SCÈNE YI
CORIOLAN. Où est-il? (Donnant sa carte.) Voici ma carte, donnez-la-lui, ei qu'il vienne! qu'il sorte! Je l'attends à l'épée, au sabre, au pistolet.
ÉLiSA, prenant la carte. Mais qui.'
CORIOLAN. Mais cethommo... ce...
ÉLISA. Je ne connais pas d'homme !
CORIOLAN. Ah! bah!
ÉLISA. Je suis seule, comme vous voyez Je
n'ai ni frère, ni mari, ni père... ni rien du tout !
CORIOLAN. Ah! c'est que je me trompe... excusez!... On m'avait dit ; mais je le trouverai!... je veux sa tête ! il me faut sa tête l... (Il se précipite dans la chambre a gauche.)
ÉLISA. Mais, Monsieur... mais, Monsieur... ce n'est pas là!... arrêtez... il y est! ah! mon Dieu! qu'est-ce qu'il va arriver !... Je n'ai plus de jambes. (Elle chancelle.)
CORIOLAN, doNs la chambre. Ah! sacrebleu!
ÉLISA. Il le tient! (Courant à la chambre.) Monsieur (1)...
CORIOLAN, reparaissant. Mais c'est un fond de sac que cette chambre ! il n'y a qu'une fenêtre et un lit, pas moyen de sortir.
ÉLISA, lui montrant le fond. Mais voici la porte, Monsieur.
CORIOLAN. Ah! merci!... mes excuses de rechef et en réitérant... Je vais le trouver, le gredin... et je le mettrai en pièces comme ce fauteuil!..... (Il jette le fauteuil par terre.)
ÉLiSA. Mais...
CORIOLAN. Adieu, Madame, adieu! (Il sort.)