SENÉCAL
er (881.
6 en réponune lettre la réponse
‘1 Voici la lettre de M. Stephen :
Ottawa. 23 l'évrier 1884 ‘6 Cuer Sir Hecron LaNGEvix,
‘* À propos de notre conversation de ce matin, je désire répéter ce que j'ai dit à M. Pope, mardi dernier, comme indiquant les vues du chemin de fer Canadien du Pacifique sur la question de faire de Québec son terminus comme port d'été.
‘ La Compagnie a toujours cherché à se rendre à Québec, et vous avez toujours Coopéré et concouru avec elie dans ce projet, et, comme vous le savez, élle a offert d'acheter la ligne entière du chemin de fer Québec, Montréal, Ottawa et Occidental, à des conditions qui, prises en ensemble, auraient été plus avantageuses à la province que celles qui ont été acceptées. Lorsque nous avons achete la section ouest de ce che min de fer, nous n'avons pas perdu de vue l'avantage d'avoir un débouché d’été pour notre trafic à Québec, et dans l’arrangement pour cet achat rous avions fait des stipulations minutieuses pour assurer le transport du trafic complet de la Compagnie du Pacifique au port de Québec. Ge projet à été défait par le transport de la Section Est à la Compagnie du chemin de fer le Grand Tronc, qui, pratiquement, rendait l'arrangement impossible.
‘La Compagnie,réanmoins désire encore se rendre à Québec ; et j'ai informé M. Pope, mardi, que la déclaration de M. Van Horne que nous consentions à acheter le chemin de fer du Nord, est parfaitement correcte. De plus, si pour atteindre ce but, il était opportun d'acheter les débentures de cette Com pagnie, notre Compagnie est prète à les acheter comme partie de la transaction ; et ayant appris de vous, vendredi, que M. Senécal était en ville et qu'il désirait me voir à ce sujet, je lui aurais fait la même déclaration, si je l'avais rencontré au Russell House où nous sommes descendus tous deux.
‘ J'ai l'honneur d’être, Cher Sir HecTon LANGFVIX, ‘ Votre tout dévoué, “ { Signé | GEORGE DTEPHEN.” Votre très humble serviteur, Hecror L. LaANGEVIN.
. SENÉCAL, Montréal.
Montréal, 6 mars 1884.
Sin Hgcron L. LANGEVIN, Ministre des Travaux Publics, Ottawa, Cher monsieur,
Je vous remercie infiniment de votre note du 28 février, me transmettant copie d’une lettre de M. Geo. Stenhen, à propos du chemin de fer du Nord. Vous .:me pardonnerez, je l'espère, le trouble auquel j'ai pu vous soumettre à ce sujet, et auquel je pourrais vous soumettre encore, parce que certains journaux qui s'efforcent d’être considérés comme vos organes continuent à se servir de vos remarques au caucus, pour soutenir leurs accusations contre moi. La rumeur lan: cée sur mon compte était que je voulais forcer le Pacifique à acheter mes Débentures. Comme la nouvelle annoncée par vous était précisément que le Pacifique avait décidé d'acheter mes Débentures, la conclusion tirée par les journaux qui m'en veulent s'impose de soi. Si ma personne était la seule chose en cause, je ne preadrais pas votre temps en vaines récriminations ; mais les attaques partent d’un parti fort bien organisé pour battre en brèche une autre section importante, La plus importante du parti conservateur ; et, dans “es circonstances, je crois qu'il est de mon devoir de préparer la position qu'il nous faut prendre pour avoir raison un Jour ou l'autre.
La lettre de M. Stephen me prouve que vous avez été de bonne foi; et je m'empresse de vous dire que ces remarques ue s'adressent pas à vous; mais comme celte lettre peut couvrirun. pare manœuvre, je me permets d'y répondre par le canal d'où ele m'est venue, afin que vous sachiez à quoi vous en tenir, et à l’occasion profiter de ces informations.
Ilest faux que la Compagnie du Pacifique ait toujours voulu venir à Québec. En janvier et février 1881, l’hon. M. Chapleau leur a offert le chemin d'Ottawa à Québec, avec tous ses eimbranchements pour $86,500,000.—M, Abbott a répondu que c'était un prix fou. En janvier 1882, Sir John A. Macdonald, à la sollicitation du gouvernement de Québec, a insisté auprès de la Compagnie du Pacifique pour qu’elle reconsidéràt les offres de la Province de Québec. Le Pacifique s’est décidé à faire l’offre inacceptable qui suit :—
lo. $8,750,000 à 4 070, payables au bout de 50 ans.
20. $750,000 à être dépensées immédiatement par la Province en travaux sur le chemin.
Les calculs étaientsimples à faire :comme l'argent coûte 5 070 à la Province, et qu’elle n’aurait retiré que 40,0 du Pacifique, elle commençait par perdre $67,500 par année sur les débour-sés exigés, et cela pendant 50 ans. L'intérêt de 4070 sur $8.-
février, ohen, à ierez, je ce sujet, que cernme vos caucus, leur lan:
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toujours l’hon. M.
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*oùte 5 070 Pacifique, s débour- D sur 88,-
000,000 ne donnäil due 8320,000 par année quand l'intérêt de 5070 sur 87,600,000, prix net auquel le chemin a été vendu, donne aujourd’hui 8380,000 par année, c’est-à-dire une différence de 860,000. Vous savez que pendant 50 ans, ceite différence représente un montant accumulé de plus de #! 2,000 000. Ou, si vous voulez raisonner d'une autre manière, le revenu de 8320,000 que le Pacifique aurait eu à payer,aurait représenté à 5070 un capital de 86,400,000. La Province n'avait pas les moyens de perdre cela, et je puis noter en passant que la Puissance n’a pas alors offert au gouvernement provincial de parfaire la différence, malgré des demandes de secours réitérées.
Quand le Pacifique a acheté la section d'Ottawa il a repoussé une nouvelle tentative de lui vendre la section de Québec. Il n’a pas même fait d'offres pour cette partie du chemin.
En décembre 1882, j'ai de nouveau offert le chemin du Nord à la Compagnie du Pacifique su prix de $4,750,000, quand je savais que le Grand Tronc était prèt à payer un montant beaucoup plus considérable. L'acquisition de ter: rains importants, et la dépense de $#260,000 en travaux d’améliorations sur le chemin, étaient plus qu'un équivalent pour ces $750,000 , d'autant plus qu’il était juste d'obtenir un bénéfice de 10 070 aux actionnaires du chemin du Nord, qui avaient fait tous les risques et n'avaient pas encore retiré de dividende. La compagnie du Pacifique a encore refusé, et sur ce refus j'ai vendu au Grand Tronc à un prix plus élevé. Voilà tout le désir que le Pacifique à exprimé d'aller à Québec.
M. Stephen n’a pas, non plus, raison de dire que le trausfert du chemin de fer du Nord au Grand Tronc a déjoué les précautions qu’il avait prises pour s'assurer d'un débouché à Québec par cette voie. Il n’y à rien de changé dans l’administration du chemin de fer du Nord; la compagnie existe toujours; elle n’a jamais refusé le moindre avantage au Pacifique, et elle ne saurait, du reste, se soustraire à une clause de la loi que les avocats du Pacifique ont rédigée à leur goût, En revanche, le Pacifique, en fermant au Grand Tronc l'embranchement de Saint Laurent, a empêché Québec de recevoir le trafic de Toronto et de l'Ouest : c'est tout, que je sache, ce que le pacifique a fait pour Québec.
Bien plus, le Pacifique a refusé sous toutes les formes d’avoir l’usage du chemin du Nord. Le Grand Tronc lui a offert de changer le chemin du Nord contre un chemin de la Province d'Ontario, il a refusé. Le Grand Tronc lui a alors offert d'échanger des running powers sur différentes lignes, il a en-
cote refusé ; mais il continue à dire et à faire dire f qu'il est prêt à acheter le chemin du Nord,” quand il sait fort bien que le Grand Tronc, s’il ne considère que les besoins de sa propre dépense, ne devra pas consentir à vendre purement et simplement ce chemin sans quelques stipulations en sa faveur. Je désire n'être pas prophète, mais, vous verrez que tous ces refus, accompagnés de semblants de bonne volonté, aboutiront tout simplement à la création d'un débouché pour ‘le Pacifique sur la rive Sud du Saint Laurent par les chemins mêmes de l’hon. M. Pope, qui paraît vous avoir avisé dans la présente circonstance. He 2e J’en viens à la troisième considération de la lettre” de M. Stephen, qui me concerne personnellement : “If, in order to do 50, it should be expedient to buy that Company'’s Bonds, this Company is prepared to acquire them as a part of the transaction.’ Ces lignes couvrent une grande malveillance. Tout homme de chemins de fer sait fort bien qu’il qu'il n’est pas nécessaire d'acheter des Débentures! pour acquérir un chemin de fer. On achete les actions pour avoir le
chemin : les Débentures représentent le chemin même qu'on
a acheté. On paie ces Débentures si l’on veut avoir son chemin dégrevé ; si l’on a pas besoin de cela, on laisse courir les Débentures sans même en parler ; il n’y a qu’à faire le service régulier des intérêts. Cette mention extraordinaire des D“bentures à un moment où il était tout à fait inutile d'en parler avait dans l'esprit des gens du Pacifique un but évident. Dire aux députes conservateurs, qui 3e tenaient ensemble pour obtenir une reconnaissance des droits de la Province de Québec : ‘“ Si c’est pour obéir à un mot d'ordre de spéculateurs que vous en agissez ainsi, soyez satisfait ; M. Serécal va avoir son argent.” Plusieurs députés l'ont pris ainsi, et des journaux qui vous défendent ont, en effet, commenté vos paroles de cette manière.
Voilà l'injustice réelle dont j'ai eu et ai encore à souffrir. Tl n’y a que le temps qui pourra me mettre en position de me croire quitte ; et quand la part de responsabilités se fera, dans quelques mois ou quelques années d'ici, j'aimerai mieux la mienne que la responsabilité de ceux qui ont’cru tourner une difficulté par de fausses représentations. Je n'ai pas d’autres conclusions que celles-là à tirer, parcequ'’il n’y en a pas d'autres à tirer. Mon devoir était de vous informer des faits dans le cas où vous auriez des précautions à prendre contre la compagnie du Pacifique, je m'en suis acquitté. Si vous voulez être convaincu que M. Stephen voulait vous tromper, c’est que le jour même où il vous écrivait qu'il était prêt à me répéter la même chose s’ilme rencontrait, il m'a croisé plu-
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sieurs fois dans l'hôtel même sans mé dire le premier mot de ses projets, qui n’ont jamais paru l’occuper beaucoup. A l'heure qu'il est, le Pacifique n’a pas fait une seule tentative pour savoir s’il peut acquérir le chemin du Nord, etil ne le fera pas. L'intérêt, au moins apparent, que j'ai dans le chemin de fer du Nord, me gène dans l’expression de mes opinions ; mais je vous assure que l'esprit public n’est pas aussi absent chez moi qu’on semble le dire, et que, comme Canadien Français, je tremble sur la position que les arrangements du Pacifique vers un port de l’Atlantique vont faire à la Province de Québec. Tôt ou tard, Québec et Montréal ne seront que des stations locales au bénéfice de Portland, Saint Jean et autres ports maritimes, si vous n’usez pas avec fermeté de votre influence pour changer la direction fatale que l’on prend par l'International. Mes Débentures sur lesquelles j'ai, du reste, réalisé tout ce qu'il me faut, sont d’un intérêt minime en face de ce grand intérêt national,et je ne mourrai pas avec le reproche de ne pas avoir fait tout mon possible pour arrêter ce coup que l’on médite contre la Province française de la confédération.
Encore une fois, je vous remercie d’avoir bien voulu me transmettre les explications demandées
J'ai l'honneur d’être, Votre très humble serviteur,
(Signé) L. A. SENÉCAL.
(Copie.) Ottawa, 17 mars 1884.
Monsieur,
Je regrette que mes devoirs parlementaires et ministériels m’aient empêché de répondre plus tôt à votre lettre du 6 mars, dont j'accuse réception maintenant.
J'ai communiqué à M. George Stephen le contenu de votre lettre, et je vous inclus une copie de sa lettre du 11 qu’il m'a adressée en réponse.
Comme la plus grande partie de votre lettre était évidemment destinée à M. Stephen seul, je me contenterais de vous transmettre sa réponse, si je ne croyais que quelques parties de votre lettre exigent quelques remarques de ma part.
Je suis bien aise que vous reconnaïssiez ma boune foi en essayant de vous mettre en rapport avec M. Stephen, quoique la chose ne fut pas douteuse.
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Laissez moi Vous dire aussi que je ne partage pas vos rain tes de voir le commerce d’été par le chemin de fer du Pacifique s’en aller à St-Jean du Nouveau Brunswick ou à quelqu'autre port Atlantique.
Le point sur lequel est dirigé le commerce n’est pas un sujet de caprice ; le commerce est dirigé par des lois qui finalement doivent prévaloir. C'est aussi Fintérét de ceux qui sont chargés du transport d'obéir à ces lois sans hésitation. Québec est probablement le plus beau port qu'il y ait au monde. Les abords en sont libres de violentes tempêtes sur un parcours de plusieurs centaines de milles. Québec est plus près, par des centaines de milles, de l'Océan Pacifique qu'aucun port de l’Atlantique ; et il doit nécessairement partager avec Montréal tout le commerce océanique d'été du Canada, parce qu’il offre la route la plus courte et la plus économique. J’ajoute que j'attache d’autant plus d’importance aux assurances que donne sur ce point la Compagnie du Pacifique que c’est son intérêt d’y donner effet. Cette Compagnie aura son terminus d'été dans la province de Québec, parcequ'’elle dépensera aussi des centaines de mille piastres de moins que si elle l’avait à un port Atlantique.
Je dois aussi vous dire que sur ce point l’action de mes collègues et la mienne doivent faire disparaître l'inquiétude extrême que vous exprimez à cet égard. Notre politique est d'avoir le terminus d'été du chemin de fer du Pacifique dans la province de Québec comme je viens de le dire ; et si la Compagnie ne peut obtenir accès au port de Québec par l’acquisition du chemin de fer du Nord, le Gouvernement aidera à trouver d’autres moyens de faire réussir cette politique.
Maintenant que l’objet pour lequel cette correspondance entre vous et moi est atteint, et vû l'impossibilité dans laquelle je suis, faute de temps, de continuer une correspon- Jonce qui n’a plus de but en autant que j'y suis concerné, je vous prie, si vous avez à répliquer à M. Stepuien, de vouloir bien lui adresser vous-même directement vos lettres.
Je demeure,
Monsieur, Votre très humble serviteur, (Signé) HEcTror L. LANGEVIN.