‹ Une réception au Temple: Alexandre de Vendôme, 1er février 1604Chapitre 2 sur 6 · Éd. Brunet, Lacroix, etc. 1880, t. VIII, p · texte numérisé non relu

Éd. Brunet, Lacroix, etc. 1880, t. VIII, p

2. C'est au livre 132, non rédigé par lai, mais d'après ses notes. — Je cite la trad. française de Londres, 1734, t XIV,p. 314.

3. ArchiTes nationales, MM. 28-51, 53. -« Le procès-verbal en question est au registre 41 (1574-1604), fol. 386.

ry>^g»^>î3^»,r^?^ a<tt i " R i W ■ .^" '« " ■^. ■>■*>*/ J«L,'' ' ! ' -' =>^gg^ ^-"K-"»-"' ' ". i -^H.»Mk"iV*'WJW| l r MU.. ' " ^

Il n'y faut cependant pas chercher plus de détails sur le mode de réception d'un chevalier de Malte que ce que le public pouvait en voir. Les registres de l'ordre ne fournissent jamais aucune indication rituelle, parce qu'il existait pour les cérémonies un livre spécial, manuscrit ou imprimé. Je signalerai entres autre, à ceux qui seraient tentés d'en savoir davantage, deux minces volumes imprimés, l'un en 1689, l'autre en 1729, sous ce titre : « La forme de donner l'habit aux chevaliers religieux de l'ordre de SaintrJean de JérusalemS » qui contiennent sur le sujet tout ce qu'on peut désirer.

Bien que la courte carrière d'Alexandre de Vendôme ait été dénuée de tout éclat, il peut être intéressant d'ajouter ici quelques renseignements sur sa personne, au moins comme grand prieur. Né, en 1598, de Gabrielle d'Estrées, il avait été destiné dès le premier jour, par son père, au grand prieuré de France. Il occupa ce si^e aussitôt qu'il fut vacant, à l'âge de dix-neuf ou vingt ans; mais on peut affirmer sans hésitation que ce choix fut imposé au grand maître, bien qu'on ait pris toutes sortes de précautions pour rester à peu près en règle avec les statuts de l'ordre et les droits d'ancienneté. Le fait est toujours demeuré une exception, n'en déplaise aux auteurs modernes, qui, généralisant d'une manière trop absolue une phrase de l'Estoile, appellent le titre de grand prieur de France « le plus brillant apaûage des bâtards royaux. » Ce titre envié se donnait à des commandeurs éprouvés par de longues années de travaux, ou que de brillants succès en Orient avaient rendus illustres. L'histoire a retenu les noms des Giresme, des Quys, de Méry d'Amboise, de Villiers-l'Isle-Adam, de François de Lorraine, de Meaux-Boisboudran, d'Amador de la Porte, de Souvré, de Bourbon-Conti, et le grand maître de l'Ordre fut plusieurs fois pris sur le siège du grand prieuré de France.

Revenons au fils de Henri IV. L'enfant de cinq ans, en qui Georges de Regnier-Guerchy sacrait chevalier, en 1604, son futur successeur, Alexandre de Vendôme, fiit successivement commandeur, général des galères à Malte, où il aUa en 1612 pour faire ses preuves *, et grand-prieur de Toulouse à partir

1. Le premier est à la Bibliothèque nationale, le second aux Archives (MM. 22).

2. Barillet, Recherches historiques sur le Temple. Paris, 1809. In-8*.

de 1613. Quant à son prieuré de France, il dut l'attendre jusqu'en 1618. Guerchy, mort le 25 novembre \ était à peine enseveli, selon la coutume, dans l'église du Temple, que le nouveau prétendant se hâtait de faire valoir ses droits. Il se présenta au grand prieuré le 2 décembre pour en prendre possession. Voici des détails sur cette cérémonie* : Alexandre, qui venait du Louvrre, était accompagné de quelques seigneurs, messieurs de Cœuvre, de Wignacourt, de Maniguay, d'Araucourt, etc., et de plusieurs commandeurs et chevaliers de l'Ordre. Reçu par le bailli de Sillery, Noël Bruslard, commandeur de Troyes, il présenta les brevets apostoliques expédiés à Malte le 18 décembre 1612, et dont la date lui assurait le droit d'ancienneté sur les autres grands prieurs ou commandeurs pouvant prétendre au siège de France, et fut conduit à l'église. Là, l'investiture lui fut faite, au son des cloches et au chant du Te Deum; il se dirigea ensuite vers l'hôtel prieural, se fit ouvrir la porte, entra dans la grande salle et donna ordre d'allumer du feu, comme faisant acte de légitime possesseur. Après quoi il partit, et il est difficile de savoir quand il revint, et s'il fit jamais un séjour de quelque durée en son palais. J'ai pourtant relevé, par curiosité, le nombre des chapitres auxquels il présida, et le nombre n'est que de huit en tout : deux en 1620, en 1622 et en 1623 ; un en 1624 et en 1625.

Or, les assemblées ou chapitres provinciaux, présidés par le grand prieur, se tenaient au moins cinq ou six fois par an. Outre les deux chapitres solennels du 11 juin, jour de la Saint-Barnabe, la grande fête du Temple, et du 12 novembre, auxquels prenait part un grand nombre de commandeurs, il y avait des assemblées autant qu'il en était besoin. En l'absence du grand prieur, et sur sa délégation expresse, un des principaux commandeurs présidait le chapitre.

Alexandre de Vendôme était, la plupart du temps, retenu à la cour du roi son frère, et vivait notamment au château de Vincennes, où il mourut. Son absence prolongée finit même par donner lieu à quelques murmures dans le grand prieuré. C'est là une des rares observations que le froid registre des procès-verbaux per-

Page 1