Une Province Procuratorienne: Le Procès de Jésus-Christ
Dans cette étude, nous nous sommes proposé de rechercher quelles sont les données juridiques que nous possédons sur le procès du Christ et quelles conclusions 1l est permis d’en tirer. Si en effet il a été écrit de très nombreuses vies du Christ, si chacune, travail original de critique ou œuvre de pure édificaton, renferme un récit des événements connus communément sous le nom de « Passion », il est remarquable que presque tous les auteurs s'en soient allés répétant que Jésus avait été condamné par le grand Sanhédrin de Jérusalem et que le rôle de l'autorité romaine, de Pontius Pilatus avait consisté à laisser faire. Nulle part à ce sujeton n’a essayé d'entreprendre une étude approfondie des rapports ayant uni Romains et Juifs avant et après l'annexion, des limitations que
H. RecwauLr. — Une province procuratorienne. 1
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la transformation du royaume d’Archélaüs en province procuratorienne avait pu apporter à l'exercice des juridictions locales et à l'application des lois mosaïques. Aussi rarement on a tenté de rapprocher les règles de droit fournies par cette étude, du récit que nous livrent les Évangiles, pour conclure en dernière analyse sur le point de savoir si le procès suivit un cours réguler, si les principes juridiques furent observés, si la condamnation fut adéquate aux chefs divers d'accusation, ou si au contraire, comme on l’a soutenu tout dernièrement, Jésus fut simplement assassiné. C’est là justement ce que nous voudrions rechercher ; en sorte que, même si l’on juge qu’il était inuüle d'entreprendre de nouvelles recherches sur le procès proprement dit de Jésus-Christ, peut-être trouvera-t-on quelque intérêtaux renseignements que nous avons pu recueillir sur l’organisation administrative et judiciaire d’une province procuratorienne au premier siècle de l'ère chrétienne.
Et s1 cette étude doit porter quelque fruit, le mérite n'en revient pas uniquement à nous. Tout d’abord il nous faut remercier M. le Professeur Monnier, de la Faculté de théologie protestante de Paris, qui, tantde fois et avec une bonne grâce si parfaite, nous a fait profiter de sa grande érudition et de son expérience des questions religieuses ; et, puisque les conclusions que nous présentons ont déjà fait l'objet d’un rapport au Séminaire de droit romain, il sera facile de retrouver dans le présent travail l'influence des critiques et des conseils de M. le Professeur Audibert qui, après
avoir dirigé pendant cinq années nos travaux, a consenti à présider notre thèsé. Nous voudrions qu'il rencontre ici l'expression de notre reconnaissance et qu'il sache que nous reportons sur lui tout le mérite,
si du moins nous avons atteint le but que nous nous proposions.
Paris, juillet 1909.
OT
pe