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<i Itncine, par l'ordre de madame de Mainlcnon, fait un opéra dont le sujet est Esther et AssuéTus. 11 sera chanté et récité par les petites filles de Saint-Cyr. Tout no sera pas en musique. »
Ainsi s'exprime Dangean, dans son « Journal », le IHaoftt i088,et, aicettedÉnominationd'opf'iaestinexacte, elle prouve du moins quelle importance, de l'avis de, tous, devait avoir la musique de Moreau dans la représentation d'Enther. Madame de Maintenon n'avait-elle pas simplement demandé h Racine « un poème moral oh le chant fûl m6Ié avec les paroles » î
Sous le titre de Racine et la musique, M. Adolphe Jnllien a donné, dans ta Gttzett<^ musicale de i878, une suite d'articles que pourront consulter ceux de mes lecteurs qui désireraient se rendre compte de l'effet produit originairement par les vers de Racine unis au^i mélodies de Moreau.
L'appréciation du Mercure de France fut si singulière, que nous ne pouvons résister au désir d'en citer un fragment: «Il y a dans celle pièce, dit le rédacteur du Mercuvu, des chœurs qni sont d'une grande beauté et fort utiles aux personnes qui prennent le parti do lalleligion.
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puisqu'elles apprennent par là à chanter, ce qui est très nécessaire dans les couvents». Oane se serait pas attendu à cette conclusion pratique.
On sait quel succès obtint Esther à Saint-Cyr ; Madame de Sévigné Ta raconté dans une lettre célèbre. Racine avait fait des jeunes pensionnaires d'excellentes actrices; on trouva qu'elles jouaient trop bien. Plus tard on fit moins d'efforts et Athalie n'eut pas le sort qu'elle méritait.
27 janvier 1736. — Théâtre-Français: ALZIRE, tragédie en cinq actes, de Voltaire.
La représentation de cette tragédie célèbre donna lieu à une querelle littéraire analogue à celle qu'avait soulevée, quarante ans auparavant, l'apparition du Joueur, de Regnard.
Dufresny avait accusé Regnard de s'être servi du manuscrit d'une comédie qu'il lui avait communiquée, pour écrire la sienne.
De même Lefranc de Pompignan se plaignit que Voltaire se fût inspiré, en écrivant Alzire, d'une tragédie qu'il lui avait confiée pour qu'il lui en dît son sentiment.
« Je souhaiterais qu'Alzire fûtenefl'et de M. Lefranc », dit un homme d'esprit. Et, comme on lui demandait pourquoi : « C'est, reprit-il, que nous aurions ainsi deux bons poètes au lieu d'un ! »
28 Janvier 1830. — Opéra-Comique : FRA DIAVOLO ou L'AUBERGE DE TERRACINE, opéra-comique en trois actes, paroles de Scribe, musique d'Auber.
Quelques vieux amateurs seuls se souviennent que ce second titre de V Auberge de Terracine fut celui sous le-
quelfutaffîchée, le jour de la première représentation, l'œuvre charmante de Scribe ot d'Auber.
Aux répétitions, le nouvel opéra-comique s'était appelé successivement Zerline et Fra Diavolo; mais on avait renoncé à ce dernier titre, pour éviter une similitude de nom avec un Fra Diavolo de Cuveller, joué au Cirque Olympique. On y revint bienlôL, et l'on fit bien.
Fra Diavolo a mis à la mode un type de héros d'opéracomique parfaitement ridicule, mais dont le public s'est entiché pendant de longues années ; la séduction de ce brigand distingué et galant avait été telle, que Mélesville s'empressa de le prendre pour modèle de son Zampa; Scribe etAuber s'inspirèrent eux-mêmes de leur première création en écrivant la Sirène et Marco Spada que, par parenthèse, on s'amusa h appeler Fra Domino ou les Diamants de la sirène, à cause des nombreux emprunts que les auteurs y avaient faits h leurs précédents ouvrages.
Un des derniers représentants de cette famille de brigands gentlemen est le José Maria de M. Jules Cohen, dont la première apparition en public, le i6 juillet 1866, fut l'occasion, précisément en l'honneur de l'auteur de Fra Diavolo, d'une démonstration touchante.
A un certain moment, le ténor Monta ubry prenait sur une table deux volumes dont il Usait t haute voix les lUres: Fia Diavolo, Zampa. A ces mots soulignés par une double salve d'applaudissements, tous les regards se tournèrent vers une loge où se trouvait Auber, que parut vivement toucher cette ovation inattendue et si méritée.
29 Janvier 1873. —Ambigu: LISE TA VERNIER, drame en cinq actes et sept tableaux, par Alphonse Daudet,
Parmi les nombreux dîners artistiques et littéraires que Ton compte à Paris, il en est un auquel ne sont admis que les auteurs siffles : — ce n'est pas celui qui réunit le moins d'hommes de talent ; — M. Alphonse Daudet y est convié de droit, grâce h Lise Tavernier,
Sans pitié, en effet, pour l'auteur des Amoureuses, de la Dernière Idole, et du Petit Chose, le public siffla vertement ce drame dont la presse rendit compte avec une inflexible sévérité.
M. Alphonse Daudet avait eu tort évidemment de prendre cette fois pour modèle nos dramaturges du boulevard et d'emprunter son dénouement h Rocambole, Le cadre otr se déroukit l'action peu intéressante et trop noire de LweTar#>rn«>r avait cependant un certain attrait pittoresque, et la flgure de Théroïne^ « la défroquée », qui n'a pas su mourir avec ses sœurs pendant la Révolution, et que poursuivent partout le mépris et la haine, était ass^z vigoureusement dessinée.
Lorsque, à la fin du dernier acte, Tacteur Clément Jost vint, selon l'usage, nommer l'auteur du drame nouveau, une voix gouailleuse, partie des hauteurs du paradis, s'écria : <c Qu'il n'en fasse plus! »
L'auteur de VArlésienne, du Xabab et de Xuma /?owmesttxfiy ne regrette pas aujourd'hui, j'imagine, de n*avoir pas suivi ce conseil !
30 Janvier 183C. — r.vmnase: LE GAML\ DE PAHIS,
comt^die-Tiiudeville en deux actes, de Bavard et Vanderburch.
Bouffé avait trente-six ansdéj;\ et relevait dune grave maladie, lorsqu'il créa ce rùle à double face d'un gamin pirouettant, gambadant pendant le premier acte, puis, au second, tenant télé au général Morin, donnant à
sa sœur la baronne une leçon bien sentie, et obligeant son fils à épouser la grisette qu'il a séiluite.
La pi&ce n'avait pas été terminée et reçue sans difficulté.
A Vanderburch appartenait l'idée première ; à Bouffé' celle de quelques détails épiâodiques, par exemple la scène célèbre où Joseph raconte, tout en jouant à la toupie, le sauvetage de l'otifant qu'il a tiré du canal Saint- Martin. Mais le second acte ne " venait » paa, comme on dit au théâtre ; Bayard Se termina et la pièce étant mise au point, il la fit recevoir non sans difficulté par le directeur du Gymnase, Poirson, qui décidément manquait de Oair, puisqu'il avaiidéjà, nous l'avons dit, railli refuser la l'ille de VA uare.
Le succès fut immense, et, pour la première fois, raconte Bouffé, dont l'assertion nous parait toutefois sujette à caution, on vit une pièce obtenir cent représentations consécutives. Aussi, à l'occasion de la centième, Poirson fit-il frapper un certain nombre de médailles qu'il distribua, après s'en être réservé une, aux auleurs et interprètes, Bouffé, Ferville, Klein, M'"" Eugénie Sauvage et Julienne.
Si Janvier 1686. — ïl lû il tre- Français : l.'IIOMME A BONNES FORTUNES, conniilie en cinq actes, par Baron.
Une idée longtemps caressée par M. Edouard Tbierry, durant sa brillante et si littéraire gestion de la Comédie- Française, avait été de nous rendre L'Homme à bonnes fortunes, ce « Parisien » d'il y a deux cents ans,
La pièce est spirituelle, amusante, et présente un tableau piquantdes mœurs, — des mauvaises mteurs, si l'on veut — de ce temps-lù. Malheureusement, une difficulté