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Affaires étrangères, Rome, vol. CCXXI, p

440 UNE PRINCESSE ROMAINE AU XVIIe SIÈCLE.

lettres qui lui apprenaient l'arrivée de madame sa femme et sa résolution de ne pas revenir. Il a su aussi qu'il avait paru un ordre de Sa Majesté à Marseille ou à Aix pour favoriser son voyage. Ce qui le fâche davantage, c'est que madame sa femme a fait entendre à Saint-Simon, gentilhomme de M. le cardinal Altieri, qu'il lui avait envoyé, les craintes qui l'avaient pressée de partir ; il m'est venu voir et s'est fort animé en cette occasion ; il a dit qu'il mourrait de déplaisir si Sa Majesté pouvait en être persuadée. Je lui ai fait comprendre que sa femme ne pouvait revenir de sitôt, ni que Sa Majesté ne pouvait lui refuser quelque protection... »

« Le plus grand plaisir qu'on pourrait faire au connétable serait de contribuer à faire suivre une règle austère à sa femme, c'est-à-dire de la faire entrer dans un couvent, ce tempérament est ce qu'il souhaite le plus. »

D'autre part, les lettres que le prince adressait à Saint-Simon contenaient « les ordres les plus précis pour détruire sa femme dans l'esprit du roi » par tous les moyens et surtout en donnant à entendre que le zèle du chevalier de Lorraine pour défendre les intérêts de Marie prenait sa source dans un sentiment payé de retour. Tout cela était fort habilement mené et ne pouvait manquer de réussir dans une certaine mesure. M. de Pom-

ponne, très favorable au fond, à la princesse Golonna cherchait à se renseigner de tous côtés pour se rendre compte de la valeur réelle de ses griefs contre son mari. Le cardinal deBonsy, archevêque d'Aix, auquel il s'était adressé et qui l'avait tenu fort au courant du voyage des deux sœurs, lui écrit * :

Montpellier, le 23 juillet 1672.

« Je vous envoie deux lettres, Monsieur, que j'ai reçues depuis que je me suis donné l'honneur de vous envoyer la relation des aventures de mesdames Golonna et Mazarin. La première, à ce que j'apprends, a tâché de justifier, en ce pays-ci, sa fuite, sur la vie scandaleuse et débauchée de M. le connétable qu'elle ne pouvait plus supporter, comme elle faisait auparavant, parce qu'elle connaissait qu'il ne l'aimait plus de même; et de la manière qu'elle s'est expliquée, il n'y a pas lieu de croire qu'elle s'en retourne à Rome, à moins qu'elle n'y trouve de grandes sûretés de la part du roi »

Pendant que cette correspondance s'échangeait, la connétable, après avoir quitté sa sœur, qui se rendait à Ghambéry, s'achemina vers Grenoble

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