SCÈNE XVII
conioLAN, l'apercevant par derrière. Ah!... le voici!
MADF.Moisr.LLE noBiciioN , regardant le bol sur la table. Juslo ! le bol !..
CORIOLAN, venant à elle par derrière. Ah ! vous dites que vous êtes une femme, vous ! {Il la prend parle haut de son fichu.)
MADEMOISELLE ROBICUON. BOIîlé du Ciel !
CORIOLAN, la secouant. Ah ! Ui ne m"6chapperas pas. (Le fichu lui reste entre les mains.)
MADEMOISELLE ROBicHON, le chargeant à coups de pied et à coups de poing. Insolent! butor!
CORIOLAN, laissant tomber ses armes. Tu me tapes, gredin! tu me...
MADEMOISELLE ROBICHON. Ah ! tu m'as décolletée, libertin !
LE PÈRE GIBBON, riant. Ah! bien! ah! bon!
CORIOLAN, tirant la robe par le haut. Ah! tu me donnes des coups de poing, toi!
ÉLiSA, entrant. 0 ciel!
MADEMOISELLE ROBICHON, Continuant d le battre. Ne me déshabille pas, ou je t'assomme.
ERNEST, accourant. Qu'est-ce que c'est?...
CORIOLAN, assommé. Mais retenez-le!... retenez-le!
ÉLISA ET ERNEST, la retenant (1). Ma tante!
MADEMOISELLE ROBICHON, sc débattant. Non, laissez-moi, que je l'achève !...
CORIOLAN. Une femme!... c'en est une!
LE PÈRE GIBBON. Elle 3 du zing la vieille!
ERNEST. Monsieur, vous avez insulté ma tante, vous m'en rendrez raison !
MADEMOISELLE ROBICHON. C'cst inutile ! SOU affaire est faite.
ÉLisA. Ma pauvre tante!... votre fichu... votre robe... dans quel état!...
MADEMOISELLE ROBICHON. Mettre la main sur une demoiselle!... sur une faible femme!... savoyard ! {Elle va pour lui allonger un coup.)
ERNEST, la retenant. De grâce !
CORIOLAN. Je n'en reviens pas!... et je vous demande excuse d'une erreur... mais ce M. Berneret qui s'était sauvé en femme!
MADEMOISELLE ROBICHON. Ce n'est pas vrai !
CORIOLAN. Un démenti!...
ERNEST, bas. Je prends tout sur moi!
ÉLISA. Vous voyez bien que nous sommes en famille! je vous demande un peu, de quel droit un marchand de confitures vient faire un pareil scandale chez nous.
MADEMOISELLE ROBICHON. Un marchand de confitures!... ah! ah! ah!
LE PÈRE GIBBON Voilà votre ferraille!
CORIOLAN. Riez! riez! Madame, non, je ne par-
\ El. mademoiselle R. Er. C. (i,
tirai pas que jo n'aie relroavô le chenapan an soufflet.
MADEMOISELLE ROBICHON. Eh! rends-lui son soufllet, et qu'il parte !
LE PÈRE GIBBON. C'cst Ça, donnant donnant !
CORIOLAN. Comment! me le rendre!...
ÉLISA. Mais il l'a!
MADEMOISELLE ROBICHON. Eh bien! alors...
qu'est-ce qu'il demande?...
CORIOLAN. Mais celui qui mo l'a donné...
ERNEST, bas. C'est moi, Monsieur.
CORIOLAN. Vous!
ÉLISA. Mon cousin (1)!
ERNEST. Ne faites pas attention, Élisa, c'est une petite explication que je veux avoir avec Monsieur... {Bas, à Coriolan.) El \e lui apprendrai qu'on ne chagrine pas des femmes impunément, quand il y a près d'elles un homme pour les défendre.
CORIOLAN. Eh bien ! tout de suite...
Air : Plus d'ami, de mattresse.
Hâtez-vous ! je vous somme De ne pas reculer!
Enfin, j'ai donc un homme A qui je peux parler !
ERNEST
Ah ! vous allez voir comme Moi je vais vous parler!
Et vous n'êtes pas homme A me faire trembler !