‹ Une princesse romaine au XVII[superscript e] siècleChapitre 73 sur 77 · Archives Colonna · texte numérisé non relu

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514 UNE PRINCESSE ROMAINE AU XVIIe SIÈCLE.

que c'est mon testament à moi, Doîia Maria Mancini Colonna, veuve de PExcellentissime seigneur don Lorenzo Golonna, connétable de Naples et me trouvant en pleine santé et avec toutes mes facultés intellectuelles et dans mon bon sens naturel, croyant comme je l'atteste et vraiment comme je le crois aux mystères de la Sainte-Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit trois personnes distinctes dans un seul Dieu véritable, et croyant de plus et confessant notre Sainte-Mère l'Église apostolique et romaine, sous laquelle foi j'ai vécu et proteste de vivre et de mourir, prenant pour mes intercesseurs et avocats la toujours Vierge Marie, mon ange gardien et tous les plus grands saints et anges de la Cour céleste afin qu'ils intercèdent auprès de mon Seigneur Jésus-Christ pour qu'il conduise lui-même mon âme sur le chemin du ciel quand je quitterai cette vie. La mort de toute créature étant certaine mais l'heure en étant incertaine, je veux être prévenue de la mienne en toute forme pour avoir le temps de glorifier Dieu.

» Je fais et ordonne mon testament dans la forme suivante. En premier, je remets mon âme à Dieu Notre-Seigneur qui la créa et la racheta avec son précieux sang, et mon corps à la terre de laquelle il fut formé. Quand la volonté de mon Seigneur Jésus sera de m'appeler de cette vie à la vie éternelle, je veux que mon cadavre, revêtu de Thabit de Sainte-Glaire, soit enterré dans l'église

do Saint-Pierre et Saint-Paul des [taliens de cette

ville (Madrid). Si je humus autre part, dans un couvent de religieux de l'ordre des Franciscains et que cela s'effectue avec le moins d'ostentation qu'il soit possible, seulement ce que l'on ne peut éviter et ce qu'on ferait pour une femme la plus simple et du moindre rang.

» J'ordonne qu'on dise mille messes pour mon âme à l'endroit que choisiront mes exécuteurs testamentaires et qu'on donne trois réaux d'aumône pour chacune d'elles.

» A las mandas forsosas y acostum brandas. Je veux qu'à tous il soit donné cinquante réaux de belon (ou billon) pour une seule fois, devant pour cet effet renoncera la prétention qu'ils ont sur mes biens.

» Je ne me rappelle pas rien devoir à personne, mais s'il y a quelqu'un qui justifie quelque chose qui lui soit dû qu'on le lui paie ponctuellement. Je déclare que de mon mariage avec M. le connétable, j'ai eu trois fils qui sont : don Philippe l'aîné, héritier des biens qui sont substitués dans notre maison et des États qui se trouvent actuellement dans la même. Le second don Marc Antoine et le troisième don Carlo actuellement majordome de notre seigneur Innocent XII.

» Je déclare que j'ai, en plus de cent quatrevingt mille écus romains qui formaienl ma dot et en toute propriété par bien* libres : quatorze

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mille écus romains qui se trouvent placés dans les Monti di Roma, A don Carlo mon troisième fils, je donne le tiers et le reste du cinquième de ces susdits biens dans la meilleure forme et manière qu'il soit possible avec l'obligation de faire dire pour mon âme cent messes par an, tant qu'il vivra, à l'église dans laquelle je serai ensevelie ; et si cela lui est incommode dans telle autre qu'il voudra.

» A Dona Constance Rocour1, je laisse cent ducats de billon donnés une fois pour toutes et je veux que mes héritiers lui donnent trois cents ducats chaque année afin qu'elle puisse faire élever le fils qu'elle a de son mari don Juan d'Alarcon. Aux dits don Juan d'Alarcon et don Martin de Morga mes gentilshommes, que j'ai placés tous deux dans la maison de la reine, ma maîtresse2, je veux qu'on leur donne pour une seule fois cent ducats de billon.

» Aux femmes qui seront à mon service quand je mourrai je laisse cent ducats de billon à chacune donnés une fois pour toute, et je leur laisse également deux cents autres ducats à chacune une fois donnés quand elles devront ou se marier ou se faire religieuses; à tous servantes ou serviteurs qui seront à mon service au moment

1. C'était une des demoiselles qui l'accompagnèrent à son départ de Paris en 1661.

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