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il responsable ?) ne sont pas du tout des produits de la Réformation; ce sont d'anciens catholiques, d'anciens prêtres, même pas très anciens. Ils étaient catholiques, moines, deux ou trois ans auparavant ; ils avaient été élevés par l'Eglise, et il ne s'étaient pas débarrassés des mœurs corrompues dans lesquelles l'Eglise de cette époque croupissait ! Voilà tout. Ge n’est pas en deux ou trois ans que des consciences aussi profondément faussées se redressent.
Ainsi Calvin parle non de ses amis, mais de ses adversaires; non d'amis ayant reçu une éducation protestante, mais d’adversaires ayant reçu une éducation catholique. Et il serait responsable de leurs vices et de leurs défauts |
Est-il possible de pousser si loin l’art du Faux ? |
Que si un pamphlétaire quelconque contestait la dépravation catholique dans laquelle ces hommes avaient grandi, nous ieur mettrions sous les yeux trois documents.
4° En 1493, donc à la fin du quinzième siècle, l’évêque de Genève, Antoine Champion, publia des Constitutions synodales. Et voici ce que nous y lisons :
€ Aujourd'hui, ce qu’il faut rapporter avec douleur, un abus pernicieux s’est enraciné (perniciosus inolevit abusus), parmi beaucoup de personnes ecclésiastiques... Quelques-unes ne rougissent pas de fréquenter les tavernes, les étuves, les festins, les lieux suspects, les jeux, les danses, les foires, les chasses défendues... »
Après quoi les Constitutions synodales ! passent en revue chaque catégorie de prêtres, et il y en a de curieuses ; par exemple, ceux qui commettent de graves indécences dans les cérémonies funèbres ?.
20 Cette honteuse dépravation n’est pas surprenante, quand on pense à la dépravation non moins honteuse des évêques qui s'étaient succédé sur lé siège de Genève, au mépris des lois ecclésiastiques et morales. Aussi la sœur de Jussie, du couvent de Sainte-Claire, à (renève, non seulement ultra-catholique, mais ultra-fanatique, parlant en témoin oculaire, écrivait : QIl est bien vray que les prélats et
1 Voir : Constitutiones synodales episcopatus Gebennensis,
1493; f. 2. | 2 Malheureusement la traduction de Gaberel, Histoire de Genève, I, p. 58, est amplifiée et très inexacte,