moutons, sera tenu ledit Ginet de partager annuellement l'accroit et profit d'iceux, de même que la laine en provenant, et à la fin dudit ascensement, sera tenu ledit Ginet de représenter autant de moutons et brebis qui lui sont remis, du prix de trois livres pièces, et à défaut de ladite représentation, de payer trois livres par tête desdites brebis et mouton, comm' aussi de représenter, à la fin dudit ascensement ledit bétail cy devant expliqué, de la valeur d'icelui, soit le prix d'iceux, et pour le profit desdites poules, sera tenu ledit ascensataire de payer annuellement à ladite dame de Vuarens deux douzaines d'œufs pour chaque poule, autant que ladite dame voudra les avoir, c'est à dire à mesure qu'elles les feront, et six paires de poulets payables au mois d'aoust de chaque année, et à la fin du présent de rendre

SUR -M™" DE ^YAREXS I ^

les dites poules ou la somme de six livres dix sols, sera de plus tenu ledit ascensataire, de nourrir chaque année un cochon qui lui sera remis par ladite dame ascensatrice, et qui sera partagé par moitié, en levant par ladite dame le prix qu'aura coûté ledit cochon, et à Tégard des deux qui sont actuellement dans lesdits biens il a été convenu que ledit Valentin les nourrira, et aura pour sa part le quart d'iceux. de plus a été convenu entre lesdites parties qu'il sera fourni annuellement, tant par ladite dame que par ledit Valentin, une charretée de foin de montagnole, pour l'entretien du bétail cy dessus, et comme ladite dame veut entretenir un cheval dans lesdits biens, a été convenu que moyennant trois charretées de foin du lieu de la motte, que ladite dame promet de donner annuellement audit Ginet, il sera tenu de nourrir et entretenir ledit cheval, et d'en avoir le soin, et le fumier en provenant être mis et emploie dans lesdits biens, et comme ladite dame a des outils de labourage dans lesdits biens, dont les parties ont

convenu à la somme de soixante et dix livres ainsi estimées entre eux que ledit Valentin Ginet déclare d'avoir en son pouvoir, de même que tout le bétail cy devant exprimé, et promet de représenter ladite somme de soixante et dix livres en outils de labourage, suivant l'estime qui en sera faite par experts dont les parties conviendront, ou ladite somme de soixante et dix livres, de plus sera tenu ledit ascensataire de nourrir annuellement un bouc qui sera à la disposition de ladite dame ascensatrice, et aussi a été convenu qu'il sera permis à la dite dame ascensatrice d'expulser desdits biens, ledit Valentin Ginet toutes fois et quantes que bon lui semblera, sans qu'il puisse prétendre aucun dédommagement, et de représenter ce qui a été expliqué cy devant, par rapport au bétail et outils de labourage, et de donner à ses frais à ladite dame un extrait du présent, et pour l'entière observation du présent, et à la réquisition dudit Valentin Ginet, s'est établi et constitué honorable Joseph fils de feu Claude Bourdin, natif et habitant de

SUR 31"^^ DE WAREXS I5

Montagnole lequel après avoir renoncé au bénéfice de division, ordre et discussion, s'est rendu caution dudit Ginet, et a promis observer le contenu au présent à peine de tous dépens, dommages intérests, à l'obligation de tous ses biens présents et avenirs, qu'il se constitue tenir, et ledit Valentin a promis relever sadite caution, aux mêmes peines et obligations de biens que cy devant. Ainsi convenu entre lesdites parties qui ont promis observer le contenu au présent, chacun en ce qui la concerne, et de ne venir au contraire, directement ny indirectement, en jugeiTient ny dehors, à peine de tous dépens, dommages, intérests, à l'obligation de tous leurs biens présents et avenirs, qu'elles se constituent tenir, passé sous et avec toutes autres dues promissions, obligations, soumissions, renonciations, et clauses requises et nécessaires. Fait et prononcé audit lieu que dessus, en présence du sieur Jean- Antoine Charbonel, cy devant adjoint du Consulat de Savoye, bourgeois de Chamoér}' et du sieur Jean Samuel R.odolphe Vuintzenried,

DOCUMENTS INEDITS

habitant en la présente ville, témoins requis qui ont signé avec ladite dame, non ledit Ginet pour être illitéré, de ce enquis, sur la minute qui contient quatre pages et le quart d'un autre, sur trois feuillets, Ledit Joseph Bourdin illitéré, de ce enquis. Le présent pour le tabellion, écrit par M^ Gros à ma réquisition.

Signé : Rivoire, notaire.

Jean-Jacques, au livre VI des Confessions, dit, en parlant du substitut que M™*" de Warens lui avait donné : « son économe étoit un dissipateur. Il vouloit briller ; bon cheval, bon équipage ; il aimoit à s'étaler noblement aux yeux des voisins. » Le précédent document confirme ce détail par un passage significatif : (( et comme ladite dame veut entretenirun cheval dans les dits biens,... »

Quelques jours après l'acte qui précède, M™^ de Warens fait faire, en présence des sieurs Gaime et Rossiaud, par un expert, un procès-verbal de l'état des bâtiments affermés. Il résulte de ce document, in-

SUR .m""^ de warexs 17

séré au folio 590, i^"" volume de 1738 des registres du Tabellion de Chambérs", que ces biens ne comportaient qu'un logement pour le granger à qui la baronne venait de les acenser, et qu'elle habitait, alors, à Chambéry, — dans la maison du comte de St-Laurent.

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