Italie. Affaires étrangères, Rome, p
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d'enfant, ce que l'archevêque d'Àmasie assurait plus positivement et publiait plus hautement que personne.
La conduite de la connétable, dans une circonstance aussi grave, serait impossible à expliquer si l'on ne remontait pas à la source de ses bizarreries. Il est certain pour nous que la fièvre cérébrale, accompagnée de convulsions dont elle fut atteinte pendant son voyage de noces, causa un ébranlement à son cerveau dont elle garda la trace toute sa vie ; nous ne voulons pas dire qu'elle fût folle, dans toute l'étendue du mot, mais, à coup sûr, son esprit était dérangé sur quelques points ; on remarquait chez elle, quand on l'observait de près, une inquiétude et une agitation continuelles. A peine a-t-elle séjourné deux mois dans un même lieu qu'elle est prise d'une agitation nerveuse que rien ne peut calmer, et il faut partir sans s'occuper des conséquences de ces déplacements imprévus. Malgré la nécessité qu'il y a pour son mari de résider à Rome, elle veut toujours voyager, soit dans ses États de Naples, soit à Venise, soit à Milan, et, malgré ses grossesses que ce mouvement continuel compromet, rien ne peut l'empêcher de suivre sa fantaisie. Son désir une fois accompli, et les installations les plus coûteuses faites pour la recevoir, car le connétable veut toujours avoir une demeure digne de son rang, la princesse déjà lasse, repart de nou-
veau, et il eu sera ainsi tant que la terre pourra la porter. 11 est impossible de ne pas trouver une cause physique à cet état maladif dont tous ceux qui l'ont connue s'étonnent.
« C'est la meilleure des femmes, dit madame de Villars, elle n'a jamais fait tort qu'à elle-même par les fantaisies bizarres qui lui passent dans l'esprit. » « C'est la meilleure et la plus folle des Mazarines», dit Saint-Simon, qui n'est pas suspect d'indulgence envers les nièces de Mazarin. Nous verrons à quel point cette agitation étrange la possédera de plus en plus ; elle le reconnaît souvent avec une sincérité attristée, parfois touchante ; mais elle attribue la force bizarre et irraisonnée qui l'entraîne, à une puissance supérieure, à l'influence des astres et des constellations malignes. Sa foi en l'astrologie lui fait adopter cette étrange conclusion.
L'indisposition de la connétable dura tout l'hiver, et les bruits fâcheux qui couraient sur sa santé semblaient être justifiés. Chacun augurait qu'elle n'avait pas longtemps à vivre quand, au printemps, on apprit qu'elle était grosse de nouveau. Cette fois-ci, les imprudences ne lui furent plus permises, on la garda à vue avec défense de sortir autrement qu'en chaise et de quitter Rome, même pour le plus petit voyage.
Dans ce temps-là, le duc de Créquy fut nommé ambassadeur à Rome, et il s'empressa d'aller
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visiter la princesse. Depuis un an, à peu près, Marie avait quitté la France, mais elle n'y était point oubliée et les deux reines conservaient les sentiments les plus hostiles à son égard. Plus d'un courtisan, pour leur plaire, tenait des propos désobligeants sur le rôle politique qu'elle jouait à Rome. Le connétable, sujet du roi d'Espagne, appartenait naturellement à la faction espagnole, on dit au roi que la princesse se montrant encore plus ardente que son mari, parlait de la France dans les termes les moins mesurés. Le roi chargea le duc de Gréquy de vérifier le fait.
Voici le compte rendu de sa visite ' :
« Je me suis déjà entretenu assez de fois avec madame la connétable Golonna des affaires passées, et Votre Majesté peut bien s'imaginer qu'Elle a eu quelque part à la conversation. Pour ce qui est de la princesse, je crois bien qu'elle n'a pas tout à fait les mêmes sentiments pour la France, qu'elle pouvait avoir lorsqu'elle y était ; mais du moins, je l'ai trouvée fort retenue et fort sobre dans tous ses discours, de sorte que tout ce qu'on a dit à Votre Majesté de l'emportement qu'elle avait làdessus est une chose assurément mal fondée. Elle eût bien souhaité que je n'eusse vu ici qu'elle et madame de Bracciano, pour faire différence entre