s'agit de son éternel procès avec son mari
2. C'était sa fille, elle en! ra aux Anglaises du faubourg Saint- Antoine et trouva moyen d'en sortir en escaladant les murailles ; -elle chassait de race.
Son mal s'aggrava rapidement quelque temps après cette lettre (aussi mal tournée que toutes celles que nous connaissons d'elle.) L'abbé Viguier écrit : « Suivant les dernières nouvelles qu'on a reçues de madame de Mazarin, on croit que madame de Bouillon sa sœur ne la retrouvera point en vie, ne se soutenant depuis longtemps que d'eaude-vie. On écrit encore que madame de Mazarin n'a pour tout domestique qu'un More, une servante, et un autre valet qui n'est pas de plus grande importance *». Ce More dont il est question n'était autre que celui qui l'avait tant divertie à Chambéry et dont le duc de Savoie lui avait fait présent.
L'abbé Viguier se trompait dans ses prévisions; la duchesse de Bouillon et le duc de la Meilleraie, fils d'Hortense, arrivèrent à temps pour la soigner pendant sa dernière maladie. Lidifférente devant la mort elle ne voulut d'aucun remède et mourut le 2 juillet 1699 entre les bras de son fils et de sa sœur. Elle était encore d'une beauté extraordinaire, et deux ans auparavant elle écrivait à un de ses amis : « Je ne me suis jamais mieux portée et je n'ai jamais été plus belle. »
La nouvelle de la mort de sa sœur affligea beaucoup Marie, car malgré tous les défauts d'Hortense, on pourrait même dire ses vices, et son ingratitude, la princesse l'avait toujours tendrement
1 . Lettres de Tabbé "N'iguier à M. d'Orbigny à Avallon : Mélanges de la société des bibliothécaires 1856, p. 23& et 239.
aimée; elle caressait souvent l'espérance de se réunir à elle, ne se doutant pas des excès dans lesquels la belle duchesse avait fini par tomber.
La destinée de ces deux sœurs fut bien différente; avec les années l'abaissement moral d'Hortense ne fit que s'accentuer d'avantage, tandis que Marie qui par sa coquetterie, sa nature hardie et primesautière, son imagination ardente avait pu donner prise aux critiques et aux méchants propos, réussit, dès qu'elle put jouir de son entière liberté, à occuper en Espagne et en Italie, la situation la plus honorable ainsi que l'attestent les dépèches des ambassadeurs, des nonces et les lettres particulières.
Après son retour de Rome, la connétable apprit par une lettre de son fils, la mort de son espion don Ferdinand Golonna, qui l'avait si fort tourmentée en Espagne ; et comme si ses persécuteurs étaient destinés à disparaître successivement, son beau-frère Los Balbasès mourut à Madrid.
Depuis quatre ans déjà, il avait quitté le monde et était entré dans les ordres, atteint d'une maladie noire à laquelle il succomba le 24 décembre 1099. Malgré les importantes missions dont il fut chargé, il jouissait d'une mince considération au Conseil. Dur, avare et faux, on lui reprochait de s'occuper uniquement à faire valoir son argent. Il était âgé de soixante-huit ans lorsqu'il mourut. Espérons pour lui, qu'il eut quelque remords de
sa perfide conduite envers sa belle-sœur, qui ne poussa pas la mansuétude jusqu'à le pleurer.
Les lettres de Rome apportaient toujours à la connétable d'excellentes nouvelles de ses fils et elle se montrait fière de la prédilection que marquait le pape à l'abbé don Carlo. Sa Sainteté l'avait nommé successivement majordome du palais et protonotaire apostolique. Ses remarquables facultés (esimi doti) et le charme de ses manières le faisaient aimer de tous, et chacun prévoyait que le premier chapeau de cardinal lui serait destiné.
En ce temps-là, le petit prince de Bavière, futur héritier de la couronne d'Espagne, venait de mourir à Bruxelles' ; Charles II après bien des hésitations et après avoir demandé conseil au pape lui-même, déclara héritier de la couronne d'Espagne, Philippe de France, duc d'Anjou, second fils de M. le Dauphin ; un mois après avoir fait ce testament, il mourut le l'*'" novembre 1700, à l'âge de trente-neuf ans.
Il est fort regrettable de ne pas connaître la correspondance ^ que la princesse entretint avec son fils pendant les années qui précédèrent la mort de Charles II, elle suivait avec un ardent intérêt les guerres de Louis XIV et les innombrables intri-