Luc, 11, À et
l'accusé sans délai devant la haute cour de justice juive qui s'était réunie chez son président !.
Le tribunal, qui se trouvait assemblé chez Kaïapha, était Le grand Sanhédrin composé de soixante et onze membres ; et au point de vue juif, sa compétence s'explique parfaitement bien puisqu'il s'agissait, d’après les griefs invoqués, de jugerun blasphémateur qui était en même temps un faux prophète ?.
Toutefois, il faut remarquer dès l’abord que, si les Juifs eurent la prétention de condamner régulièrément Jésus, en fait ils commencèrent par deux illégalités : le procès en effet eut lieu la nuit et il fut entrepris la veille d’un jour qui était à la fois sabbatique et férié 3. Sur la seconde observation, il n’est pas de doute possible ; Jésus fut jugé par le Sanhédrin, au début du quatorze nisan et le sabbat tombait le quinze nisan. IL fut donc certainement contrevenu à la règle qui interdisait de prononcer une condamnation capitale la veille du sabbat. Quant au fait que le procès eut lieu la nuit, la chose est plus douteuse. Matthieu et Marc parlent d’une séance du Sanhédrin qui eut lieu dès l’arrestation, par conséquent de nuit et où l'accusé fut jugé digne de mort; puis, d’un mot, ils signalent une autre séance qui se tint au matin ?. Luc ne fait allusion qu'à cette dernière 6; si enfin on adopte notre conception sur le récit de Jean, on peut croire que Jésus fut jugé de nuit.
En faisant abstraction du récit de Jean qui nous donne peu de renseignements sur le procès devant le Sanhé-
. Matthieu, xxvi, 57 ; Marc, xiv, 53 ; Luc, xxrr, 66. . Mischnah, Sanh., ch. 1, S 5.
. Ibid., ch. 4, S 1.
. Matthieu, xxvi, 57 ; Marc, xrv, 53.
Id. xxvir, Le: Marc, xv, 1.
. Luc, xxnr, 66.