‹ Une poule mouilléeChapitre 19 sur 37 · ERNEST. ÉLISA · texte numérisé non relu

ERNEST. ÉLISA

ÉLISA. Il n'est plus temps!... il ne le rattrapera pas!...

ERNEST, riant. Mais quel est donc cet homme

qui le prenait pour ma tante lia ! ha! ha! et

qui court après lui!...

ÉLISA. Le voyageur à qui il a donné un soufflet.

ERNEST. Ah bah!

ÉLISA. Et qui venait ici pour lui en demander raison.

ERNEST. Ah! j'y suis.

ÉLISA. Un spadassin qui voulait se battre à l'épée, au pistolet, au sabre!...

ERNEST. Mais il a raison !.. et Berneret se cache! et il se sauve!

ÉLISA. Mais, je crois bien... pauvre chéri ! j'en tremble encore! si vous saviez... il était là, seul avec moi, à crier, àfnire des menaces!...

ERNEST. Et Berneret !

ÉLISA. Il se cachait dans la cheminée!..

ERNEST. Et il se déguise en femme...

ÉLISA. Mais pour me tirer d'embarras .. j'avais

1 Er. B. C.

2 Er. El. C.

3 El. Er. C.

i El. C. Er.

o El. Er.

beau lui dire à ce boule-dogue que j*étai3 veuve., il n'en était que plus acharné!., il voulait m'épouser en secondes noces.

ERNEST. L'insolent!

ÉLISA. Il me prenait la taille.

ERNEST. Le gredin !

ÉLISA. Il voulait m'embrasser!

ERNEST. Et Berneret?..

ÉLisA. C'est alors qu'il a paru en tanleRobichon, pour me protéger!

ERNEST Voilà tout!

ÉLISA. C'était bien assez !

ERNEST.. Assez! pour un butor qui a serré dans ses bras cette taille que je n'ose pas presser dans les miens ! (// l'entoure de ses bras.)

ÉLISA. Mais, mon cousin!

ERNEST. Assez! pour un drôle qui vous a volé ce baiser que je n'ai jamais osé vous prendre !.... (// lui baise la main.)

ÉLISA, lui échappant. Vous, mon cousin (1)!

ERNEST. Assez!., mais, à sa place, je l'aurais assommé.

ÉLISA. Un capitaine de pompiers!

ERNEST. Ou je lui aurais dit.... à l'épée, au pistolet, au mètre... ça m'est égal !..

I LisA. Comme vous y allez !

ERNEST. J'y \ais ferme!., l'amour me donnerait du courage, si j'en manquais comme votre poltron de mari.

ÉLISA. Poltron ! poltron! puisque c'est moi qui lui défends de se battre!

ERNEST. S'il vous aimait, il ne vous écouterait pas!... et vous, ma cousine, vous qui avez du cœur, car vous avez du cœur !

ÉLISA. Dame ! je crois que oui !

ERNEST. Je suis sûr que vous sentez là, malgré vous, qu'un mari qui se cache dans une cheminée, sous des jupons, n'est pas un homme!....

ÉLISA. Écoutez donc... s'il a peur !

ERNEST. Peur! peur! mais, à vos yeux qui brillent, je suis sûr

ÉLISA. Eh bien ! oui, là!., vous me montez la tôle, vous me faites battre le cœur!... oui, c'est vrai, quand il s'est sauvé tout à l'heure, ça m'a fait de la peine!..

ERNEST. Voyez-vous ! voyez-vous !

ÉLISA. J'étais bien aise qu'il ne sebattUpas, et pourtant...

EHNKST. Vous auriez voulu qu'il se battit.

ÉLISA. C'est-à-dire...

ERNEST. S'il s'était montré un peu crânement!.,

KLISA. Ça m'aurait fait plaisir!

ERNEST. Vous seriez fièro de lui!., on ne possède bien que ce qu'on sait défendre !

ÉLISA. N'est-ce pas'?., mais s'il était revenu blessé!...

4 Er. El.

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