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Deux témoins catholiques.
Et cependant nous voulons terminer cet opuscule, et toute cette polémique, à laquelle on nous contraint, par des paroles iréniques et par un hommage à l’impartialité de deux savants, dont le catholicisme n’est pas suspect. Le premier est le. jésuite Maimbourg. Il à écrit sur le sujet qui nous occupe une page modérée, et il a déclaré que la mort de Calvin était due à l’asthme et à la « fièvre étique. »
« Après avoir esté fort tourmenté les sept dernières années de sa vie de plusieurs grièves maladies, qui ne Iluy donnoient guères de relasche, il mourut enfin de son asme, et d’une fièvre étique, en sa cinquante-sixième année, le vingt-septième de may 1564, à Genève...
Théodore de Bèze, et les écrivains huguenots après luy, disent qu’il expira paisiblement, én louant Dieu. Les autres au contraire, et mesme quelques luthériens asseurent qu’il mourut en désespéré, jurant et blasphémant le nom de Dieu, invoquant les Démons avec d’horribles
imprécations, et maudissant sa vie et ses écrits. Pour moy, qui hay l’exagération, surtout en l’histoire, qui ne la doit jamais souffrir, je diray franchement qu'après avoir leu les écrits de ces gens-là, qui ont extrêmement de l'air du panégyrique ou de la satyre, je ne défère ni aux uns ni aux autres, voyant clairement que la passion leur en fait dire ou sûr de bien, où trop de mal. J’ajouste mesme à cela, pour montrer que je suis sincère, et que la haine que j'ay pour l’hérésie ne m’empesche pas de rendre justice aux hérétiques, que je veux bien ne pas croire ce qu’on dit communément, qu'il fut en sa jeunesse fustigé et eut la fleur de lys pour un crime infâme et détestable!, »
Bien supérieur encore au P. Maimbourg, supérieur en science et en impartialité, s’est montré tout récemment le Dr Paulus ?. Il a eu le courage de se prononcer, et nettement, pour la vérité.
«On connaît assez le sombre récit que Jérôme Bolsec fit, quelques années après, dans sa biographie de Calvin, de la mort de son adversaire détesté. Mais un savant impartial (unparteischer Forscher) se gardera (wird sich
1 Maimbourg, Histoire du calvinisme, 1682, p. a a 2 Voir ci-dessus, p. 89.
hüten) d'ajouter foi aux affirmations sans preuves (unerwiesenen) de cet homme passionné (des leidenschaftlichen Mannes).
» Il est vrai que Jean Haren déclara aussi que Calvin était mort dans le désespoir, « ce » que je puis en vérité soutenir, parce que » J'étais présent, et que mes veux ont été té- » moins de sa mort. »
» Mais Franciscus Junius répliqua immédiatement qu'il n’était pas vrai que Haren eüt été témoin oculaire de la mort de Calvin.
» Et en vérité, qui connaît un peu le caractère équivoque (zweideutigen) de Haren, qui sait que, après avoir été déposé de sa charge de pasteur réformé, en 1584, par le Synode de Delft, et excommunié, à cause de ses agissements politiques, il passa l’année suivante à l'Eglise catholique, et, quelques années après, revint publiquement au calvinisme, — celui-là saura apprécier à leur vraie valeur (nach ihrem wahren Werth) les dires de cet homme inconstant!.»
Déjà dans cet opuscule, p. 49, le Dr Paulus
.1 Ludwig Pastor, Erläulerungen und Ergänzungen zu Janssens Geschichte des deutschen Volkes, 1. Band, 1. Heft, Dr Nikolaus Paulus, ZLuther’s Lebensende, eine kritische Untersuchung, 1898. |
“Done
avait fait observer que l’évêque de Strasbourg, Räss, avait, à tort, révoqué en doute le retour de Haren au protestantisme. Il a pris la peine de revenir sur ce sujet dans une Revue catholique, publiée à Mayence, par le chanoine de la cathédrale et conseiller ecclésiastique Raich f. Nous voilà en une compagnie qui ne sent pas le fagot, seront obligés d’avouer même les Audin et les Renauld.
Dans cet article, le Dr Paulus, que le directeur, de la Revue, le chanoine et conseiller Raich, appelle un homme «versé comme pas un autre dans la littérature allemande du seizième siècle?,» donne les preuves du retour de Haren au protestantisme, d’après l’ouvrage
1 Zeitschrift für katholische Wissenschaft und kirchliches Leben, herausgegeben von Dr Johann Mich. Raich, Domkapi- , tular und geistlicher Rath in Mainz, 1898. 78. Jahrgang. F, p. 575-176, XV. Miscelle, R
2 Jbid., p. 371. Dans un article sur Luther’s Lebensende, eine kritische Untersuchung, von Dr N. Paulus, le chanoine et conseiller Raich déclare que le Dr Paulus a montré jusqu’à l’évidence que les bruits du suicide de Luther étaient une invention. (Weist das Gerücht von Luther’s Selbstmord bis zur Evidenz als Erdichtung nach.) Et il termine, en disant qu’il espère que ce sera pour toujours, la fin de, la chasse à l’anecdote, sur ce point. (Hoffentlich ist durch diese kritische Untersuchung die kritiklose Anecdotenjägerei, in dieser Frage, für immer abgethan.)
de F.-W. Cuno, et la Biographie nationale de di:
Belgique (tome VIII, Bruxelles, 1884, p. 723). (Celles que nous avons données, plus haut, p. 69-72, sont plus nombreuses et plus topiques encore.) Il termine en disant : € Aujourd’hui, ce fait, attesté par des documents tirés des archives (urkundliche Belege) ne peut plus être mis en doute » (nicht mehr in Zweifel gezogen werden).