Tome I, pp. 328 et 329 (Livr^ 111, chap. i
QUELQUES EXTRAITS DE NICOLE
et dont on s'informe le plus négligemment. Peut-être qu'on suppose que tout le monde en est suffisamment instruit, et que la difficulté ne consiste qu'à pratiquer ce que l'on en sait. Mais cette pensée même est une preuve visible qu'on ne s'est guère mis en peine d'approfondir cette matière, qu'on s'est contenté d'en avoir une connaissance très superficielle et très imparfaite, et qu'on est bien éloigné d'en être assez instruit pour reconnaître les fautes qu'on y peut faire. Car pour peu qu'on prenne soin d'y pénétrer plus avant, on trouvera qu'il n'y en a guère de plus profonde ni déplus obscure ^... Ainsi il ne faut pas tant juger de nos prières par les pensées que nous en avons, que par le fond de la charité qui les doit produire. Et comme il n'y a rien de si caché que ce fond de charité qui réside dans le cœur, il n'y a rien ausside plus obscur pour nous que nos prières^...
Tous les autres défauts ont leur source en ceux qui se rencontrent dans la prière ^