S OX À & D
H. REGNAULT. — Une province procuratorienne. 4
drin, nous nous trouvons en présence des trois synoptiques qui affirment l'existence d’une séance au lever du soleil, des deux premiers qui parlent d’une autre ayant eu lieu la nuit et dans laquelle fut prononcée la condamnation. Or au cas où l’on n’admet pas que, volontairement ou non, Luc a sous-entendu la séance de nuit, on arrive à une impossibilité. D'une part en effet le procès devant le Sanhédrin, suivant le troisième synoptique, s’engagea quand le jour parut, wç ëyévero uépa. D'autre part Jésus fut conduit devant Pilate, le matin !, aussitôt que le matin fut venu ?; et quoique le Sanhédrin fût persuadé d’avance de la culpabilité, que la condamnation fût prononcée avant tout débat, il faut bien admettre au moins un simulacre de procès, d'interrogatoire et la place ne s'en rencontre pas dans le récit de Luc tel qu'on veut le comprendre.
Jésus donc, ayant été amené de nuit devant le Sanhédrin 5, se vit d’abord reprocher une parole qu’il aurait prononcée : «Je détruirai ce temple bâti par la main des hommes et jen rebâtirai un autre en trois jours qui ne sera pas fait de la main des hommes #. » Selon Matthieu *, l'accusation aurait été un peu plus grave dans la forme. Jésus aurait dit : Je détruirai le temple de Dieu, rùv vaèy roù Oeo. Sur quoi deux témoins furent entendus, que les synoptiques