‹ Une province procuratorienne au début de l'empire romainChapitre 40 sur 111 · D SE © D · texte numérisé non relu

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Juifs d'Orient en matière de culte mérite d’autant plus d'être relevée qu’à la même époque, à Rome et en Occident, le judaïsme fut plus violemment persécuté. Sous Tibère, l'exercice des cultes juif et égyptien fut interdit à Rome et les sectateurs, qui refusèrent de brûler les vêtements sacerdotaux, furent, suivant leurs aptitudes, ou chassés de Rome ou enrôlés dans des troupes auxiliaires et envoyés dans des provinces particulièrement rudes, in provincias gravioris cœlil. Claude, qui rétablissait à Alexandrie les privilèges accordés par Auguste, expulsa les Juifs de Rome, prenant comme prétexte les troubles permanents qui éclataient, à l’instigation d’un certain Chrestus ?. En réalité, autant il était indifférent aux empereurs que le culte juif fût célébré librement dans leur pays d’origine, autant ils considéraient comme dangereux de favoriser l'immigration juive.

Nous arrivons maintenant à la question la plus importante de cette étude : que devinrent dans la Judée, province romaine, les lois anciennement établies et les tribunaux

chargés de les appliquer.

vivre selon leurs lois et coutumes, conformément à ce qui fut décidé par Auguste. La seule remarque à faire est que, si sur ce point, Claude donne satisfaction aux réclamations des rois Agrippa et Hérode, il n’a pas moins conscience de l’intransigeance des Juifs relativement aux croyances des autres peuples, et il les invite à se comporter avec plus de modération vis-à-vis des religions que professent les nations au milieu desquelles ils vivent. Jos., Ant. UNE SOUDE, Sa JUL 4, ÉG:

1. Suétone, Tibère, $ 36. Sur l'explication donnée par Philon, suivant quoi la tolérance accordée aux Juifs d'Orient viendrait de Tibère lui-même, et la persécution de Rome aurait pour instigateur Séjan, cf. Mommsen, Hist. rom., XI, p. 75, n. 1.

2. Id., Claude, $ 25; Dion Cassius, LX, 6, émet une affirmation contraire à celle de Suétone ; mais cette dernière est confirmée par les Actes, xvirr, 2 : « ... parce que Claude avait ordonné à tous les Juifs de sortir de Rome... »

as for.

« L'organisation légale de la cité (ou du royaume) sujette a pour base l’ensemble des règles en vigueur dans son territoire au moment où il est entré dans l’empire {. » Non pas qu'on accorde expressément l’usage de ses Lois à la province : on se contente de ne pas les lui retirer. En sorte que la Judée aurait continué à vivre sous l'empire de ses anciennes lois. Un texté de Josèphe semble pourtant s’op-

poser à cette conclusion :

« [Iiaros dè, 6 rc Loudaiac nyendv, orparrav x Karoapeiac Gyayov, rai LelDoboas yemmadtoUoæv y TeposcAbmotc, Eti xaTa- Aloe Toy vopiuwy Tôv Lourd. Or Pilate, qui était à la tête de la Judée, ayant quitté Césarée avec son armée, qu'il conduisait pendant l’hiver à Jérusalem, en vue d’abroger les lois des Juifs...? »

D'où il semble résulter que, si la proposition de Mommsen est vraie pour les premiers temps de l’annexion, elle cesse de l'être à partir de la procuratelle de Pontius Pilatus, qu’on s'accorde à faire débuter vers l’an 26; depuis cette époque une seule loi aurait eu à s’appliquer, la loi romaine, et ce fait aurait entraîné obligatoirement la disparition des juridictions locales, une seule demeurant compétente pour appliquer la nouvelle loi, celle du procurateur ?. Le fait apparaît d’autant plus grave que

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