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l'accusé sans délai devant la haute cour de justice juive qui s’était réunie chez son président !.
Le tribunal, qui se trouvait assemblé chez Kaïapha, était le
grand Sanhédrin composé de soixante et onze membres ; et au point de vue juif, sa compétence s’explique parfaitement bien puisqu il s'agissait, d’après les griefs invoqués, de jugerun blasphémateur qui était en même temps un faux prophète ?. Toutefois, il faut remarquer dès l’abord que, si les Juifs eurent la prétention de condamner régulièrément Jésus, en fait ils commencèrent par deux illégalités : le procès en effet eut lieu la nuit et il fut entrepris la veille d’un jour qui était à la fois sabbatique et férié ?. Sur la seconde observation, 1l n'est pas de doute possible ; Jésus fut jugé par le Sanhédrin, au début du quatorze nisan et le sabbat tombait le quinze nisan. Il fut donc certainement contrevenu à la règle qui interdisait de prononcer une condamnation capitale la veille du sabbat. Quant au fait que le procès eut lieu la nuit, la chose est plus douteuse. Matthieu et Marc parlent d’une séance du Sanhédrin qui eut lieu dès l'arrestation, par conséquent de nuit et où l'accusé fut jugé digne de mort; puis, d’un mot, ils signalent une autre séance qui se tint au matin. Luc ne fait allusion qu’à cette dernière 5; si enfin on adopte notre conception sur le récit de Jean, on peut croire que Jésus fut jugé de nuit.
En faisant abstraction du récit de Jean qui nous donne peu de renseignements sur le procès devant le Sanhé-
. Matthieu, xxvi, 57; Marc, xiv, 53 ; Luc, xxrr, 66. . Mischnah, Sanh., ch. 1, S 5.
. Ibid., ch. #4, $ 1.
. Matthieu, xxvr, 57 ; Marc, x1v, 53.
“Id. xxvu, 1; Marc, xv, 1.
. Luc, xx11,, 00.
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H. Recnausr. — Une province procuralorienne. 7
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drin, nous nous trouvons en présence des trois synoptiques qui affirment l'existence d’une séance au lever du soleil, des deux premiers qui parlent d’une autre ayant eu lieu la nuit et dans laquelle fut prononcée la condamnation. Or au cas où l’on n’admet pas que, volontairement ou non, Luc a sous-entendu la séance de nuit, on arrive à une impossibilité. D'une part en effet le procès devant le Sanhédrin, suivant le troisième synoptique, s’engagea quand le jour parut, 6 ëyévero uépa. D'autre part Jésus fut conduit devant Pilate, le matin !, aussitôt que le matin fut venu ?; et quoique le Sanhédrin fût persuadé d’avance de la culpabilité, que la condamnation fût prononcée avant tout débat, il faut bien admettre au moins un simulacre de procès, d’interrogatoire et la place ne s’en rencontre pas dans le récit de Luc tel qu’on veut le comprendre.
Jésus donc, ayant été amené de nuit devant le Sanhédrin ?, se vit d’abord reprocher une parole qu’il aurait prononcée : «Je détruirai ce temple bâti par la main des hommes et j'en rebâtirai un autre en trois jours qui ne sera pas fait de la main des hommes #. » Selon Matthieu ?, l’accusation aurait été un peu plus grave dans la forme. Jésus aurait dit : Je détruirai le temple de Dieu, roy vaèv toù Osot. Sur quoi deux témoins furent entendus, que les synoptiques