LOUIS
11 est difficile de donner une réponse plus froide aux instances du pape, du cardinal Altiéri et du connétable. Le roi se borne à former des vœux très platoniques pour la réunion des deux époux ; il n'était pas nécessaire d'attendre trois mois pour le faire. Une dépêche de l'ambassadeur vénitien confirme les meilleures dispositions du roi à l'égard de madame Colonna. « Oa dit que le roi aurait d'abord incliné à la remettre entre les mains de son mari, mais que le doute de la bonne foi du connétable lui avait fait changer sa décision. » Peut-être un secret désir de revoir Marie pendant un séjour à Fontainebleau s'étaitil fait jour dans le cœur du roi, mais quoi qu'il
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en soit, les choses semblaient prendre une meilleure tournure pour elle.
La ferme décision transmise au nonce de ne pas faire un pas de plus en faveur du connétable en était une preuve certaine. Aussi, ces nouvelles furent-elles fort mal accueillies du prince Golonna, qui vint en parler à l'ambassadeur de France à Rome. Celui-ci écrit à M. de Pomponne K
«Le connétable Colonna me vint voir avant-hier et me fit lire la relation que le sieur de Saint-Simon lui a écrite, touchant l'arrivée de madame sa femme à Fontainebleau et son entrée dans l'abbaye du Lys. Il eût souhaité sur toutes choses qu'elle n'eût approché de Paris, mais je lui représentai que cela ne pouvait plus être évité et qu'il ne pourrait, d'ailleurs, se louer assez des égards et de la bonté de Sa Majesté dans la suite de celte affaire, ni désirer rien au delà de ce qui s'y était fait, et il s'en convainquit. Il me parla ensuite avec reconnaissance de l'argent que Sa Majesté avait envoyé à madame sa femme. Je lui dis que le séjour qu'elle ferait dans cette abbaye effacerait une partie de l'impression que sa fuite avait jetée dans le public et que, par celte raison, il devait souhaiter qu'il durât quelque temps ; qu'après une retraite de quelques mois, quand il se dis-