Matthieu, xxvi
qualifient de faux témoins !. En réalité ils méritaient davantage cette qualification pour avoir donné une interprétation fausse au propos qu'ils rapportaient, que pour avoir menti sur le fait matériel. Effectivement, Jésus, ayant chassé les marchands du temple, et les Juifs lui ayant demandé de quel droit il le faisait, il leur fut répondu : « détruisez ce temple et je le rétablirai en trois jours ?. » Le propos avait donc été tenu, toutefois la forme en était différente et, comme l’a très justement remarqué Rosadi à, cette transformation amenait un changement dans le fond. Le récit de Jean peut en effet s’interpréter ainsi : si vous détruisez, je vous donnerai le signe que vous réclamez en le reconstruisant en trois jours. Tandis que la phrase prononcée par les témoins signifie bien plutôt que Jésus, lisant dans l’avenir, promet de détruire et de reconstruire ; 1l prédit et provoque la chute du temple, alors qu’en réalité il s’était contenté de faire une supposition.
Jésus ne raisonna pas si subtilement, il se contenta de ne rien répondre # et Renan 5 pense que, malgré l'affirmation de Marc, portant que ce témoignage n'était pas suffisant 6, le silence de Jésus fut le motif de sa condamnation : Jésus aurait été condamné pour avoir blasphémé le temple ; blasphémant le temple, il blasphémait Dieu ; l’aveu qu'il était le Messie était inutile : «S'il faut en croire un récit, le grand prêtre l’aurait adjuré de dire sl était le Messie ; Jésus l'aurait confessé et aurait même proclamé la prochaine
. Matthieu, xxvi, 60 ; Marc, xiv, 57.
. Jean. 11, dArat0
. Rosadi, op. cit., p. 191.
. Marc, x1v, 60 ; Matthieu, xxvi, 63.
. Renan, Vie, ch. 24.
. Marc, xiv, 59.