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continue pas moins, et un centurion s'apprête à faire flageller Paul qu'on a lié, quand celui-ci révèle sa qualité de citoyen romain. Dès ce moment, Paul doit être mené au procurateur pour qu'il instruise l'affaire, et, si auparavant il comparaît devant le Sanhédrin, le rôle de celui-ci est nettement indiqué : il se porte accusateur. « Le lendemain, voulant savoir au juste pour quelle cause il était accusé par les Juifs, il lui fit ôter ses chaînes...? » Ce que le tribun demande aux Juifs c’est de préciser leurs griefs ? et, effectivement, dès l'arrivée de Paul à Césarée, le Sanhédrin délègue un certain nombre de ses membres pour aller soutenir l'accusation devant Félix i.
I est dureste à remarquer que Félix, après avoir entendu l'accusation et la défense, ne prend aucune résolution, sauf celle d'entreprendre une enquête et d’entendre le tribun Lysias?. Un deuxième interrogatoire n’a pas davantage de résultat et, à vrai dire, le procès véritable commence avec l’arrivée de Festus 6.
Tout d’abord les accusations, portées parles Juifs contre Paul, apparaissent surtout comme ayant un caractère religieux : devant Félix, il lui avait été reproché d’être le chef de la secte des Nazaréens et d’avoir profané le temple 7; cependant, pour intéresser le procurateur à leurs querelles religieuses, les Juifs veulent faire de Paul un séditieux, jetant le trouble et la division, en sorte que, devant Festus, Paul se défend d’avoir fait quelque chose
. Actes, xxIr, 2b.
. Ibid, cxx1r, 930;
. Ibid., xxx, 28.
. Ibid., xxiv, 1.
"Fbidi, xx 022:
. Lbid., xx1v, 26 ; xxv, 1.
. Ibid., xxrv, 5 et 6.
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contre la loi des Juifs, contre le temple ou contre César!. Le procurateur ne s’y trompe pas : « Ils avaient seulement Je ne sais quelle dispute avec lui touchant leur superstition, et un certain Jésus mort, que Paul assurait être vivant ?. » Toutefois, se souvenant probablement que le respect des lois et institutions juives avait été ordonné par Claude, Festus retient l’inculpation religieuse, et propose à Paul d'aller à Jérusalem pour y être jugé sur les choses dont on l’accusait#. Devant qui se serait déroulé le procès ? Le texte porte : Enet mepl toütwv uptveolar x’ ëmoÿ. Le texte latin traduit chi de his judicari apud me; y être jugé devant moi sur ces griefs. Il est indiscutable que le procurateur n'aurait pas été juge; d’abord ër'iuoÿ signifie bien plutôt en ma présence que par moi. De plus, si Festus avait dû être Juge, pourquoi se transporter à Jérusalem, qui se trouve être le siège du Sanhédrin ? Enfin Paul le comprend si bien qu'il rappelle au procurateur les règles de sa compétence : il s’agit d’une affaire capitale : « Si j'ai commis quelque crime digne de mort, je ne refuse pas de mourir #. » Mais « je suis devant le tribunal de César, c'est la qu'il est nécessaire que je sois jugé, ërt roù Béuaros Kaioapos sii, où pue Det xpivecdar 5 ». Peu importe à Paul que la présence du procurateur lui assure une justice équitable de la part du Sanhédrin, celui-ci n’est pas compétent ; 1l ne le serait même pas après l’acquiescement de l'inculpé ; Paul réclame le juge qu’il doit avoir : le procurateur de Judée.
Mais dans quelles limites, celui-ci était-1l compétent? Pouvait-il trancher le procès par une condamnation ou un
Actes, xxv, 8.
Ibid, =xv, 19; Ibid., xxv, 9 et 20.
TBidE SN, MA Ibid., xxv, 10.
Le
acquittement, ou bien son rôle se restreignait-il, comme le prétend Mommsen, à faire une enquête, à établir lebien fondé de l’accusation, à envoyér à Rome un rapport, sur quoi la condamnation pouvait être prononcée par un tribunal de Rome ? Une circonstance ne nous a pas permis de voir trancher la difficulté pour le procès de Paul. Celui-ci en effet fait appel à César : Kaïozpa Emixxloëuu. Et l'affaire échappa à la compétence du procurateur !.
En fait, à proprement parler, on ne peut pas dire qu'il y ait appel à l’empereur. L'appel en effet suppose une première sentence dont l'accusé n’est pas satisfait et qu’il croit devoir être changée par un tribunal supérieur. Ici le procès est à peine commencé ; et dès l’abord l'inculpé ferait appel ; il y a là bien plutôt une récusation du tribunal compétent. Pour une raison ou pour une autre, et dans l'hypothèse, elle est nettement indiquée ?, l’inculpé se défie du Juge auquel il est déféré, et il réclame ce qui, dès le début de l'empire serait son droit, la possibilité de faire prononcer la sentence par l’empereur ?. Cette conception de l’appel, à savoir qu'il s'agirait là d’un déclinatoire d'incompétence, nous semble très admissible ; d'autant plus que l'expression même « faire appel à l’empereur » ne serait pas absolument inexacte ; car, d’un coup, on franchit tous les degrés de la hiérarchie judiciaire pour arriver au plus élevé, celui dont on ne peut, par personne, faire réformer la sentence.
Quoi qu'il en soit, le problème se pose dans les mêmes termes. Sans cet acte de Paul, le procurateur aurait-il pu