UNE
l" FÉVRIER 1604.
d'habit, da second fils naturel de Henri IV, Alexandre Monsieur, frère cadet de César, duc de Vendôme. Le récipiendaire avait cinq ans : aussi ne prononça-t-il pas ses vœux (il fallait être âgé de seize ans), ef^ Ton se contenta de la promesse que le roi ât en son nom.
Parmi les nombreuses cérémonies du même genre qui se célébraient au Temple de Paris, chef-lieu du grand prieuré de France, nulle ne paraît avoir eu un tel éclat : rhistoiremême en a conservé le souvenir. Toutes les personnes qui ont lu les Mémoires-journaux de Pierre de l'Estoile ont pu remarquer le passage où le célèbre chroniqueur a noté le faits et c*est généralement d'après cette source que mention en est faite dans les histoires de Paris. Mais il y a mieux et plus dans l'ouvrage d'un grand historien, l'histoire universelle du président de Thou*, qui fut probablement l'un des invités. Il est même curieux d'y constater l'impression qu'avait faite sur les assistants un des actes du roi pendant la cérémonie, acte dont l'exactitude est prouvée par le procèsr-verbal du chancelier de l'ordre. « Le roi, — dit la relation imprimée d'après les notes de De Thou, -^ emporté par sa vivacité et par son affection paternelle, quitta brusquement son siège pour venir répondre au nom de son fils interrogé par le grand prieur de France. Je descends de mon trône, dit-il, pour faire ici la fonction de père, et je promets que, lorsque mon fils aura seize ans, il tiendra le vœu que je fais aujourd'hui pour loi. »
Si le Mercure français avait été fondé un an plus tôt, il nous aurait sans doute donné là-dessus plus de détails encore.
Le dépouillement des registres de l'ordre de Malte, qui renferment les procès-verbaux des Assemblées provinciales du grand prieuré de France, tenues au Temple, registres conservés à peu près intégralement depuis 13553, m'ayant fait découvrir le procès-verbal même de la cérémonie de 1604, avec la copie des lettres du grand prieur, j'ai pensé que la publication en pourrait être intéressante. Elle servira comme de commentaire explicatif à la note un peu courte de l'Estoile, et redressera quelques erreurs des historiens qui en ont parlé depuis.