‹ Une profession de foi Cartésienne [microform]Chapitre 22 sur 26 · Tome II, p. 148 (Livro II, chap. vu · texte numérisé non relu

Tome II, p. 148 (Livro II, chap. vu

QUELQUES EXTRAITS DE NICOLE

QUELQUES EXTRAITS DE NICOLE

autres, ni une exemption entière de toutes 5urlc» de iiiouvements de crainte, de douleur, de joie, d'éloignement. Car la même volonté de Dieu qui nous défend toujours le découragement comme inutile à tout, nous prescrit néanmoins certaines dispositions dans ces vicissitudes d'états.

Il y en a de générales et de particulières.

La générale, selon saint Homard, est une disposition de crainte qu'il avait lui-même fort dans le cœur, comme il paraît par la manière dont il la propose.

Fn vérité, dit-il, j'ai compris qu'il n'y a rien de plus efficace pour mériter, pour conserver et pour recouvrer la grâce, que d'être toujours devant Dieu dans une disposition de crainte et d'abaissement... craignez donc lorsque vous sentirez la présence de la grâce, craignez lorsqu'f Ho '^'('Joigne, craignez lorsqu'elle revient, c'est-à-dire, soyez toujours dans la crainte... craignez lorsqu'elle est présente, de n'en faire pas uii bon usage... craignez donc lorsque la grâce vous est ôtée comme étant tout prêts à tomber. Craignez et tremblez devant Dieu, dont

vous éprouvez la colère. Craignez, parce que celui qui vous gardait, vous a abandonnés. Et ne doutez point que ce ne soit l'orgueil qui en est cause *.

La ^raie présence de Dieu.

La vraie présence de Dieu est de regarder en ;tout'ce que l'on fait la vérité et la justice, et de ne rien faire qui ne s'y rapporte, Dieu n'étant autre chose que vérité et justice, et... toute autre présence de Dieu peut tromper et être commune aux bons et aux méchants, mais... celle-là ne trompe point, et ne convient qu'à ceux qui le servent véritablement".

Argument. — c< Regarder, en tout ce que nous (( faisons, la vérité et la justice doit, entre autres « conséquences, nous déterminer à agir suivant la (( mesure de nos forces; agir moins ou plus, mjus- « tice égale. »

1 Tome II, pp. 230, 231, 232, 233 (Livre UI, chap. vi). 2. Tome 11, pp. 217, 278 (Livre IV, chap. i).

QUELQUES EXTRAITS DE NICOLE

QUELQUES EXTRAITS DE NICOLE

Contre les trop grandes contentions dC esprit dans la prière.

L'avis que l'on donne ordinairement et que Ton doit en effet donner, de ne faire pas de trop grandes contentions d'esprit dans la prière, ne doit pas être fondé sur ce principe, que tout ce qui est humain est inutile dans la prière, car ce principe n'est pas véritable, mais sur d'autres raisons [dus solides.

1. Que toutes les actions de l'esprit que l'on In! dans la prière, doivent tendre à échauffer la volonté, et que les actions pénibles n'y sont pas propres.

2 Qu'on est obligé d'éviter ce qui nous peut nuire notablement, comme les grandes contentions d'esprit ; parce que la tête s'affaiblissant lit Vf lit incapable de tous les exercices où la pensée et l'application sont nécessaires.

3. Qu'encore qu'il soit permis d'employer des moyens humains, il n'y faut pas néanmoins

mettre sa confiance. Or cette grande application à chercher des pensées serait une marque que Ton s'appuyerait sur ces pensées, que l'on s'y attacherait, et que l'on serait dans l'erreur des Païens, dont l'Évnngile remarque qu'ils s'imaginaient être plutôt exaucés à proportion que leurs prières étaient plus longues*.

L'échelle des religieux,

La lecture, dit-il (Guignes, prieur de la grande Chartreuse, qui vivait du temps de saint Bernard), vous présente la viande que vous devez manger, la méditation la brise et la rompt. L^oraison la goûte, la contemplation s'en nourrit. La lecture ne présente que l'écorce. La méditation en pénètre le fond. L'oraison forme des désirs et des demandes. La contemplation jouit ^

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