‹ Une princesse romaine au XVII[superscript e] siècleChapitre 25 sur 77 · Le Drésident Tambonneau · texte numérisé non relu

Le Drésident Tambonneau

lui porter une lettre et faire compliment; je lui ai refusé de la voir, et me suis trouvée en peine quelle excuse prendre, ne sachant si je dois donner connaissance à ceux qui viennent, de la volonté du roi sur ce sujet. Je lui ai dit, sans m' expliquer davantage, que mon supérieur m'avait ordonné de ne la point laisser voir que l'on ne me montrât un ordre par écrit. Il s'en est allé avec sa lettre, assez mal satisfait. Tant qu'elle n'aura personne à notre dehors, il sera facile qu'elle ne sache pas que l'on renvoie ceux qui la demandent ; mais, si ses officiers viennent bientôt, comme elle l'espère, nous ne pourrons plus le lui cacher. Elle nous a dit qu'elle les avait mandés ainsi que ses filles, mais qu'elle ne veut pas en faire entrer d'autres que celle qui est présentement avec elle. Elle a toujours paru assez gaie, depuis qu'elle est ici, quoique, dans le fond, nous croyions bien quelle s'ennuie beaucoup. Elle croit que M. et madame de Nevers pourront venir bientôt, ce que j'ai été bien aise de savoir, afin de pouvoir, monseigneur, vous demander de quelle manière j'en dois user, n'étant point compris dans l'ordre du roi. Je vous supplie très humblement d'avoir la bonté de nous le faire mander, et si je puis donner connaissance à mesdames ses sœurs de l'ordre que j'ai du roi de ne la laisser voir qu'à elles. La crainte que j'ai de faire quelque chose contre les intentions de Sa Majesté m'engagera à vous être souvent impor-

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tune; mais, étant par ce motif, j'espère que votre bonté me le pardonnera, et ne désagréera pas qu'en même temps je me donne l'honneur de vous demander la continuation de votre protection pour cetle pauvre maison.

» P. -S. — Depuis notre lettre écrite, il est venu à madame la connétable un tailleur, une lingère et d'autres gens de cette sorte ; et avec eux un homme qui a été dans son voyage avec elle, de qui je crois qu'elle se sert pour ses affaires1. Je le vis au parloir avec le gentilhomme ordinaire du roi, lorsqu'elle arriva. Je n'en sais point le nom, mais, comme elle n'a ici aucune harde, je crois que ces personnes pourront venir souvent. Je n'ai pas cru qu'on les pût refuser; mais je ne laisse pas d'en être fort inquiétée, craignant que quelqu'un qu'elle ne doive pas voir se serve de ce prétexte et vienne avec eux. Elle paraît être surprise que personne ne la vient voir. »

La connétable attendait en effet avec anxiété l'arrivée de ses sœurs ; depuis le départ de madame de Mazarin, elle n'avait pas vu un visage sympathique ou ami et n'avait pas échangé un mot avec âme qui vive, sauf la Gilbertière et le duc de Gréquy. On comprend donc avec quelle ardeur elle

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