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LE CHEMIN UE FER DE TANCER A FEZ

liettres échangées entre ill. de lülderlen-Waechtert Secrétaire d’Etat des Affaires étrangères de i’Empire d’Aiiemagne et M. Jules Cambon, ambassadeur de la République française à Berlin.

Berlin, le 4 novembre 1911.

M. de Kiderlen-Waechter,

à M. Jules Cambon.

.... (Le Gouvernement allemand) ; . . .

Il compte également que la mise en adjudication du chemin de fer de Tanger à Fez, qui intéresse toutes les nations, ne sera pas primée par la mise en adjudication des travaux d’un autre chemin de fer marocain...

Convention franco-espagnole du 97 novembre 191 9.

Abticlb frbuibr

Le Gouvernement de Sa Majesté le roi d’Espagne veillera à l’observation des traités et spécialement des clauses économiques et commerciales insérées dans l’accord franco-allemand du 4 novembre 1911.

Article 6

Afin d’assurer le libre passage du détroit de Gibraltar, les deux Gouvernements conviennent de ne pas laisser

POLITIQUE MAROCAIISE

élever de fortifications et d’ouvrages stratégiques quelconques sur la partie de la côte marocaine visée par rar^* ticle 7 de la déclaration franco-anglaise du 8 avril 1904 et par l'article 14 de la convention franco-espagnole du 3 octobre de la môme année et comprise dans les sphères d’influence respectives.

Article 7

La ville de Tanger et sa banlieue seront dotées d’un régime spécial qui sera déterminé ultérieurement ; elles formeront une zone comprise dans les limites décrites ciaprès :

Partant de Punta-Altares sur la côte sud du détroit de Gibraltar, la frontière se dirigea en ligne droite sur la crête du Djebel Beni-Meyimel, laissant à Touest le village appelé Dxar-ez-Zeitun» et suivra ensuite la ligne des limites entre le Fahs d’un côté et les tribus de l’Anjera et de Oued Ras de l’autre côté jusqu’à la rencontre de l’ouest Es-Seghir. De là, la frontière suivra le thalweg de l’ouest Es-Seggir, puis ceux des oueds M’harhar et Tzahadartz jusqu’à la mer.

Le tout conformément au tracé indiqué sur la carte de l’état-major espagnol qui a pour titre : « Croquis del Imperio de Mar uecos » à l’échelle de 1/100.000®, édition de 1906.

La situation faite à la France par les accords in* ternationaux en ce qui concerne Tanger ne saurait

LE chemin OE fer DE TANGER A FEZ

à aucun degré nous autoriser à nous désintéresser de l’avenir de ce port.

Le rôle d’ordre politique, administratif et financier que nous sommes, de par ces traités, en droit d’y exercer, la prééminence économique dont nous y jouissons, la situation exceptionnelle qui en fait un « lieu souverain », tout commande à notre pays de participer au rôle mondial auquel est appelé Tanger, « ville angulaire du continent d’Afrique».

On sait combien, en dépit des actes internationaux divisant politiquement l’empire chérifien en trois compartiments : zone française, zone espagnole, zone tangéroise, le Maroc est demeuré, au point de vue géographique et ethnique, un tout, dont Tanger reste la porte naturelle. De Fez à Oran la distance est de 550 kilomètres et de 350 kilomètres de Fez à Nemours ; elle est de 250 kilomètres à peine de Fez à Tanger : toute la région orientale et septentrionale du Maroc ne saurait avoir, de longtemps, d’autre débouché que Tanger.

Ainsi que s’est attaché à le démontrer récemment dans la Revue des Sciences M. Georges Porché, ingénieur en chef des ponts et chaussées au Maroc, il ne paraît pas y avoir lieu de redouter les effets d’une concurrence fâcheuse de la part de Tanger à l’égard tant des ports marocains de l’Atlantique que de ceux de l’Algérie : les distances qui les séparent, d’une part ; de l’autre, la différenciation des besoins

POLITIQUE MAROC AINE

auquel répond chacun d’eux en particulier, permettent plutôt d’envisager leur rôle sous l’aspect d’une » collaboration », les uns, ceux de l’Atlantique, étant destinés à tirer leur trafic de l’exportation, Tanger étant appelée de son côté à devenir principalement un grand port d’importation.

Cette manière devoir apparait frappante en ce qui concerne le port de Casablanca lui-même, alimenté il est vrai jusqu’à présent par les importations, mais dont l’orientation commerciale, rendue factice par suite des transports de troupes et d’immigrants dont il a bénéficié, est de nature à se modifier à mesure que le trafic y revêtira un caractère plus normal et que les voies de communication y feront converger les produits des régions voisines.

L’avenir ne paraît pas par contre devoir faire de Tanger un port d’exportation. Les produits lourds — céréales et minerais — qui constitueront en majeure partie le trafic marocain à la sortie en seront écartés par suite des tarifs élevés du transport par voie ferrée et se porteront vers les ports atlantiques les plus rapprochés. Pour la même raison, ces ports continueront à importeries produits pauvres et pondéreux venus d’Europe, tels que les matériaux de construction.

Aussi bien, il ne dépend pas de la France de disposer des possibilités économiques de Tanger. Y resterait elle inactive que ses rivaux en matière com-

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