‹ Une poule mouilléeChapitre 22 sur 37 · LAN · texte numérisé non relu

LAN

( Berneret a des vêtements grossiers et trop

courts, et une casquette. Il entre vivement en

courant (2).

LE PÈRE GIBBON, SB retoumant. Hein!

BERNERET. Chut î

LE PÈRE GIBBON. MODSleur!

BERNERET. Ah!

LE PÈBE GIBBON. Quoi?

BERNERET, prenant le bouillon. Un bouillon!

LE PÈRE GIBBON. PoUr la vieille.

BERNERET, le buvant. Ah! saprelolte! je me suis brûlé.

LE PÈRE GIBBON. Il est bouillant !

BERNERET, le soufflant. Allez à votre loge, père Gibbon... et quiconque me demandera... quand on se flatterait de m'apporler l'héritage du Grand Turc, auquel je n'ai aucun droit, je n'y suis pas, je n'y suis pour personne... allez (3)! (Il achève de boire.)

LE PÈRE GIBBON. Mais, Seigneur Dicu! qu'est-ce que vous avez sur le corps? on dirait que vous ne tenez pas dedans !

BERNERET. C'cst la défroquc d'un de vos confrères, habit, veste et culotte!... des habits de

\ Er. mademoiselle R- £1. G.

portier!., mais cet imbécile d'Ernesl qui n'était pas chez lui ! et ma citadine qui était partie. J'entre chez ce concierge... Qu'est-ce que vous voulez, Madame !.. il m 3 prenait pour une femme ! Je monte dans sa soupente, il me suit... j'ôle mon chapeau... j'ôte ma guimpe, j'ôte ma robe, j'ôte mon jupon... cet homme ouvrait des yeux comme sa porte cochère... « Eh! vite, je suis poursuivi pour politique, que je lui dis... » et je décroche ses hardes, qui étaient au clou, pour me mettre dedans... Je me fourre dans le costume le plus propre... qu'est-ce qu'il fait donc avec les autres, grandsdieux !.. mais tout à coup j'entends la voix de ce chacal acharné après moi, il avait suivi ma voiture de loin, le brigand! Le concierge, un brave homme, qui croyait sauver un grand personnage, le promène dans la maison....

il me cherchait dans l'écurie!., dans l'écurie!

j'y cours , je donne un tour de clé, je les renferme tous les deux, et me voilà, en chaussons d© lisière (1) !

LE PÈRE GIBBON. En voi!à uuo histoirc!

BERNERET. Je viens chercher ma femme et mes bottes, pour aller plus loin... ah ! c'est ça... je les tiens ! [Il ramasse ses bottes.) Je vais les mettre. (Se laissant tomber sur une chaise.) Mais je n'ai plus de jambes!

LE PÈRE GIBBON. Je dosconds à ma loge, et je dirai...

BERNERET. Quc je n'y suis pas. (Gibbon va au fond.)

coRioLAN, en dehors, criant. Vous l'avez vu, c'est ça!

BERNERET, bondissont. Ah !

LE PÈRE GIBBON. C'cSt lui!

BERNERET, couvant ovcc ses bottes. Fermez la porte !

LE PÈRE GIBBON. Il n'y a plus de serrure !.. {H sort.)

BERNERET. C'cstégal!.. (Courant vers la porte de la chambre.) Par ici, non ! (Courant à la cuisine.) Par là, non !..

LE PÈRE GIBBON, 671 dehors. Mais, Monsieur....

BERNERET. MaiS OÙ?

CORIOLAN, auec des épées et des pistolets. J'entrerai !.. (// culbute Gibbon , qui rentre en scène. Berneret se jette sous la table à droite.)

LE PÈRE GIBBON. Je VOUS dis qu'il n'y est pas!

CORIOLAN, le prenant au collet. Je te dis que si!

LE PÈRE GIBBON. Je VOUS dis que non !

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