LE CHEMIN DE FER DE TANGER A FEZ
merciale se garderaient d’observer pareille attitude et n’hésiteraient pas à déployer sans tarder tout l’efiort nécessaire pour faire tourner à leur profit l’intérêt primordial qu’emprunte la ville de Tanger à sa position géographique unique, à son accès maritime toujours aisé et à son activité jamais in< terrompue.
La construction à Tanger d’un port pourvu de l’outillage moderne apparaît évidemment comme le complément indispensable de la voie ferrée Tanger- Fez. Cette nécessité n’avait d’ailleurs pas échappé à la Commission technique constituée en 1912 parle Gouvernement français pour examiner les conditions d’établissements maritimes sur les côtes du Maroc.
Un tel aménagement n’aura pas seulement le mérite de doter le raiiway d’une tête de ligne d’une incomparable vitalité ; il donnera, en outre, le moyen de « décongestionner » les ports de la côte atlantique. Il permettra de plus d’assurer avec le transport rapide des voyageurs le service des courriers postaux quotidiens avec le Maroc.
Livrée au seul jeu des forces économiques, nul doute que Tanger ne fût devenue port français. L’importance des intérêts qu’y possède d’ores et déjà la France suflfirait, en tout état de cause, pour lui tracer le rôle qu’il lui appartient de jouer.
La valeur du commerce qu’elle y effectue dépasse iO millions 1/2 ; le pourcentage français du com- Lücibn Hubert 15
POLITIQUE MAROCAINE
nierce total est de 41 0/0, supérieur à celui même de l’Angleterre. Enfin dans ce port, qui bénéficie de la moitié de la fréquentation maritime totale du Maroc, le pavillon français est représenté, tant pour le nombre des navires qne pour le tonnage de jauge, plus que dans tous les autres ports du Maroc.
Aussi est-il vrai de dire que Tanger est restée, en dépit des circonstances contraires, le second port français de l’empire chérifien.
L’on ne saurait négliger davantage l’appoint considérable des propriétés françaises de la ville. Il représente, pour les immeubles, environ 12 millions, soit 40 0/0 du total des bâtiments européens, et pour les terrains à bâtir, une valeur supérieure à 30 millions.
Il faut ajouter à cela un grand nombre de maisons de commerce et d’entreprises françaises.
Parmi les grands établissements publics français on peut mentionner, en outre de la résidence de France, rhôpital français qui va être prochainement agrandi et représentera une valeur de plus de 500.000 francs ; l'institut Pasteur, le collège français, plusieurs écoles primaires et secondaires pour filles et garçons, un dispensaire, une mission scientifique, et enfin la poste française.
La simple énumération des grands services publics suffit à faire apparaître la part prépondérante de l'élément français.