‹ Une poignée de fauxChapitre 19 sur 27 · LAS MORE · texte numérisé non relu

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de sa femme, tous intimément liés avec la duchesse. Enfin, 1l fut lui-même obligé de partirf.

Celui que l’honnête Sinapius appela «le plus fourbe des aumôniers ?, » se rendit à Genève, eut des discussions théologiques avec Calvin, fut exilé, et finalement redevint catholique.

En 1577, treize ans après la mort du Réformateur, notre triste apostat, passé aux gages de l’archevêque de Lyon’, conta la légende suivante, sur la façon dont Calvin fut « flestri et marqué d’un fer chaud sur l’espaule à Noyon. »

« Je puis dire cecy, pour avoir veu la ditte attestation ès mains du dit Bertelier, qui avoit esté expressément envoyé pour avoir information de la vie et mœurs et de la jeunesse du dit Calvin ; et en la dite attestation estoit contenu que le dit Calvin, pourveu d’une cure et d’une chapelle, fust surprins ou convaincu du péché de sodomie, pour lequel il fut en danger de mort par feu, comment est la commune peine de tel péché; mais que lévesque de la ditte ville, par compassion, feit modérer

1 France protestante, 2 édit., article Bolsec.

2 Calvini Opera, XNI, p. 376.

3 Voir plus haut, p. 38, note 2.

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la ditte peine en une marque de fleur de lys chaude sur l’espaule !. »

Faut-il dire que ce que Bolsec raconte de la mission de Berthelier (un des hommes politiques de Genève, grand adversaire de Calvin) est une pure invention, digne de toutes les autres plus ou moins ridicules, abominables ou invraisemblables, dont son livre est farci ? Lorsque le Conseil de Genève décidait d’envoyer quelque part une ambassade, cette décision était consignée dans le procès-verbal de la séance. Il y avait instructions, puis rapport. Or, dans toute la série des Registres du Conseil, depuis l’arrivée de Calvin à Genève (juillet 1536), jusqu’au mois d’août 1555, où Berthelier fut comdamné à mort, on ne trouve pas un seul mot relatif à la prétendue mission à Noyon.

Pas un mot dans les procès verbaux de Genève et pas un mot non plus dans les procès verbaux de Noyon. En 1598, Stapleton en avait appelé à ces prétendus procès-verbaux.

Il avait même ajouté : « Des descendants honnêtes de la famille n'avaient pu obtenir que la mémoire de ce fait füt effacée des Registres. » Le jésuite Levs (Lessius) comprit

1 Bolsec, Histoire de la vie, etc. p. 6».

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