Jos., Ant., XVIII
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après avoir passé dix années en Judée, accablé par les rapports de Vitellius, auxquels il lui était impossible de répondre, » Donc la révocation de Pilate n’est pas l’œuvre de Vitellius et il semble qu’on ne puisse dire que le procurateur de Judée est le subordonné du gouverneur de Syrie, en s’appuyant sur un prétendu droit de révocation qu'aurait celui-ci.
On peut objecter, il est vrai, que, si Pilate dépendait uniquement de l’empereur, s’il était, comme Vitellius, gouverneur de province, on ne comprendrait pas que la réclamation soit portée à celui-ci, que Vitellius fasse un rapport sur un collègue indépendant, lui donne des ordres et désigne son remplaçant ; il y a là des signes très nets de subordination d’un personnage à l’autre. L’explication est dans la situation particulière de Vitellius; ce n’est pas le gouverneur de Syrie qui commande au procurateur de Judée ; c’est le délégué particulier de l’empereur. Tacite est formel : cunctis quae apud orientem parabantur L. Vitellium praefecit !. En plus de son gouvernement, Vitellius a un pouvoir général de surveillance sur les hommes et les choses d'Orient et c'est par là que s'explique son intervention dans un démêlé entre un procurateur et ses administrés.
Il en est identiquement de même pour Ummidius Quadratus. Une querelle s'élève entre Samaritains et Juifs ; le procurateur Ventidius Cumanus ? se laisse gagner par l'argent des premiers et fait combattre ses troupes en leur faveur 5. Les Juifs se rendent à Tyr pour se plaindre au