Actes, xxvi
H. Recnauzr. — Une province procuratorienne. 6
avoir examiné son affaire,je sache ce que j'en dois écrire !.» Il y a là une allusion évidente à un rapport de Festus à l'empereur. La nécessité s'en explique d’ailleurs d’ellemême; puisque Paul avait le droit de réclamer l’empereur comme juge et qu'il l’a fait, encore faut-il que celui qui statuera sur l'affaire sache les circonstances et les griefs de l'accusation : « IL me semble qu'il est impossible, dit Festus, d'envoyer un prisonnier sans indiquer les causes qui l'ont fait inculper ?. » Chaque fois, du reste, qu'une affaire, née dans une province, devra être tranchée à Rome, la même nécessité d’un rapport se présentera ; et pour un procès capital jugé normalement, la question est bien moins de savoir si, à l'exemple du procès de Paul, il y aura lieu de faire un rapport que d'établir la nécessité pour le procurateur de se dessaisir et de renvoyer l'affaire à Rome; s'il est possible de résoudre affirmativement ce dernier point, alors l'obligation de fournir au juge des renseignements officiels s'ensuivra naturellement. Même si les accusateurs se transportent à Rome, on ne peut les croire sur parole et il est simplement logique de songer au procurateur pour informer sur l'affaire.
Il est vrai que Mommsen a eu tort, en établissant son système, de songer au procès de Paul. En effet, selon lui, les deux procurateurs Felix et Festus, qui eurent à s’oecuper de cette affaire, ne possédaient pas le jus gladü?. Il n'y a là du reste qu’une affirmation que l’auteur ne fonde en apparence sur rien ; mais, en admettant que le fait soit vrai, il n’y a plus dès lors aucune raison pour qu'ils soient compétents ni à l'égard des Romains, ni même à l'égard