‹ Une question de véracité [microforme]Chapitre 4 sur 10 · VIN · texte numérisé non relu

VIN

Montréal, 11 mars 1884.

Cher Sir Hecron LANGEVIN,

Je vous suis obligé pour m'avoir communiqué la lettre de M. Senécal du 6 courant, mais je dois réellement décliner la discussion sur le vaste terrain qu’elle présente. La compagnie du chemin de fer doit avoir le droit de prendre ses propres dispositions pour avoir un débouché dans la province de Québec et je le répète il y a longtemps qu'elle le désire, et dans ce but elle est maintenant prête à débarrasser le Grand Tronc du chemin de fer du Nord à un prix raisonnable. Quant aux déclarations concernant les négociations pour l'achat de tout le chemin de fer, je dois dire que je ne puis pas admettre leur exactitude. Aucune offre n’a jamais été faite par le gouvernement de Québec de vendre le chemin à un prix dé- ‘erminé. Plusieurs conversations non-officielles sur Le sujet ont eu lieu, et, dans ces conversations, il nous paraissait que les vues du Gouvernement augmentaient continuellement à mesure que la Compagnie montrait une disposition à écouter des ouvertures. Mais la seule offre véritable a été celle de $8,000,000 net, faite par la Compagnie en 1882, offre à laquelle aucune réponse n'a été faite. Avec cette offre, je crois que le Gouvernement pouvait obtenir les $8,000,000 en offrant au pair les débentures à 4 070 de cette Compaguie assurées sur le chemin de fer avec la garantie du Gouvernement.

Et sinon, la Puissance aurait pu se décider à les endosser pour rendre service à la province. De cette manière, la province aurait eu $400,000 de plus quelle n’a eue réellement pour les deux sections.

Lprsque la Compagnie acheta la section Est, j'étais en Angleterre ; mais j'ai compris que la négotiation avait été ouverte au nom du Gouvernement pour la section Est seulement. J’ai télégraphié par le câble, à mes amis de tâcher d'obtenir toute la ligne, mais j'ai été informé qu'il était politiquement impraticable de traiter cette question. Si la ligne complète du chemin de fer avait été offerte à la Compagnie, je ne doute pas que l’otfre aurait été acceptée.

Quand à l'avoir acheté plus iard, j'apprends qu'elle a été hypothéquée pour $1,250,000 au-dessus du prix du Gouvernement, et tout achat maintenant couvrirait toute la dette hypothéquée, à moins que le surplus au-dessus de l’hypothèque du Gouvernement pourrait être obtenu à un prix réduit.

C'était, naturellement, ce que je voulais dire en parlant des débentures comme faisant partie de la transaction de l'achat

du chemin de fer. Et cette compagnie ne peut acheter le chemin de fer du Nord tant que ses débentures seront maintenues au pair ou près du pair, simplement parce qu’elle paierait plus que la valeur de la propriété.

La partie de ces débentures entre les mains de M. Senécal n’a éte offerte en échange de stock du Pacifique Canadien, par un mémoire écrit (dont j'inclus une copie) qui m'a été transmis par un de vos collègues qui m'a informé qu'il avait été requis de la faire par M. Dansereau, au nom de M. Senécal ; mais j'ai refusé cette proposttion. Et quant à avoir rencontré M. Senécal au Russell House, je puis seulement répéter que je ne l'ai pas rencontré ni vu dans le Russell House, après l’entrevue avec M. Pope mentionnée dans ma lettre.

Je pense que je n’ai pas besoin de référer longuement à la déclaration que cette compagnie peut encore envoyer son trafic à Québec sur le chemin de fer du Nord, aux conditions fixées par son contrat avec le Gouvernement. Les propriétaires actuels de ce chemin font tous leurs efforts pour forcer le trafic direct à et vid Ottawa, sur le chemin de fer Canada Atlantique, au lieu du chemin de fer de cette Compagnie ; et ils nous ont notifiés récemment qu’ils avaient augmenté considérablement le tarif sur les chars directs, le tout en violation flagrante de leur contrat. Et maintenant ils essaient de se forcer un passage sur le chemin de cette compagnie pour les locomotives du Grand Tronc, traînant des trains directs pour le chemin de fer de l’Union Jacques-Cartier, pour constituer une ligne directe par le Grand Tronc au lieu de se servir de notre voie.

En concluant je dirai que je dois refuser d'entrer en aucune controverse ultérieure sur cette question et que si j'ai abusé de votre temps, c'était pour ne vous laisser aucun doute sur la position et les intentions de cette Compagnie. Si vous désirez que je réplique à ce qui paraît être le but de la lettre de M. Senécal, savoir que vous deviez insister auprès de cette Compagnie sur l’achat du cnemin de fer du Nord, à un prix qui incluerait au pair les débentures en dehors du prix du Gouvernement, je ne puis qu’ajouter que cette Gompagnie ne peut mettre cette proposition à l'étude, parce qu’une route à Québec également avantageuse peut être oblenue à des conditions beaucoup plns favorables.

Je demeure, Cher Sir HECTOR LANGEvIN Votre tout dévoué, (Signé) GEORGE STEPHEN.

A l'Honorable Sir HecTror LANGEVIN, C. B. K. €. M. G, etc., etc.

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